SCÈNE H EULLN. LE MINISTRE. GIRARD
GIRARD
RULIBT
On peut?
Entres.
«.iRARDf <i /'/ Jforte,
Monsieur le ministre.
Le mmisin esUrt.
EULiN, allant à lui et le saluant.
Monsieur le ministre, je suis à vos ordres.
LE MINISTRE, qui lui a tendu la main . Merci, colonel.
GIRARD, faisant un pas vers la porte .
Si le ministre le permet...
LE MINISTRE, à Girard.
Non. Restez. (Girard s incline à demi et reste donc à V écart i debout. A Eulin.) Le général vous a dit ce que j'attendais de vous ?
EULIN
Oui, monsieur le ministre.
LE MINISTRE
Les papiers complémentaires relatifs à la poudre verte...
EULIN
Les voici.
LE MINISTRE
Vous les avez!
1i8 SERVIR
EULIN
Avec le modèle de l'explosif...
LB MINISTRE
C'est parfait. {A Girard), Prenez. (Girard prend le tout des mains dEuUn,) Non, rien que des papiers. (.1 EuUn.) En (in, vous venez de nous rendre encore un grand service. Ça n*est pas le premier...
EULIN
Ni le dernier, j'espère. Tant qu'on voudra. Tout ce qu'on voudra. Jusqu'au bout.
LE MINISTRE
Je le 8€ds. Et, maintenant, il faut que je vous dise pourquoi j'ai voulu, en présence du général, votre meilleur ami, avoir avec tous cet entretien. L'heure est grave, et j'ai deux choses à vous annoncer, deux choeas... terribles.
lULIN
Dites d'abord celle qui l'est le plus.
LB MINISTRE, H S arrête ^ trop ému.
.•• Les deux le sont autant.
EULIN
Je suis prêt.
LE MINISTRE
Il s'agit de votre fils.
EULIN, anxieux.
Lequel?
LE MINISTRE
Celui de la légion.
EULIN, vaguement soulagé.
Jacques? [Comprenant tout à coup,) Il est mort? {Le ministre lui a saisi les mains. Il le regarde et ferme simplement les yeux^ ne pouvant supporter le regard de ce père. Eulin a compris. Toujours debout ^ roide et se dominant j il dit.) Ah! {Silence, puis.,) Où?
LE MINISTRE
A Derbarrah...
EULIN
Quand?
LE MINISTRE
Il y a six jours.
130 smviii
BULIN.
Et comment? {Avec force et elé.^fr.) A IVnnemi?
LE MINISTRE
A l'ennemi.
EULIN
A la bonne heure I
LE MINISTRE
Un guet-apens. Surpris, assassiné...
BOLIN
Par qui?
LE MIXISTRB
Par des pillards de caravaoes. Mais nous savons, avec preuves certaines, d'où vient le crime...
BULIX
D'où vient-il?
\.r. Ml N I - i 11 ? . . >7 . D'Europe.
IIMN
Et la maiu qui la machiné? Quelle eei-eUeTJ
LE MINISTRE
Toujours la même.
EULiN, brève fureur.
Mais on ne la coupera donc pasi Et puis, pourquoi mon fils? plutôt qu'un autre? Dans quel but?
LE MINISTRE
Ne demandez rien. C'est une chose inextricable. On la saura bientôt. Pour l'instant tout me presse... Et d'ailleurs, je n'ai pas le droit de vous répondre. Sachez seulement — car cela, je peux le dire — que sous ce meurtre et cette affaire qui s'est envenimée, surgit tout h coup, entre nous et la puissance ennemie, une question d'honneur national, d'une gravité telle, que, d'accord avec nos amis et alliés, nous avons, devant tout refus d'excuses, cru impossible de subir ce nouvel affront.
EULIN
Et alors?
LE MINISTRE, presque bas.
C'est la guerre.
EU LIN, éclatant.
La guerre ! C'est la guerre ! C'est la guerre î La guerre ! Enfin !
LE MINI8TRB
Ne dites pas cela ! Dites seulement que nous Tacceptons, forcés, et que nous la ferons, sans peur ni sans reproches, — mais sans l'avoir jamais voulue! Jamais!
F ri. IN
Mais, maintenant, nous la voulons ! Je la veuxl moi! Quand la déclare-l-on?
LB MINISTRE
Aujourd'hui...
Et LIN.
Auj...
Girard fait aussi un numvememt ei $$ rap^ proche.