‹ Serviteurs et servantes de Dieu en Canada: quarante biographiesChapitre 14 sur 51 · LA VÉNÉRABLE MARIO DE L'INCARNATION · texte numérisé non relu

LA VÉNÉRABLE MARIO DE L'INCARNATION

rien avoir appris des hommes. '' Cette révélation ent lieu en 1635, c'est-à-dire quarante ans avant que Notre- Seigneur eût confié à la bienheureuse Marguerite-Marie la mission de répandre par tout Tunivers catholique la dévotion à son Cœur sacré.

Quatre années s'écouleront encore avant que la noble Servante de Dieu puisse enfin accomplir sa vocation pour le Canada, que Dieu lui avait si clairement manifestée. Durant cet intervalle, elle fut Tédificatioii de la communauté, par ses paroles et par ses exemples. Toutes les religieuses recherchaient ses enseignements dont la force et Ponction étaient merveilleuses. Ce fut à son école que se formèrent ces religieuses qui embaumèrent le couvent de Tours du parfum de leurs vertus.

Enfin le jour du départ tant désiré vint à sonner» Après avoir séjourné quelque temps à Paris pour terminer ses préparatifs de voyage, la Mère de Tlncamation se rendit à Dieppe, et là elle prit passage sur le Saint- Joseph^ en compagnie de Madeleine Chauvigny de la Peltrie, qui devait être sa principale collaboratrice dans Toeuvre de fondation des Ursulines de Québec. Comme nous Pavons vu, plusieurs religieuses hospitalières étaient du voyage, ainsi que des religieuses ursulineSrde la plus grande distinction. ,

Quoique logées dans un pauvre taudis, à la basse ville, les Ursulines ne se plaignirent point. ** Bien que pressées dans un petit trou où il n'y a point d'air, écrivait la Mère de Tlncamation, nous n'y avons point été malades, et jamais je ne me sentis plus forte. L'air dil pays est excellent : aussi est-ce un paradis terrestre où les croix et les épines naissent si amoureusement, que, plus on est piquée plus le cœur est rempli de douceur. "

Malgré l'exiguité de leur local, les religieuses se livrèrent aussitôt à l'instruction des jeunes filles et des

petites sauvagesses. Elles-mêmes travaillaient à apprendre les langues montagnaise et huronne, et donnaient leurs soins aux malades qui venaient chercher un abri sous le toit de la communauté. Mais la vénérable Servante de Dieu soupirait de plus en plus ardemment après le jour où elle pourrait élever un couvent plus vaste, qui lui permît d'opérer une plus grande somme de bien. Elle mit des ouvriers à Tœuvre. Après avoir déblayé le terrain où s'élève aujourd'hui le monastère des Ursulines, ils commencèrent la construction d'un modeste couvent. Ce ne fut que le 21 novembre 1642, que les religieuses franchirent l'enceinte de leur maison de la basse ville, pour se rendre processionnellement au nouveau monastère. Saint Joseph en fut constitué le gardien, et le petit séminaire sauvage fut placé sous son vocable.

La Mère de l'Incarnation continua à se multiplier pour vaquer aux aflFaires extérieures comme à l'organisation plus parfaite de la communauté dont elle était la supérieure. Prudence, douceur, humilité, telles étaient les vertus qui réglèrent sa conduite. ** Chaque matin, raconte son fils, on voyait la Mère de l'Incarnation au milieu de ses petites filles sg^uvages, les nettoyant, peignant et habillant; ce qu'elle faisait avec autant de joie et d'application que si elle n'eût été au monde que pour cela."

La Vénérable avait aussi ouvert un pensionnat pour les jeunes françaises. Les débuts en furent modestes, mais si le nombre des élèves était restreint, la qualité en était supérieure. On y retrouve les noms des meilleures familles, des enfants de ces valeureux et honnêtes colons qui faisaient alors l'orgueil de la Nouvelle- France, comme les Marsolet, les Godefroy, les de Repentigny, les Bourdon et tant d'autres, qui, à soixante lieues

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