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yi EN GUISE DE PRÉFACE
Je comprends: je n'aurais pas pu. Mais prends ^arde : un autre s'impose. Il va falloir vivre de la vente au détail du plus intime de toi-même^ comme la fille qui pourtant rêva d'amour. Ne crois point que f ironise. Il va falloir promener sur le trottoir, en chemise de papier que le passant froissera, pire que la chair : Vêtre intérieur, l'habitant du plus profond. Tu ne voudrais, tu ne saurais faire autre chose : cède à ton démon. Cela, ou la misère. Et tu es pauvre, mais la bohème te fait horreur. Ne te soucie pas du dédain de tes camarades fortunés, ceux qui se veulent « les purs poètes ». Ils ont des familles, des héritages futurs, de riches fiancées éventuelles dans leur confortable monde. Toi, tu n'as rien, tu es seul. Décide-toi, bon petit gars honnête et résolu. Tu es enrôlé de force dans la littérature-métier : ne la prends pas d'avance en dégoiXt. Tu te sens « des choses à dire ». Tu les diras quand même, pas tout de suite peut-être, mais d'autant mieux.
Laisse- les ricaner, ces bourgeois-artistes^ bien nés : « Il a sombré dans le journalisme ». Oui, tu vivras de journalisme, petit: on n'y sombre que si l'on s'abandonne. Par lui tu nourriras tes livres car les livres que tu feras ne se vendront jamais assers pour te suffire. Tu n'es pas romancier à effet, dramaturge à succès, tu n'es doué que pour des recherches esthétiques, des études pieuses et ardentes sur de grands morts : mauvaise marchandise, estime platonique, mévente. Les éditeurs ne viendront jamais t'attendre au bas de