LB MI1CI8TBB
D'ici à ce soir... fille éclatera comme la foudre. A l'heure dite, daoe tout le pays, daas toutes les villes» le canon et le Umhour eo proclameront la nouvelle.
EULIN
J'entendrai cela ! Je verrai cela 1
LE MINISTRE
Sachez alors, Eulin, ce que vous aurez à faire.
EULIN
Commandez.
LE MINISTRE
Il entre, dans le plan conçu de l'attaque, de frapper tout de suite un grand coup, un coup formidable. Or, un seul homme, soldat rompu, franc-tireur isolé, combattant obscur, anonyme et perdu dans la foule, peut et doit porter ce coup. L'homme était facile à trouver. Nous n'avions, entre des milliers, que l'embarras du choix. C'est vous que j'ai désigné, comme le plus capable et le plus digne.
EULIN
Comptez sur moi.
LE MINISTRE
11 faut y laisser la vie.
EULIN
C'est entendu.
LB MIIflSTlB
On ne remplira lu mission qu'en ne revenant pas.
BULIN
J'ai hàle de partir.
LE MINISTRE
Et n'espérez aucune gloire.
BDLIN
Je m'en moque I Je ne marche pas pour elle. Mais pour mon pays.
LB MimSTBB
C'est encore là du travail secret, Eu lin.
BULlN
Tant mieux ! Du beau travail I Je la fais bien.
LB MllfISTBB
Il faudra enûn se plier à tout, ne reculer devant...
BULtlV
Personne!...
LE MINISTHE
Plus. Devant rien.
EULIN
Ça m'est égal. Dites vite.
LE MINISTRE
Un moyen a été trouvé, une combinaison très simple, merveilleuse I et qui a toutes chances de réussir, de briser en un jour et d'arrêter, en la saccageant à son début, la première mobilisation de l'ennemi, de façon à nous permettre d'engager nos armes sur un succès écrasant, décisif. Voici une lettre, établie par les soins du généralissime, qui contient le détail de la marche à suivre, et toutes les instructions nécessaires. (Eulin va pour V ouvrir, il l'arrête du geste.) Après mon départ, vous en prendrez connaissance... et, au premier signal de la déclaration, vous agissez. {Allant à la table où sont posées les deux bombes.) Vous emporterez ça. Un dernier mot • jusqu'au tambour ou au canon, le secret. Pour qui que ce soit.
EULIN, geste qui signifie : mais ça va de soi. C'est tout ce que vous aviez à me dire?...
(Sur ses doigts.) Mon fils... la guerre... la lettre. Vous ne voyez plus rien?
LE MINISTRB
C'est tout.
EULiN, frappant de la main la kUn cachetée avant de la mettre dans sa poche.
Monsieur le ministre, sans savoir ce qu'il y a là... ça sera fait.
LE MINISTRE
Vous êtes un brave I Avez-vous un dernier désir?
Un seul : c'est qu'après la guerre on n'oublie pas ma veuve.
LE MINISTRE
Inutile. Celte question a déjà été résolue.
BULIIf
Ah!
LB MINISTRE
On n'oubliera pas votre veuve.
EULIN
Merci.
LE MINISTRE
Ni votre dernier fils.
EULIN, énigmatique.
Oh I s'il en revient ! mais lui non plus, n'en reviendra pas !
LE MINISTRE, lui ouvvant les bvas ,
Colonel Eulin... Au nom de la République et de la France... Puisse... grâce à vous qui, le premier, allez mourir... puisse la victoire... (// le prend à bras-le-corps et le tient serré, écrasé contre lui, un long moment, V embrassant, tandis qu Eulin, sur le mot victoire, dit dune voix coupée par V émotion : « Oui, oui, oui. » (Le ministre, cessant brusquement son étreinte, se retournant vers Girard.) Général!
Ce dernier na que le temps détreindre aussi Eulin h la hâte, et il rejoint vivement le m,inistre. Eulin, derrière, les a suivis jusqu'au seuil de la porte à droite. Ils disparaissent. Eulin referme à clef les portes derrière eux, que cela soit bien visible. Et il retire la clef qu il met dans sa poche. On entend démarrer l'auto.
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