INTRODUCTION XI
travaux. Leurs regards se tourneront désormais vers un peuple resté jusque-là insensible à leurs efforts. Llroquois féroce voit un ennemi dans tout Européen, et tout ennemi est pour lui une victime à immoler. Cependant le missionnaire n'hésite pas devant Torage qui le menace. ^^ Dans les nombreuses relations de cette lugubre époque, on ne trouve pas, s'écrie Parkman, une ligne qui donne occasion de soupçonner qu'un seul hpmme de cette troupe fidèle ait fléchi ou hésité. L'énergique Brébeuf, le doux Gamier, le patient Jogues, l'enthousiaste Chaumonot, les LeMercier, Chastelain, Ragueneau, Pijart, tous montraient une froide intrépidité, qui étonnait les sauvages et imposait le respect."
Les solitudes les plus sauvages apprirent les mystères chrétiens de la bouche de ces missionnaires hardis. Poussés par cet esprit divin qui souffle les nobles et fortes inspirations dans les cœurs dont il s'empare, les fils de Loyola traversent les rivières, gravissent les montagnes, pour fonder des églises au sein de la grande confédération iroquoise. Les rochers de ces bourgades portèrent longtemps l'empreinte de leurs pas, et Satan, qui, depuis des siècles, avait exercé son empire sur ces peuples plongés dans les ténèbres de la mort, recula impuissant devant la Croix du divin Maître. Mais auparavant il a, djsins sa rage, désigné les soldats du Christ qui devront payer par le martyre la victoire remportée sur lui. Jogues, Daniel, Buteux, Brébeuf, Garnier, Lalemant, Liégeois tombent tour à tour victimes de leur héroïsme.
De son côté, Champlain, l'illustre fondateur de Québec, n'avait rien négUgé pour assurer la prépondérance de la religion de ses pères sur le sol de la Nouvelle- France. C'est lui qui, dès 1621, avait supplié le roi d'exclure toute émigration huguenote vers le Canada.