LES SELS D'OR
En 1882, Koch découvrait le bacille de la tuberculose. Il parvenait à le cultiver et à reproduire la tuberculose chez des animaux. Immédiatement, il chercha à combattre le bacille qu’il venait de découvrir. En 1890, il crut avoir trouvé un remède spécifique la tuberculine. Mais les résultats ne furent pas ceux qu'il espérait. Cette même année, il fut amené à essayer l’action des sels d’or sur la tuberculose expéri-
mentale des animaux. Il ne fut pas plus heureux dans cette voie, qu'il abandonna rapidement.
Un peu plus tard, Kolle et Schlossberger essayèrent l'action d’une quarantaine de composés d’or sur la souris blanche infectée par un B. K. aviaire. Mais les premiers résultats nets et applicables à la clinique furent ceux qu'obtint Mœllgaard.
A. — In vitro
En 1924, à Copenhague, il publiait les premiers résultats de ses recherches sur l’effet de la sanochrysine sur le B. K.: recherche in vitro et sur la tuberculose expérimentale de quelques animaux. Il était le premier à préconiser, dans la lutte contre le B. K., ce sel, qui est l’hyposulfite double d’or et de sodium ou aurothiosulfate de sodium, au (S? 0°) Na II fut découvert en France par Fordos et Gélie en 1845, et y est employé sous le nom de crisalbine. Ce produit soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool et l’éther, contient 37,4 % d'or. Moœllgaard ajoutait à ses milieux de culture des doses croissantes de sanochrysine. Îl s’aperçut que les cultures auxquelles il avait ajouté des doses dont la concentration variait entre 1/1000 et 1/1.000.000, ne prospéraient pas ou moins bien que les cultures témoins. Nous parlerons plus loin des expériences également très intéressantes qu'il poursuivit sur des animaux. Ce furent ces expériences qui ouvrirent l’ère des recherches sur les sels d’or.
Nous parlerons d’abord des recherches in vitro qu’en-
treprirent dès l’année suivante de nombreux chercheurs.
L. de Carvalho et Ferrecia de Mira fils, suivant une technique analogue à celle de Mœllgaard, préparaient un milieu de Pétroff contenant de la sanochrysine à des doses variables. Un milieu contenant le sel d’or à 1/100 ayant été maintenu pendant 15 jours à 37°, présentait seulement de très rares colonies de B. K. Pour des concentrations de 1/500 et 1/750, les cultures étalent nettement moins abondantes que dans les tubes témoins : pour une concentration de 1/1000, il y avait encore une légère différence. Ils repiquèrent alors ces cultures sur des milieux de Pétroff normaux. La culture correspondant au premier milieu (1/100) ne pousse pas ; les autres (1/500, 1/750, 1/1000) poussèrent, mais moins bien que les témoins.
R. M. Fry fit des cultures de B. K. dans du sang humain ou bovin contenant de la sanochrysine. Il obtint des résultats très variables. Ainsi, il eut parfois de belles cultures dans du sang contenant de fortes doses de sel d’or (1/100 et 1/50). Un seul résultat certain : à partir d’une concentration de 1/2500, le B. K. poussait toujours. Il fit des essais sur du sang de lapin ayant reçu de fortes doses de sanochrysine ; et sur du sang prélevé chez un malade tuberculeux, 10 minutes après une injection de | gr. de crisalbine. Dans tous ces cas, les cultures prospéraient aussi bien que dans du sang normal.