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LE PRINCIPE ACTIF AU VENIN

Néanmoins, quelle que soit la toxicité des divers venins, Calmette (13) a démontré qu'ils étaient tous identiques, et que le sérum d’un animal vacciné contre l’un d’eux, le venin de cobra, par exemple, protégeait l'organisme contre tous les autres (venins de vipère, de céraste, etc.).

Cette identité a été contestée par Cunningham à cause de la différence frappante de symptômes qui accompagnent l’envenimation, et qui varient avec l’espèce du serpent mordeur.

C'est ainsi que les venins de Vipéridés (vipère, crotale, pseudechis d'Australie) provoquent d’abondantes hémorrhagies et des hématuries, tandis que celui des Colubridés (cobra capel, naja haje) produisent des æœdèmes sans hémorrhagies.

Mais Calmette a fait voir qu’en chauffant les venins de Vipéridés à 70° pendant 15 minutes, de manière à provoquer la coagulation d’une matière albuminoïde, ils perdaient du même coup leurs propriétés hémorrhagiques tout en conservant leur toxicité intacte. Les symptômes que manifestent les venins de Vipéridés chauffés sont alors exactement les mêmes que ceux des Colubridés non soumis au chauffage; il y a alors identité entre les effets locaux et généraux de tous les venins.

C’est là un fait capital, puisqu'il permet d'employer un seul sérum contre les morsures de toutes les espèces de serpents.

On sait que les toxines microbiennes sont entraînées mécaniquement par un précipité de phosphate de chaux. Le principe. actif des venins ne l’est pas. Il n’est pas modifié par addition de solution iodurée de Gram ni par le trichlorure d’iode; mais il est particulièrement sensible à l’action du chlorure d'or et des hypochlorites, et nous verrons tout à l’heure tout le parti que Calmette a tiré de cette propriété.

D’après Wehrmann (14), qui a essayé l’action d’un certain nombre de diastases sur le venin, sa toxicité est réduite rapidement par la ptyaline, la papaïne et la pancréatine, tandis que la pepsine, la présure et l’amylase n’ont qu’une faible action et que l’émulsine, la sucrase et les oxydases n'en ont pas du tout.

Ces faits expliquent pourquoi le venin ingéré par la voie gastrique est inoffensif ; il est détruit par la salive et par le suc pancréatique, mais non par la pepsine.

Nous avons vu qu’une température de 70° n’avait pas d’action sur la toxicité d’un venin et qu'elle en séparait seulement une

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matière albuminoïde douée de propriétés hémorrhagipares. Il faut atteindre une température de 95° à 100° pour lui faire perdre son activité et pour certains d’entre eux il est nécessaire de prolonger le chauffage pendant quelque temps.

L'action de la chaleur varie avec la dilution du venin. Elle est d'autant plus marquée que le venin est plus dilué.

Phisalix et Bertrand ont montré que le venin de vipère, chauffé à 80°, perd ses propriétés phlogogènes et une partie de son pouvoir toxique. La chaleur peut donc devenir un mode d'atténuation pour le venin de serpent.

Nous avons rapporté au commencement de ce chapitre les tentatives faites par divers auteurs dans le but d'isoler la substance active du venin. Les uns en ont fait une globuline; d’autres, une peptone. Nous avons dit que Phisalix et Bertrand y distinguaient deux substances toxiques, l’une douée de propriétés phlogogènes qui serait détruite à 80° et qu'ils ont nommée échidnase ; l’autre, le véritable agent de l’envenimation, l'échidno-toxine, que la chaleur transformerait en échidno-vaccin.

A la suite de nouvelles expériences, Phisalix (15) propose une autre interprétation de la transformation des venins en vaccins ; l’échidno-vaccin existerait tout formé dans le venin, il serait plus résistant à la chaleur que l’échidnase et que l’échidnotoxine, ce qui expliquerait l’action de la chaleur dans leur première expérience. À l’appui de sa thèse, il montre que du venin simplement filtré sur une bougie de porcelaine perd ses propriétés toxiques et possède des propriétés vaccinantes.

Calmette, de son côté (16), a essayé de séparer le principe actif. Il y a réussi en pres en combinant la dialyse à l’action de la chaleur.

Un gramme de venin de cobra desséché dans le vide est dissous dans 100% d’eau distillée stérile et chauffé à 76° pendant une demi-heure dans un matras scellé.

Le lendemäin, nouveau chauffage à 80° pendant 45 minutes. On filtre pour séparer les Hoobe d’albumine coagulés et le liquide est mis à dialyser dans un courant d’eau distillée pendant 24 heures pour éliminer les sels. Ce qui reste est évaporé dans le vide, Calmette obtint ainsi un résidu amorphe pesant ‘42 milligrammes.

« Ce venin débarrassé a’ nr et de ne donne la réaction

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