‹ Serviteurs et servantes de Dieu en Canada: quarante biographiesChapitre 40 sur 51 · ADÈLE COULOMBE · texte numérisé non relu

ADÈLE COULOMBE

serait de la confier aux religieuses de la congrégation de* Notre-Dame, qui, de tout temps, ont su captiver Tenfance par leur dévouement et leur douceur. Douée d'une grande facilité pour apprendre, Adèle eut bientôt fait de dépasser la masse de ses petites compagnes, et elle prit d'emblée la tête de sa classe. Aussi, dès Tâge de dix ans, elle obtint le privilège de faire sa première communion. Elle se prépara à cet acte solennel par le silence, la mortification et la prière. Ce fut le 10 avril 1845 qu'Adèle eut le bonheur indicible de recevoir pour la première fois le Dieu-hostie qu'elle aimait d'un cœur si tendre, et pour qui elle avait préparé en son âme une place réservée. Le matin du grand jour, à la vue de la neige tombée durant la nuit, elle dit à sa mère : ** Voyez-donc, maman, cette belle neige toute blanche et que les pieds des passants n'ont pas encore foulée : le bon Dieu veut nous montrer par là combien nos âmes doivent être nettes et pures. Ah ! comme tout est blanc aujourd'hui ! les nues sont blanches, nos robes sont blanches, les parures mêmes de l'église seront blanches. Que cela exprime bien la blancheur dont nos âmes doivent être revêtues!"

Adèle Coulombe sut mettre à profit les trésors de grâce qu'elle avait reçus en s'unissant à son Dieu, par la consécration qu'elle fit de son temps à des œuvres de religion. A la prière elle ajouta la lecture des bons livres, la fréquentation des sacrements de pénitence et d'eucharistie, la fuite des mauvaises compagnies et de l'oisiveté. La mortification et la pénitence furent les deux principales vertus qui devaient lui permettre avant longtemps de s'entretenir avec Dieu dans l'oraison. Sa dévotion envers la sainte Vierge, à qui elle avait été consacrée dès son enfance par ses bons parents, lui attira des grâces spéciales.

Eu présence; de tant de vertus>,lesi religieuses permirent à Adèle Coulon^be, (J ^entrer daiis la confrérie des Enfants de Marie, faveur qu'on n'accordait qu'aux plus vertueuses d'entre les- élèves. Ce fut pour elle l'occasion de se perfectionner encore davantage. A ses dévotions ordinaires elle joignit celle de la Passion de Notre-Seigneur, Écoutons-la parler à ce sujet : **Me ressouvenant que ma mère m'avait consacrée au culte de la Croix, cette chère croix a toujours f9,it mes plus chères délices, même avant que je fusse capable de la bien connaître. Dès ma plus tendre enfance, tout mon plaisir était de faire de petites croix de tout ce qui me tombait sous la main : papier, carton, bois ; j'en remplissais les livres de maman et de mes frères et sœurs... J'aimais tellement le crucifix, encore toute petite, que j'en témoignais ma joie par des cris, et je me rappelle que j'allais très souvent visiter celui que nous avions dans nos appartements. On ne peut en être étonné, puisque j'ai été consacrée à la Croix avant de naître. "

Au pied du crucifix Adèle Coulombe était admirable, mais au pied des tabernacles sa dévotion n'était pas moindre. Elle entendait la messe avec une modestie et un recueillement édifiants, plongée dans la méditation des mystères dôla Passion.

Sa charité inépuisable la portait instinctivement à s'enrôler dans toutes les œuvres dont le but est de venir en aide à l'humanité souffrante. Que de zèle pour propager l'œuvre de la Sainte-Enfance, l'œuvre de la propagation de la Foi, celle du rachat des âmes du purgatoire! Elle allait de maison en maison recueillir les aumônes des particuliers et distribuer des listes aux personnes les mieux disposées à l'égard de ces œuvres sublimes.

L'année qui suivit sa première communion, Adèle fut admise à la Persévérance. On appelait ainsi des

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•catéchismes où Ton réunissait les petites filles . qui avaient communié, afin de les affermir dans leurs bonnes résolutions. L4dée de cette fondation due à Mr. Olier, avait été transportée de Paris au Canada. A Montréal, on avait ouvert un catéchisme de persévérance en 1842, dans la chapelle de Notre-Dame de la Victoire. Ces catéchismes prirent une extension considérable, et Ton y vit accourir jusqu^à six et sept cents jeunes filles et même des grandes personnes. Adèle ne manquait à au- -cune réunion, et elle s'y faisait remarquer non seulement par son assiduité, mais encore mieux, par ses connaissances en matière de religion. C'est ainsi qu'elle se dirigeait sans effort vers la vocation à laquelle la Providence l'appelait.

Élue présidente de la Persévérance, Adèle se montra encore plus zélée qu'à l'ordinaire à remplir ses devoirs, à donner le bon exemple et à travailler plus que toutes ses compagnes à la sanctification des autres, agissant toujours avec la plus grande douceur et la plus entière humilité. C'est alors que son goût pour la vie religieuse devint plus prononcé que jamais. Dès l'âge de onze ans, elle avait éprouvé une vive inclination pour J'Hôtel- Dieu. Ces premiers germes de vocation se développèrent graduellement avec l'âge, d'autant plus qu'elle ne cessait de prier à cette intention. A seize ans, elle se sentit tellement entraînée vers cet Hôtel-Dieu, qu'il lui sembla qu'elle ne devait pas résister davantage à une pareille sollicitation. Après avoir obtenu le consentement de sa mère, elle se présenta, le 25 juillet 1851, pour obtenir son admission, mais la supérieure la remit à plus tard. Adèle se soumit de bon cœur à cette épreuve, et elle attendit patiemment le jour où elle serait enfin accueillie comme postulante. Ce jour désiré arriva ^nfin, trois mois après: '*0 maison bénie, s'écria-t-elle

en apercevant l'Hôtel-Dieu, ô enceinte sacrée, je pourrat baiser tes pierres les tines après les autres ! Oh ! qu'il me tarde de vivre dans ton sein ! *'

Le 23 octobre, Adèle Coulombe prit Thabit de postulante. Elle se trouva heureuse daus son nouvel état, mais elle soupirait ardemment après le jour où elle pourrait se consacrer définitivement à Dieu. Au bout d'un an, jour pour jour, elle prit l'habit de son ordre, et. le 24 octobre 1853, elle prononça ses vœux. ** Cette professipn, disait-elle, est vraiment pour moi un second baptême ; c'est comme une nouvelle vie dans laquelle j'entre. Oh ! que je suis contente ! Je puis à peine croire à mon bonheur. Quand je vivrais jusqu'à la fin du monde,jamais, non jamais, je n'oublierais ce beau jour."

A partir de ce moment, la sœur Coulombe n'appartint plus au monde extérieur. Sa vie monastique fut un modèle sous tous les rapports. Toujours elle dirigea, ses eflforts vers une union plus intime avec Notre-Seigneur, voyant en cela le moyen de jouir de Dieu dans le temps et dans l'éternité. Elle cherchait un asile dans son Cœur sacré, pour y puiser les plus louables inspirations. ** Mes désirs, mes aflfections, mes élans vers Dieu,, disait-elle, se changent quelquefois en un besoin der aimer, qui devient comme un feu qui me brûle et me consume, comme si j'avais un brasier dans l'intérieur. "'

La charité de la sqpur Coulombe envers le prochain,, surtout envers les pauvres et les malades, ne connaissait, guère de limites, parce qu'elle voyait en eux Notre- Seigneur en personne. ** Les pauvres, disait-elle, sont, des sacrements sous lesquels Notre-Seigneur se cache.. Ce sont des voiles qui le couvrent ; les pauvres sont ses. membres les plus chers. Enfin les pauvres, c'est Jésus- Christ lui-même, puisqu'il se confond avec eux." Envoyée à l'hôpital Saint-Patrice de par la volonté de sa.

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