LE BACILLE DU TÉTANOS
C’est en 1884 que la nature parasitaire du tétanos fut démontrée pour la première fois par Carle et Rattone (1) qui rendirent des lapins tétaniques en leur inoculant du pus prélevé dans la plaie d’un individu mort du tétanos.
En 1885, Nicolaïer (2) parvint à donner le tétanos aux souris en leur introduisant sous la peau des parcelles de terre de diverses provenances, En examinant le pus qui s’était formé, il y rencontra chaque fois un bacille particulier qui ne poussait qu’en profondeur dans des tubes de sérum solidifié. Nicolaïer ne put cependant parvenir à le cultiver à l’état de pureté. ;
Rosenbach (3) retrouva dans le pus d'animaux fétaniques le bacille de Nicolaïer et le premier décrivit ses spores de formes si particulières.
C’est seulement en 1889 que Kitasato (4) réussit à obtenir une culture pure du bacille du tétanos en ps à profit la résistance de ses spores à la chaleur.
26 d SÉRUMS ANTITOXIQUES
Du pus suspect est ensemencé dans du bouillon et cultivé dans le vide à la température de 38°-39°. La culture est ensuite chauffée en vase clos au bain-marie à 400° pendant une ou deux minutes. La plupart des microbes étrangers sont détruits, seules les spores tétaniques résistent; celles-ci sont ensemencées dans du bouillon neuf, dans le vide, et on répète deux ou trois fois la même opération. Pour séparer le bacille de Nicolaïer des espèces anaérobies qui pourraient encore l’accompagner, on a finalement recours à des cultures sur gélatine en tubes roulés dans lesquels on fait le vide, ou bien à la technique indiquée par Vignal (5).
Caractères du bacille tétanique.
Les colonies sur gélatine du bacille tétanique apparaissent du 4° au 6° jour sous forme de petites sphères nuageuses dont la périphérie est formée de fins rayons disposés en auréole. En croissant elles rappellent assez l’image d’une moisissure. Des bulles de gaz se forment dans le voisinage des colonies. La liquéfaction de la gélatine est lente, elle ne commence que du 10° au 15° jour.
Anaérobie, le bacille tétanique peut cependant s’accommoder d’une petite quantité d'air et croître ex profondeur dans les milieux usuels tels que le bouillon, la gélose ou la gélatine, même exposés à l’air. Mais si l’on veut obtenir des cultures florissantes et très actives, il faut de toute nécessité opérer dans le vide. |
Cultivé dans le bouillon à 39°, il le trouble rapidement en dégageant de fines bulles de gaz, et la culture acquiert une odeur pénétrante toute spéciale. Sur gélose, il se développe sans caractère tranché. Il pousse à peine sur pommes de terre.
Examinée quand elle est récente, une culture ne montre que * des bâtonnets réguliers de loueur variable, doués d’une légère mobilité. Mais déjà, après 36 heures, apparaissent les spores qui donnent au bacille une physionomie si caractéristique. Chaque bâtonnet en possède une à l’une de ses extrémités sous forme d'une petite sphère très réfringente, c’est ce qui l’a fait comparer avec Juste raison à une épingle. Ces spores sont très résistantes. Elles peuvent être soumises en vase clos et en milieu