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MODE D'ACTION DES MICROBES

Mais tous les microbes pathogènes sont loin de fabriquer des toxines aussi actives et aussi diffusibles. Sans doute, c’est bien toujours par leurs sécrétions qu'ils agissent; mais, celles-ci élant peu toxiques ou bien n’étant produites qu'en faible quanüité, il faut pour que les accidents apparaissent, que l'agent infectieux pullule dans l’économie et l'envahisse.

Pour qu'une maladie infectieuse se déclare, il ne suffit donc pas qu’un microbe puisse vivre et se développer dans le corps d’un animal, il faut de plus qu’il y laisse diffuser des substances nuisibles, poisons et toxines. Ces deux conditions sont indispensables, et c'est leur réunion qui constitue la virulence, que l'on peut encore définir : l'aptitude des microbes à vivre dans le corps des animaux en y élaborant des poisons.

Il ne faut pas confondre virulence avec toxicité. Un bouillon de culture débarrassé de ses microbes par filtration sur porcelaine peut être très toxique, il ne sera jamais virulent puisqu'il ne renferme aucun être vivant :

Par contre, une culture peut être très riche en microbes et de toxicité faible, et nous arrivons ainsi aux définitions suivantes :

Un microbe doué de virulence est un virus ; s’il se développe dans l’organisme sans causer de troubles, c’est un saprophyte.

Or, la virulence est une propriété que les microbes peuvent perdre ou acquérir.

Pasteur a montré qu’à l’aide d'artifices de culture, en faisant intervenir soit la chaleur, soit la dessiccation, soit l'oxygène de

Vair, il était possible d’atténuer la virulence des bactéries;

mais, pour atteindre ce but, il ne suffit pas de les placer dans des conditions défavorables de culture, il faut leur imprimer des modifications durables et transmissibles aux générations. suivantes, en un mot il faut créer des races nouvelles.

Quand un virus est atténué au point de ne plus présenter tracé de virulence, il devient un véritable saprophyte que rien ne distingue plus des espèces banales qui pullulent partout.

Mais Pasteur (2) a montré que, dans cet état, on pouvait non seulement lui rendre sa virulence perdue, par exemple en

l’inoculant à des espèces animales très sensibles, puis en le fai-

sant passer successivement par des animaux de plus en plus réfractaires, mais encore exalter artificiellement cette virulence , presque à l'infini.

À IMMUNITÉ ET IMMUNISATION

Ainsi s’expliquerait la naissance de maladies infectieuses en partant de saprophytes qui se seraient trouvés à un moment donné dans des conditions favorables au renforcement de leur

virulence et l’on conçoit que des bactéries que nous considérons

jusqu'ici comme inoffensives puissent dans la suile des temps devenir le point de départ d'infections nouvelles (3).

IT

DE LIMMUNITÉ

L'organisme en butte aux attaques des bactéries ne reste pas inactif, il réagit de son côté pour se défendre, etil n’est pas rare de le voir sortir victorieux de Îa lutte.

L'Immunité qui est le prix de cette victoire peut être naturelle ou acquise :

Naturelle, quand l’animal est réfractaire par nature à l’infection ;

Acquise ou artificielle, quand cet état réfractaire est obtenu à l’aide de procédés spéciaux que nous passerons en revue tout à l’heure.

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