‹ Servir; pièce en deux actes. La chienne du roi, pièce en un acteChapitre 22 sur 39 · SCÈNE H EULLN. LE MINISTRE. GIRARD · texte numérisé non relu

SCÈNE H EULLN. LE MINISTRE. GIRARD

GIRARD

RULIBT

On peut?

Entres.

«.iRARDf <i /'/ Jforte,

Monsieur le ministre.

Le mmisin esUrt.

EULiN, allant à lui et le saluant.

Monsieur le ministre, je suis à vos ordres.

LE MINISTRE, qui lui a tendu la main . Merci, colonel.

GIRARD, faisant un pas vers la porte .

Si le ministre le permet...

LE MINISTRE, à Girard.

Non. Restez. (Girard s incline à demi et reste donc à V écart i debout. A Eulin.) Le général vous a dit ce que j'attendais de vous ?

EULIN

Oui, monsieur le ministre.

LE MINISTRE

Les papiers complémentaires relatifs à la poudre verte...

EULIN

Les voici.

LE MINISTRE

Vous les avez!

1i8 SERVIR

EULIN

Avec le modèle de l'explosif...

LB MINISTRE

C'est parfait. {A Girard), Prenez. (Girard prend le tout des mains dEuUn,) Non, rien que des papiers. (.1 EuUn.) En (in, vous venez de nous rendre encore un grand service. Ça n*est pas le premier...

EULIN

Ni le dernier, j'espère. Tant qu'on voudra. Tout ce qu'on voudra. Jusqu'au bout.

LE MINISTRE

Je le 8€ds. Et, maintenant, il faut que je vous dise pourquoi j'ai voulu, en présence du général, votre meilleur ami, avoir avec tous cet entretien. L'heure est grave, et j'ai deux choses à vous annoncer, deux choeas... terribles.

lULIN

Dites d'abord celle qui l'est le plus.

LB MINISTRE, H S arrête ^ trop ému.

.•• Les deux le sont autant.

EULIN

Je suis prêt.

LE MINISTRE

Il s'agit de votre fils.

EULIN, anxieux.

Lequel?

LE MINISTRE

Celui de la légion.

EULIN, vaguement soulagé.

Jacques? [Comprenant tout à coup,) Il est mort? {Le ministre lui a saisi les mains. Il le regarde et ferme simplement les yeux^ ne pouvant supporter le regard de ce père. Eulin a compris. Toujours debout ^ roide et se dominant j il dit.) Ah! {Silence, puis.,) Où?

LE MINISTRE

A Derbarrah...

EULIN

Quand?

LE MINISTRE

Il y a six jours.

130 smviii

BULIN.

Et comment? {Avec force et elé.^fr.) A IVnnemi?

LE MINISTRE

A l'ennemi.

EULIN

A la bonne heure I

LE MINISTRE

Un guet-apens. Surpris, assassiné...

BOLIN

Par qui?

LE MIXISTRB

Par des pillards de caravaoes. Mais nous savons, avec preuves certaines, d'où vient le crime...

BULIX

D'où vient-il?

\.r. Ml N I - i 11 ? . . >7 . D'Europe.

IIMN

Et la maiu qui la machiné? Quelle eei-eUeTJ

LE MINISTRE

Toujours la même.

EULiN, brève fureur.

Mais on ne la coupera donc pasi Et puis, pourquoi mon fils? plutôt qu'un autre? Dans quel but?

LE MINISTRE

Ne demandez rien. C'est une chose inextricable. On la saura bientôt. Pour l'instant tout me presse... Et d'ailleurs, je n'ai pas le droit de vous répondre. Sachez seulement — car cela, je peux le dire — que sous ce meurtre et cette affaire qui s'est envenimée, surgit tout h coup, entre nous et la puissance ennemie, une question d'honneur national, d'une gravité telle, que, d'accord avec nos amis et alliés, nous avons, devant tout refus d'excuses, cru impossible de subir ce nouvel affront.

EULIN

Et alors?

LE MINISTRE, presque bas.

C'est la guerre.

EU LIN, éclatant.

La guerre ! C'est la guerre ! C'est la guerre î La guerre ! Enfin !

LE MINI8TRB

Ne dites pas cela ! Dites seulement que nous Tacceptons, forcés, et que nous la ferons, sans peur ni sans reproches, — mais sans l'avoir jamais voulue! Jamais!

F ri. IN

Mais, maintenant, nous la voulons ! Je la veuxl moi! Quand la déclare-l-on?

LB MINISTRE

Aujourd'hui...

Et LIN.

Auj...

Girard fait aussi un numvememt ei $$ rap^ proche.

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