‹ Serviteurs et servantes de Dieu en Canada: quarante biographiesChapitre 33 sur 51 · JEANNE LEBER 17T · texte numérisé non relu

JEANNE LEBER 17T

jours à quatre heures, depuis Pâques jusqu'à la Toussaint, et à quatre heures et demie le reste de Tannée. Elle faisait ensuite sa première oraison, qui durait une heure, puis récitait les Petites Heures de rOflSce de la sainte Vierge, et entendait la sainte messe. De neuf heures à neuf heures et demie, elle faisait une lecture spirituelle, et de dix à onze heures, une seconde oraison. Puis elle lisait un chapitre du Nouveau-Testament, suivi de Pexamen particulier. Elle dînait à onze heures et demie ; à une heure, elle récitait Vêpres et Compiles, puis faisait une seconde demi-heure de lecture spirituelle ; et à quatre heures, sa troisième heure d'oraison.

Elle soupait à six heures, récitait le chapelet et d'autres prières vocales à sept heures, et se couchait enfin à huit heures et demie. La sœur Bourgeoys écrivait a^rès sa mort : *' Mlle Le Ber faisait tout avec tant -d'exactitude, qu'on ne vit jamais un plus beau modèle de fidélité, ni un plus puissant motif pour amener, même les plus ferventes, à la plus parfaite observation de nos règles, jusque dans les petites choses, et à nous confondre dans les moindres infidélités."

Lorsque les Anglais, en 1711 , sous le commandement de Walker, s'avancèrent dans le fleuve pour s'emparer de la colonie, on annonça cette nouvelle à Mlle Le Ber, ** en lui disant que si la flotte ennemie se rendait jusqu'à Québec, c'en était fait du pays. **Non, répondit-elle, après quelques moments de réflexion, la très sainte Vierge aura soin de ce pays ; elle en est la gardienne, nous ne devons rien craindre." L'événement de la dispersion de cette flotte donna raison aux pressentiments de la Recluse montréalaise.

Mlle Le Ber tomba malade vers la fin de septembre 1714. Le 1er octobre elle fit son testament, et deux jours après die rendait sa belle âme à son Créateur, à

Page de 52 ans et netif mois. Le 2, elle ftit inhumée dans lise des sœurs, en conformité de ses dispositions teslentaires. Inutile d*appuyer sur le fait que tout Qtréal voulut voir la précieuse dépouille avant ;lle fut confiée à la terre. On connaissait sa vie, ses térités ; on était convaincu que son âme, purifiée icimême, était allée jouir du bonheur céleste, pour la session duquel elle avait travaillé sans relâche durant te son existence.

MADAME DTOUVILLE

ARIE -MARGUERITE DUFROST de la Jemmerais naquit à Sainte-Anne de Varennes le 15 octobre 1701, du mariage de Christophe Dufrost de la Jemmerais et de Marie Renée de Varennes, fille de Renée de Varennes, gouverneur de Trois-Rivières, et petite-fille de Pierre Boucher, 1 illustre chef de la belle et noble famille des Boucher.

Christophe Dufrost était un gentilhomme breton, qtii avait quitté la France en 1687 pour se fixer en Canada. Ses valeureux exploits sur divers champs de bataille attachèrent à sa personne une grande renommée de bravoure, et lui valurent, en 1705, le grade de capitaine. C^était, en outre, un excellent homme dans sa conduite privée. Son épouse appartenait à une famille, chez qui les plus belles vertus étaient alliées à un dévouement de tous les jours à la patrie canadienne.

Marie-Marguerite entrait donc dans la vie sous les pltis.heureux auspices. Les leçons d'aussi bons parents devaient marquer d'une empreinte durable et bien dessinée son intelligence et son cœur.

A sept ans, Marie-Marguerite perdit son père ; ce fut la première épreuve de sa vie, mais ce ne fut pas la dernière. Christophe Dufrost laissait une veuve et six enfants, absolument dénués de toutes ressources. L'aînée

MADAME D'YOUVILLE Fondatrice de rinstitut des Sœurs de la Charité à Montréal

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