‹ Sérums et antiseptiques: Quelques expériences sur la possibilité d'une action combinée, in vitro, des sérums spécifiques et des antiseptiquesChapitre 20 sur 25 · LES EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

LES EXPÉRIENCES

Choix des antiseptiques

Le problème étant de voir si les protéines spécifiques du sérum peuvent servir de vecteur à l’antiseptique, il faut trouver des substances qui donnent facilement des composés organiques. Les sels métalliques sont dans ce cas, en particulier ceux d'or et d'argent. Nous avons employé le chlorure d’or et le nitrate d’argent, ces deux sels étant faciles à manier.

Nous avons également essayé les acétates de cuivre

et de plomb.

Choix des microbes

Nous avons d’abord utilisé, pour des raisons de commodité, le bacille typhique et le staphylocoque.

Pour ces deux microbes, nous avons préparé des sérums spécifiques en immunisant des lapins. Pour cela, on leur a injecté des suspensions de culture de 24 heures de bacilles tués par la chaleur (60° pendant

‘une heure). On a obtenu des sérums agglutinant à 1/2000 et 1/3000. Pour ces microbes, on employait comme milieu de culture la gélose ordinaire, où ils se développent en 24 heures à 37°.

Pour nos essais avec le chlorure d’or, à cause de la spécificité spéciale de ce métal, nous avons employé aussi des bacilles de Koch (B. K. humains), cultivés sur pomme de terre.

Le milieu de culture employé était, dans ce cas, un milieu de Lœwenstein, où le B. K. pousse en 15 jours A1

Le sérum spécifique employé était un sérum .anti-

tuberculeux de cheval.

Pouvoir agglutinant du sérum

en présence des antiseptiques

On pouvait se demander si la présence d’un sel métallique changeait les propriétés du sérum. Nous avons étudié uniquement le pouvoir d’agglutination.

Avec le sérum anti-typhique que nous avons pré-

paré, nous faisons un titrage.

Dans une première série, nous nous servons de dilutions de sérum pur. Dans la deuxième, le sérum contiendra | mgr. de nitrate d’argent et, dans la troisième, le sérum contiendra | mgr. de chlorure d’or par cc. Nous avons le tableau suivant

Sérum pur... + + Fe à 1 ae Sérum plus nitrate d'argent ........ + + “ je A “2

= Sérum plus chlorure

d’or

Donc, la présence de ces deux sels métalliques n’altèrent pas le pouvoir agglutinant du sérum.

Action bactéricide du nitrate d'argent

Une difficulté surgissait immédiatement : on ne peut pas faire de solutions de nitrate d’argent dans de l’eau physiologique ; il y a immédiatement formation de chlorure d’argent insoluble.

D'autre part, on ne peut pas se servir de solution dans de l’eau distillée, le liquide obtenu n'étant pas isotonique. Les protéines du sérum mis en présence de ces liquides pourraient s’altérer et la destruction d’un certain nombre de microbes pourrait fausser les

résultats de l'expérience.

Pour cette raison, nous avons employé la technique suivante : On pesait un cristal de nitrate d'argent et on le portait dans une quantité connue de sérum. Aüinsi, un cristal de | mgr. peut se dissoudre complètement après un brassage d’une heure environ dans 1 cc. de sérum. C’est à partir de ce sérum nitraté

que l’on préparait les dilutions voulues.

EC y ra

La technique de l'expérience est la suivante Dans un tube à essai stérile, on porte | cc. de sérum antityphique contenant | mgr. de nitrate d'argent.

Dans le deuxième tube, contenant | cc. de ce sérum nitraté, on porte | cc. de sérum anti-typhique pur. On prélève | cc. du mélange de ce dernier tube

que l’on porte dans un troisième tube contenant du

sérum pur. Et ainsi de suite. On obtiendra ainsi une

série de tubes de | cc. de sérum anti-typhique contenant respectivement |, 1/2, 1/4, 1/8 et 1/16 de mer. de nitrate d’argent.

On prépare également une deuxième série avec du sérum normal de lapin, contenant de même 1, 1/2, 1/4, 1/8 et 1/16 de mgr. de nitrate d’argent.

Nous allons porter dans chaque tube II] gouttes d’une suspension de bacilles typhiques (10 cc. d’eau physiologique pour une culture de 24 heures de ba- Gilles). Au bout de 5 minutes, on prélève avec un fil de platine une petite quantité de liquide de chaque tube pour le porter sur gélose inclinée.

Après 24 heures à l’étuve, on lit les résultats.

S1 on note par + les tubes où le bacille a poussé et par © ceux où il n’a pas poussé, on obtient le tableau suivant

Mer. de NOAg par cc......... DR C EE Ce Ar

DÉEUN SDÉCIRQUE C2 Ne 0° 0 : + + +

Sérum normal

On ne peut pas comparer avec l’action du nitrate d'argent sans sérum, à cause de la formation du chlo-

SE IfT ER,

rure d'argent, mais d’après les auteurs qui ont fait des recherches sur le nitrate d'argent par d’autres

procédés, on donne des chiffres de l’ordre de

La technique employée est très comparable à celle de Rideal et Walker.

Nous avons recommencé ces expériences avec le staphylocoque, puis dans des conditions différentes, mais les résultats furent toujours les mêmes.

Nous pouvons conclure :

1° Le nitrate d'argent est beaucoup moins antiseptique, en présence de sérum, que pur.

Cela à déjà été montré bien souvent. Citons, entre autres, Pilcher et Solmann, avec leur « Yeast, test ».

2° Le nitrate d'argent n’est pas plus antiseptique avec le sérum spécifique qu'avec le sérum normal.

Action bactéricide du chlorure d'or

Nous mettrons d’abord en présence une solution à 1/1.000 de chlorure d'or dans de l’eau physiologique et du sérum dans des proportions variables pour étudier leur comportement l’un en présence de l’au- (re:

Dans une première série de 7 tubes, on porte

0,6 cc. de la solution à 1/1000 de chlorure d'or.

0,2 cc. de solution de sérum normal de lapin dans de l’eau physiologique à 1, 1/2, 1/4, 1/8, 1/16, 1/32, 1/64, ce qui fait, pour chaque tube, respecti-

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