‹ Serviteurs et servantes de Dieu en Canada: quarante biographiesChapitre 3 sur 51 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis quinze cents ans TÉglise catholique avait auvert le banquet des noces sacrées ; elle y avait convié par ses enseignements et ses bienfaits les nations du vieux monde, et plusieurs refusaient encore de prendre place au festin de la communion universelle; plusieurs même se retiraient, convives ingrats, la haine dans le cœur, le murmure sur les lèvres. L'Orient avait apostasie pour la troisième fois, et le Nord allait s'ébranler à la voix de Luther. Alors l'Eglise envoya ses serviteurs par les chemins de l'Océan, pour chercher les pauvres peuples errants sur ses plages.

Colomb parut, et l'Amérique fut découverte. Les puissances qui, les premières, recueillirent le fruit de ses travaux, semblaient en prendre possession au nom du catholicisme. L'Espagne, maîtresse de l'isthme qui relie les deux parties du continent, et de la chaîne d'îles jetées entre elles, étendait ses conquêtes, au sud jusqu'au Chili, au septentrion jusqu'aux extrémités de la Californie. Elle rencontrait, d'un côté, les colonies du Portugal au Brésil, et de l'autre, les établissements delà Louisiane et du Canada, reconnus comme domaines de la France, depuis que l'illustre navigateur Jacques Cartier avait planté sur les rives et les îles du fleuve Saint-Laurent l'étendard de la Rédemption du monde. Sans doute la domination espagnole ne fut pas sans reproche ; mais, en accomplissant son œuvre d'assimulation, elle ne renia point sa foi, et l'Eglise catholique put arborer son drapeau au milieu des Indiens infidèles.

Page 1