‹ Sérums et antiseptiques: Quelques expériences sur la possibilité d'une action combinée, in vitro, des sérums spécifiques et des antiseptiquesChapitre 15 sur 25 · L. Karwach, S. Krakowska et M. Jollberg firent · texte numérisé non relu

L. Karwach, S. Krakowska et M. Jollberg firent

des expériences analogues avec des cultures sur pomme

de terre. Pour des concentrations de 1/50.000 à 1/100.000 de sanochrysine, suivant la souche employée, la culture ne poussait pas. Mais si l’on accoutumait le B. K. à la sanochrysine en ajoutant au milieu de faibles doses croissantes, il fallait ensuite une quantité 8 fois plus grande de sel d’or pour arrêter son développement.

F. Arloing et Thévenot se servirent de cultures homogènes de B. K. humains. A la première génération de bacilles, la culture contenant 1/100 de sanochrysine n’avait pas poussé; celle contenant 1/1000 était normale. À la seconde génération, la culture contenant 1/200 de sanochrysine ne poussait plus, et celle contenant 1/1000 était plus faible que le témoin. À la troisième génération, déjà dans le tube au 1/500, le B. K. ne poussait plus. A l'examen microscopique, on notait d'importantes modifications morphologiques pour des doses de sanochrysine assez faibles.

Ici se placent les très nombreuses et importantes expériences de P. Courmont, H. Gardère et P, Pichat. Comparant la sanochrysine danoise avec l’allochrysine (aurothiopropanosulfonate de sodium contenant 47 % d’or), ils montrèrent qu'entre des concentrations de 1/1.000.000 et de 1/5.000.000, ces sels n'avaient aucune action microbicide sur les gultures de B. K.; qu'entre 1/250.000 et 1/2.000.000, l’action était constante, et qu'entre |/50.000 et 1/250.000 l'action était complète et constante. Ils remarquèrent qu'à fortes doses, il n’y avait plus d’action antiseptique, vraisemblablement parce que, en bouillon pep-

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toné (qui était le milieu employé), il y avait modification de la constitution chimique du sel.

Plus tard, ils montrèrent que le B. K. pouvait s’accoutumer à pousser en milieu additionné d’un sel d’or, et posèrent le problème de l’auro-résistance in vivo.

Ils étudièrent in vitro la différence d'action des sels d'or suivant le nombre de bacilles et les milieux employés par exemple, dans l’eau peptonée glycérinée pure ou contenant 1/8 d'urine, l’action bactéricide est bien plus forte que dans ce milieu contenant 1/8 de liquide pleural ou, surtout, de sang.

Pour eux, le sérum de malades traités par des sels d’or est bactéricide, même si l’on ne peut y déceler chimiquement l'or.

Citons, pour finir, les expériences de P. Martin, qui montrent que la crisalbine inhibe la croissance du B. K. en milieu liquide à des dilutions variant entre 1/20 et 1/10.000, alors que l’allochrysine aurait cette action entre 1/500 et 1/100.000.

On a essayé aussi l’action in vitro de la sanochrysine sur d’autres germes que le B. K. Par exemple, G. Mennonna a employé le staphylocoque doré, le bactérium coli et le bacille diphtérique, mais sans succès. Même au microscope, il n’a pas trouvé de modifications morphologiques des germes traités.

De ces expériences, on peut conclure que l’action bactéricide in vitro des sels d’or (en particulier de la crisalbine plus employée ces dernières années) est certaine, mais très variable. Variable suivant la souche de B. K., le milieu de culture et le nombre de ba-

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cilles employés. En effet, les auteurs cités donnent respectivement comme concentration inhibitrice minima : 1/100, 1/100, 1/1000, 1/10.000, 1/50.000, 1/250.000 et 1/1.000.000.

Deuxième conclusion importante : il apparaît certain que le B. K. peut s’habituer au sel d’or et pousser sur des milieux riches en or.

En troisième lieu, il est certain que l’action du sel d’or est beaucoup moins importante en présence de sérum ou de sang. Ces deux derniers facteurs font entrevoir les difficultés de l’emploi des sels d’or dans l'expérimentation sur les animaux et en thérapeu-

tique.

B. — Chez les animaux de laboratoire

La deuxième étape dans l’étude des sels d’or est l’expérimentation sur les animaux de laboratoire.

Mollgaard faisait des essais sur les cobayes et surtout sur les veaux. À ces derniers, il injectait, peu de temps après l'infection, 0,01 à 0,06 gr. de sanochrysine par kilogramme de poids. Cette dose, très bien supportée par les animaux sains, était mal tolérée par les animaux tuberculeux. Il attribuait ces accidents aux poisons tuberculeux que libéraient les bacilles blessés et détruits, et il les combattait par une injection simultanée d’un sérum spécial anti-tuberculeux obtenu en injectant à des veaux des B. K. tués par la

sanochrysine. Dans ces conditions, il observait une

régression des lésions tuberculeuses. C'était le premier succès de ce traitement de la tuberculose.

Ces expériences, nous l'avons dit, étaient surtout faites sur des veaux. Les expériences que fit Mœllgaard sur les cobayes furent beaucoup moins concluantes. Ceci se trouva confirmé par les travaux de À. Calmette, A. Boquet et L. Nègre. Pour eux, la sanochrysine n’a pas d'influence sur la tuberculose des rongeurs. Elle est, en outre, peu toxique pour le BR. K. in vitro. Mais l’explication de Mællgaard du choc in vivo produit par la sanochrysine n’était pas confirmée par ces savants. En effet, en mettant en contact, in vitro, sanochrysine et B. K., ils ne constatèrent l’apparition d’aucun produit toxique.

De nombreux essais furent faits sur le cobaye et le lapin avec des résultats variables.

J.-F. Schomberg, M.-J. Harkins et H. Brown infectèrent des cobayes avec 0,01 mmegr. de B. K. bovins, puis injectèrent la sanochrysine par voie intra-péritonéale : les animaux moururent comme les témoins. Mais en injectant le sel d’or par voie intraveineuer, ces savants chtinrent de longues survies et une atténuation nette des lésions locales.

Bruno Lange et À. Feld, qui empleyèrent le lapin, le cobaye, le veau et le mouton, eurent des résultats médiocres.

Les expériences in vivo de C.-G. Okell et H.-]. Parish sont tout à fait négatives. Ils ne constatèrent eucun effet sur l'évolution des lésions tubercuisuses.

J.-L. Cummius, qui utilisa le lapin, obtint des ré-

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