‹ Sérums et antiseptiques: Quelques expériences sur la possibilité d'une action combinée, in vitro, des sérums spécifiques et des antiseptiquesChapitre 8 sur 25 · A0 EE · texte numérisé non relu

A0 EE

germes pour voir s’il agit assez rapidement, en quantité assez petite et s’il présente une action élective sur certayns microbes. Plusieurs méthodes ont été préconisées.

1° Miquel cherche la plus petite quantité de substance nécessaire et suffisante pour empêcher la putréfaction d’un litre de bouillon de bœuf neutralisé, puis exposé à l’air.

2° Koch se sert de fils stériles imprégnés d’une suspension microbienne, puis desséchés, qu’il plonge dans des solutions variables de l’antiseptique à étudier, pendant un temps déterminé, et qu’il porte ensuite dans un milieu nutritif.

Paul et Kœnig remplacent les fils par des grenats; on peut aussi employer des billes de verre ou des grains de plomb.

3° Ridéal et Walker préconisent une méthode assez précise, simple, et qui convient parfaitement dans la grande majorité des cas. C’est la méthode la plus employée.

On porte V gouttes d’une culture de 24 h. en bouillon, du microbe étudié, dans une série de tubes contenant 5 cm° de dilutions différentes de l’antiseptique. Toutes les deux minutes et demi, on prélève quelques gouttes pour porter dans un milieu de culture. On porte à l’étuve et après 24 heures, on peut lire les résultats. On peut comparer avec un témoin au phénol que l’on peut prendre comme unité, ce qui permet

d'éliminer la plupart des causes d’erreur.

EST Lt

4° On peut imaginer des techniques spéciales pour certains cas. Ainsi, Pilcher et Solmann, mesurant la quantité de substance qui empêche la formation de Co? dans 10 cm° d’une solution aqueuse de sucre et de ferment. C’est leur « Yeast, test », qu’ils emploient pour étudier les sels d’argent.

Il. —— Ensuite, on étudie l'influence de ces substances sur des infections produites artificiellement chez des animaux de laboratoire. Plusieurs facteurs nouveaux apparaissent. D'abord, la toxicité de l’antiseptique pour l'organisme, ce qui limite si souvent son emploi. Si la substance est plus toxique pour l’oreanisme que pour le microbe, on ne pourra naturelle ment pas l’employer.

Ensuite, les facteurs biologiques, les moyens de défense de l’organisme sont ou renforcés ou diminués par la présence de ces antiseptiques.

Des substances agissant très bien in vitro peuvent

n'avoir aucune action in vivo, ou inversement.

III. —— En dernier lieu, on expérimente les produits en pathologie humaine, et c’est ce qui, en dernière analyse, fait le jugement.

Pour le lavage des plaies, N. Nye pose les conditions suivantes

1° La substance doit être antiseptique,

2° Elle doit l'être encore en présence de sérum

sanguin,

3° Elle doit être diffusible,

4° Elle ne doit pas être toxique pour les cellules

de sang,

LRÉTOTER

5° Elle doit être économique.

Pour servir d’anti-infectieux, les conditions sont analogues, mais il faut être plus sévère au sujet de la toxicité.

En effet, la base de chimiothérapie est l’introduction dans l’organisme de substances ayant une action élective qui s’oppose au développement ou assure la destruction des protozoaires, des microbes et, en gé- “néral, de tous les parasites agents de propagation des infections.

Nous allons maintenant étudier ces deux techniques dans la lutte contre la tuberculose.

Page 1