‹ Sérums et antiseptiques: Quelques expériences sur la possibilité d'une action combinée, in vitro, des sérums spécifiques et des antiseptiquesChapitre 21 sur 25 · AGE · texte numérisé non relu

AGE

vement 3, 6, 12, 24, 48, 96, 192 mgr. de chlorure

d’or par cc. de sérum.

On prépare une deuxième série de 7 tubes avec du sérum anti-typhique.

Immédiatement, il se forme dans reriains tubes un

trouble important, alors que d’autres restent limpides.

Nous pouvons résumer ce que nous voyons dans

un tableau.

TAB IN ER Re Me er dore ] 2 44 5 6 7 Chlorure d’or en mgr. par cc. 3 6 12 24 48 % 192 SÉIMANOMAl Ac ee au nn de fiquide gros léger liquide

Hmpide trouble trouble trouble

Sérum anti-typhique.......... liquide gros léger liquide limpide trouble trouble trouble

Après une heure, le trouble s’est accentué, puis

déposé dans le fond du tube. Nous avons mainte-

nant ffube: N°5 OR LT ] 2 3 4 5 6 7 Séramnotmal Mile rer liquide Dépôts d'importance liquide limpide décroissante. limpide Sérum spécifique....:........ liquide Dépôts d'importance liquide limpide décroissante. limpide

Au bout de 24 heures environ apparaissent des colorations dans Îles tubes. Ces colorations vont s’accentuer, puis se stabiliser définitivement en quelques heu res. Nous avons à présent

ube- N°... 1 2 3 4 5 6 ?

rum normal... clair clair gros dépôt bleu petit incolore

: incolore rose dépôt dépôt pas de pas de pas de violet brun dépôt dépôt épôt :

érum spécifique.clair clair gros dépôt petit incolore

Se rose rouge dépôt brunâtre dépôt pas de

pas de pas de violet brun dépôt dépôt dépôt bleu

Il s'est donc passé des phénomènes de floculation et aussi de réduction, que nous allons préciser.

Le dépôt est proportionnel à la quantité de sérum sauf dans les 2 premiers tubes. Pour expliquer ce dépôt et ces colorations, on peut dire que le chlorure d'or donne avec les protéines du sérum, un composé qui flocule en présence de chlorure d’or en excès. Les colorations sont tout à fait semblables à celles obtenues par Zsigmondy et puis par Lange, qui étudiaient l’ac- - tion protectrice de certaines substances sur l’or colloiï-

dal. Les phénomènes que nous observons doivent être de même nature. |

Si l’on compare les deux séries de notre expérience, on voit que les dépôts ont le même volume: dans les tubes correspondants, mais qu’il y a une différence lézère dans les colorations. Le sérun: spécifique serait moins protecteur pour la suspension colloïdale formée que le sérum normal.

On pouvait se demander quel était le pruvoir bactéricide de ses différentes solutions. Nous l'avons cherché sur le bacille typhique par la méthode habituelle,

mais l’action bactéricide était, dans les deux séries,

uniquement proportionnel à la quantité de chlorure d’or restée libre.

Donc, les deux prem'ers tubes, ceux qui nous intéressaient particulièrement, n'avaient aucune aciion bactéricide. ;

Nou: sommes done emené à adopter pour le cllorure d’or, la même technique que pour le nitrate d’argent, c’est-à-dire dissolution directe du sel dans le sérum et nous ferons les recherches suivantes

A) Bacille typhique et staphylocoque.

L'expérience sera analogue à celles faites avec le nitrate d'argent, mais, cette fois, nous pouvons comparer avec l’action de l’or dans l’eau physiologique.

Nous avons donc 3 séries de tubes

1) Chlorure d’or dans eau physiologique à 1, 1/2, 1/4, 1/8, 1/16, 1/32 mgr. par cc.

II) Chlorure d’or dans sérum normal de lapin aux mêmes concentrations.

ND Chlorure d’or dans sérum anti-typhique aux mêmes conditions. En employant la technique et la notation comme précédemment nous avons le tableau

suivant

Mer. de chlorure d'or | 1/2 1/4 8 1461732 Eau physiologique Ü 0 0 0 0 — Sérum normal ..... + + Lx Le "3 LE Sérum anti-typhique + + + “2 . ss

Donc, l'or est beaucoup moins antiseptique en présence d'un sérum (qu'il soit spécifique où non) que pur.

Ar

IT est difficile de dissoudre plus d’un milligramme par cc. de sérum, déjà à cette dose la dissolution est: lente à opérer. Donc, on n'obtient pas de mélange chlorure d'’or-sérum qui soit encore antiseptique pour les deux microbes étudiés.

B) Bacille de Koch.

Pour préciser l’action du chlorure d’or, on prépare 3 séries de 2 tubes.

I) La première de 2 tubes à hémolyse contenant 0,5 cc. d’une solution à 1/1000 et 1/10.000 de chlorure d’or dans de l’eau physiologique. On travaillera dans ces expériences sur de faibles quantités de

liquides pour économiser le sérum antituberculeux.

I) La deuxième série de 2 tubes, avec du sérum normal de cheval, contenant les mêmes doses de

chlorure d’or.

IN) La troisième série de 2 tubes de sérum antituberculeux contenant écalement les mêmes doses du sel d’or.

D'autre part, on prépare une suspension d’une culture de 15 jours de B. K. sur milieu de Lœævwenstein dans 20 cc. d’eau physiologique. L'’obtention d’une suspension homogène (condition indispensable pour ce expériences) est assez difficile, le B. K. formant de oros amas se déposant très ranidement. Par une aritation continue et prolongée, on arrive au ré": : cherché.

On portera II souttes de cette suspension dans cha-

aue tube. On prélève, après 10 minutes de contact,

HOCQUARD 4

avec un fil de platine, pour porter sur de nouvelle:

cultures un peu de chaque tube. 5 On porte à l’étuve.

Portons les résultats observés dans un tableau. Au

bout de 7 jours :

Mgr. de chlorure d’or par ce. ] 1/10 Eau physiologique............. néant néant SÉTURM HOPMAL ESS eue no oo ne 2 2 | colonie quelques colonies Sérum spécifique. .:..:......... néant néant

Au bout de 10 jours

Mgr. de chlorure d’or par cc. tee 1/10

Eau physiologique............. | colonie quelques colonies nombreuses très nombreuses

Sérum normal... 400 : à

colonies colonies Sérum spécifique. ::.......:... quelques colonies Au bout de 14 jours

Mer. de chlorure d’or par cc. l 1/10

Eau physiologique............ culture pauvre quelques colonies

Série inoLnial MINE US culture riche culture riche

Sérum spécifique. :............ culture pauvre culture pauvre

On ne peut pas dire que le chlorure d’or agisse en dose plus faible en présence de sérum spécifique qu'avec du sérum normal, puisque partout le B. K. avait poussé, mais les cultures dans le premier cas étaient moins prospères que dans le second cas et apparaissent moins rapidement.

Cette expérience fut reprise avec des doses différentes de sel d’or : 1/1000, 1/2000. 1/4000, 1/8000

et avec des temps de contact antiseptique-germes diffé-

Ole

rents. Les résultats furent semblables. C'est-à-dire les colonies apparurent plus rapidement et furent plus fournies dans la série I] (sérum normal de cheval) que dans les deux autres séries |, eau physiologique et II, sérum spécifique.

Il est difficile de préciser la différence entre ces deux séries, les résultats n’étant pas toujours concordants, mais il y a sensiblement la même action.

Donc, le chlorure d’or semble plus nocif pour les B. K. en présence de sérum antituberculeux qu’en présence de sérum normal.

De nombreuses expériences seraient encore nécessaires pour préciser ces résultats. Mais chaque groupe d'expériences dure un mois (15 jours pour obtenir une culture de B. K. et 15 jours pour lire les résultats). Et le temps manque momentanément (septembre

1939). ne

Globulines et antiseptiques

L’antiseptique, en se fixant sur les protéines du sérum, se répartit vraisemblablement sur les sérines et sur les globulines. Or, ces derniers étant le support de la spécificité du sérum, la partie de l’antiseptique fixée sur les sérines sont donc perdues pour nos expériences. Il était logique de séparer les globulines d'un sérum spécifique et de refaire dans ces conditions les expériences faites avec le sérum complet.

On précipite, par du sulfate d’ammoniaque, un sé-

rt pue

rum anti-staphylococcique, on centrifuge. On lave trois fois avec une solution |/2 saturée de sulfate d'ammoniaque, on centrifuge chaque fois, puis on met à diaiyser dans un tube en collodion le précipité dissous dans de l’eau distillée, 12 heures à l’eau courante, puis 48 heures dans de l’eau physiologique renouvelée toutes les 4 heures. On obtient sensiblement 10 cc. d’une solution de globulines.

On en fait autant avec un sérum normal de lapin.

Avec ces deux globulines, on cherche le pouvoir bactéricide du chlorure d’or et du nitrate d’argent sur le staphylocoque. Les résultats sont semblables à ceux obtenus avec le sérum complet.

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