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IMMUNISATION DES CHEVAUX DESTINÉS A FOURNIR LE SÉRUM ANTIDIPHTÉRIQUE

Les procédés d’immunisation varient avec les laboratoires.

Behring, comme nous l'avons déjà dit, a commencé par employer des mélanges de toxine et de trichlorure d’iode; puis il préféra injecter de très petites doses de toxine pure à des intervalles suffisants pour que les animaux restent en bonne santé. Brieger, Kitasato et Wassermann (31) font usage de cultures de ocre diphtérique dans du bouillon de thymus. La culture estensuite chauffée à 65 et 70° pendant un quart d’heure.

En France, à l’Institut Pasteur, Roux et Martin appliquent à limmunisation des chevaux le procédé que Roux et Vaillard avaient mis en usage dans leurs recherches sur le tétanos: je veux parler de l'emploi de toxine iodée ‘

Nous empruntons au mémoire de Roux et Martin l'exemple de l’immunisation d’un cheval.

La toxine employée était très active, elle tuait un cobaye de 500: en 48 heures à la dose de 1/10 de centimètre cube. L'injection était faite sous la peau de l’encolure ou en arrière de l'épaule.

Le 1* jour on lui inocule 1/4 de centimètre cube de Fo mélangée d’un dixième de solution de Gram; aucune réaction, ni locale ni générale.

Le 2° jour, on élève la dose du même mélange à un demi-centimètre cube, et on répète la même injection tous les deux jours jusqu’au 8° jour.

Le 13° et le 14° jour on injecte un demi-centimètre cube de la - même toxine iodée ; toujours pas de réaction.

On attend ensuite au 17° jour pour injecter 1/4 de centimètre cube de toxine pure. Il se produit alors un léger æœdème sans fièvre, œdème qui va se reproduire à chaque nouvelle inoculation de toxine pure et toujours sans fièvre.

A partir du 22° jour et tous les deux à trois jours on continue

j Voir page 53.

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à injecter des doses croissantes de toxine pure qui atteignent 30°° vers le 50° jour. Trois jours après, la dose est portée à 60°; on la maintient jusqu’au 67° jour.

Au 72° on lui inocule 90° et le 80° jour 250°°.

En général, on laissele chevalsereposer pendant une vingtaine de jours avant de le saigner. Roux pense qu’on pourrait procéder à la prise de sérum beaucoup plus tôt sans inconvénients.

Le cheval dont nous venons de parler possédait après l’expérience un sérum préventif supérieur à 50.000 : « C'est-à-dire « qu’un cobaye résiste à l’inoculation d’un demi-centimètre « cube de culture diphtérique récente et virulente, si on lui a « injecté, 12 heures avant, une quantité de sérum égale à la « cinquante millième partie de son poids. »

Les chevaux présentent donc une remarquable tolérance visà-vis de la toxine diphtérique; quelquefois on rencontre des individus particulièrement sensibles qui réagissent fortement à l’inoculation de toxine et accusent une élévation de température anormale et des troubles généralisés, mais c’est l’exception. Roux cite le cas curieux d’un cheval que l’on dut renoncer à immuniser à cause des accidents qui surgissaient après chaque injection. C'était un animal qui avait subi wx an auparavant des inoculations de pneumocoque de Talamon-Fraenkel très virulent, inoculations qui avaient été accompagnées de symptômes d’une certaine gravité.

Roux attribue à ces inoculations antérieures de pneumocoques la sensibilité spéciale de ce cheval pour le poison diphtérique.

«Chaque fois que l’on injecte de la toxine diphtérique à un « animal qui a déjà subi l’action de quelque poison microbien, « alors même qu'il paraît rétabli depuis longtemps, il se montre « beaucoup plus sensible que les animaux neufs.

« Les cellules de l'organisme qui ont été en contact avec des « produits microbiens en gardent en général longtemps le sou- « venir. »

Signalons, en terminant, un travail de Parodlorsky et Maksutoff (32) dans lequel ils décrivent une méthode qui leur permettrait d'immuniser solidement un cheval en 40 à 50 jours. « Leur procédé consiste à injecter tout d’abord au cheval une certaine quantité de sérum antitoxique, puis à lui inoculer

tous les deux ou trois jours, alternativement sous la peau et dans les veines, des doses progressivement croissantes et massives de toxine diphtérique. On arrive à injecter ainsi à l'animal en très peu de temps relativement des doses énormes de toxine (1.200). Le sérum que ces chevaux fournissent n’est pas inférieur à celui que l’on obtient par la méthode lente‘. »

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