FERREMENTS SYMBOLIQUES
symbole de l'ordre du Temple ; ces églises ayant appartenu autrefois aux Templiers.
Les têtes de lion qui existent à la partie supérieure des portes de la cathédrale du Puy (pi. 6.) étaient peut-être un signe de juridiction. On sait qu'à une époque reculée on jugeait entre deux lions placés au portail de quelques églises.
Ces têtes de lion, clouées au haut des vantaux, étaient probablement l'équivalent des lions sculptés en pierre, qui marquaient l'emplacement d'un tribunal, lorsque le magistrat siégeait inter leones. Quoiqu'il en soit, on voit aussi deux têtes de lion sur les très anciens battants de l'une des portes de l'église S. Zenon à Vérone, battants qui sont revêtus de plaques de bronze appliquées sur le bois. Au reste, à toutes les époques, des têtes de lion, avec ou sans crinières, ont fait partie d'un grand nombre de marteaux de portes en fer et en bronze. M. Guenébault, dans son article sur les heurtoirs, que nous avons plusieurs fois cité, indique aux portes de la cathédrale de Milan, deux curieux marteaux représentant des têtes de lion tenant un anneau dans leurs mâchoires ^ A la cathédrale de Mayence, sur les vantaux de la porte du nord qui ont été donnés par Willigise, évêque de Mayence, au dixième siècle, sont deux marteaux de porte formés également de deux têtes de lion tenant l'anneau. M. Grille de Beuzelin a dessiné à Augsbourg, une tête de bon tenant l'anneau servant à frapper ou à tirer la porte, qui semble dater du douzième siècle ^ On trouve dans le recueil intitulez^ Moyen-âge et la Beiiaissancey deux autres marteaux, aussi ornés d'une tête de lion : l'un de 1342, provenant de l'église aujourd'hui démolie de S.Pierre à Hambourg; l'autre de 1568, provenant d'une porte de maison à Lunebourg, dans le Hanovre. M. Guenébault cite encore deux marteaux à-peu-près du même genre, à l'église de Hildesheim, en Allemagne, et a publié, d'après un dessin de M. Ferdinand de Lasteyrie, un marteau de porte en bronze, du seizième siècle, toujours avec tête de lion, qui existe à la cathédrale de Lausanne. Les superbes portes de l'église Saint-Maclou de Rouen, si réputées pour leurs sculptures de la Renaissance, sont ornées, au milieu de leurs vantaux, de deux têtes de lions en bronze, qui sans doute tenaient autrefois des anneaux dans leurs mâchoires. Enfin M. Hittorf ^ a figuré un autre marteau,
= Allegranza donne la gravure de ces deux mar- ^ Cette pièce de serrurerie a été publiée par la
teaux dans son ouvrage intitulé, Spiegazioni e Revue archéologique, tome vi. p. 541.
reflessioni sopra alcuni monumenti di Milano, in- * Dans son Architecture en Sicile, pi. ^6. 4°. p. 164.