Tekakouitha, iroquoise
Comme on le voit, ces biographies couvrent presque les trois cents ans de notre existence nationale; elles sont, pour ainsi dire, le résumé de Thistoire religieuse du pays, depuis la découverte du Canada jusqu'au milieu du dix-neuvième siècle. A ce seul point de vue, notre ouvrage mériterait peut-être d'attirer l'attention de tout lecteur sérieux. Mais il y a plus et mieux, et ici nous éprouvons le besoin de faire comprendre à tous le but que nous avons essayé d'atteindre en publiant ces modestes notes biographiques. Nous ne cacherons pas qu'en entreprenant cette tâche, assez difficile, quoi qu'il n'en paraisse guère, nous n'avons eu d'autre intention que de fournir à nos compatriotes de beaux modèles à imiter, afin qu'ils en tirent quelque profit pour leur âme. Sur le nombre de* quarante, il en est, sans doute, qui trouveront moins facilement des imitateurs, comme ceux qui ont été martyrisés par les sauvages. Nous ne sommes guère prédestinés à la palme du martyre, dans un pays comme le nôtre, où la religion catholique fleurit paisiblement à l'ombre de nos vieux clochers paroissiaux, sans que personne y mette d'obstacle bien
VIII ÂVBRTIMBifBNT
sérietix. Mais il en est d'autres qui, pour n'avoir pas été martyrisés, n'en ont pas moins combattu ardemment les bons combats et atteint les sommets de la perfection. Voilà pourquoi à côté des Brébeuf, des Lalemant et des Jogues, martyrs de la foi, nous avons placé M. de Maisonneuve, la sœur Bourgeoys, qui ont enduré tm autre genre de martyre, celui du sacrifice, de l'abnégation, et d'autres encore comme M. l'abbé de Calonne, madame d' Youville, madame Gamelin, aux figures austères mais sublimes par l'humilité et le dévouement au prochain.
Résumer en quelques pages les traits saillants de l'histoire de ces personnages qui ont sanctifié le travail par la pratique des plus éminentes vertus ; faire connaître et aimer de toutes les classes de la société des héros de l'Église qui ont connu les rudes labeurs et les travaux pénibles ; montrer par ces exemples que la sainteté est de toutes les conditions, comme de tous les temps : telle a été encore l'idée qui nous a inspiré cette publication. C'est dire que l'ouvrage s'adresse à tout le monde indistinctement : au clergé séculier et régulier, aux religieuses de tous ordres, aux élèves des collèges et des couvents, et voire même aux adolescents de nos écoles primaires. Notre ambition serait dépassée, et notre consolation bien grande, si nous arrivions à le faire pénétrer dans le sanctuaire de toutes les familles canadiennes, tant sommes-nous convaincu qu'il est de nature à opérer un peu de bien.
Que le Sacré Cœur de Jésus, à qui nous faisons humblement l'hommage de ce livre, l'ait pour agréable! Qu'il le bénisse et qu'il fasse fructifier dans l'âme du lecteur, quel qu'il soit, les enseignements qu'il y devra puiser !
N.-E. DiONNE.
Québec, le 2 février 1904.