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MARCHE NUPTIALE

Une musique lente et funèbre, c'était

Le sanglot de mon cœur que mon cœur écoutait.

Ma tristesse pleurait dans les larmes d'un autre ; La main qui me faisait pleurer, c'était la vôtre.

Puis le chant se taisait, reprenait, puis encor, Encor, comme l'appel désespéré d'un cor.

Et mon âme, à travers ces cris, ces somnolences. Mourait de la musique et mourait des silences.

l'adoration. 185

Ce fut un glas lointain qui tintait dans le soir, Long-, résigné, clamant la mort de tout espoir.

Ce fut le craquement du givre dans les branches Qui tombent en trouant de noir les neiges blanches.

Ce fut un bruit de pluie aux vitres grises, puis

De lourdes gouttes d'eau claquant au fond d'un puits.

Ce fut le toucher blanc d'un doigt sur ma paupière, Et j'entendis des coups de marteau sur la bière.

De grands coups de marteau frappaient dans la langueur Des plaintes, m'enfonçant des clous au fond du cœur.

La douleur survit donc au trépas, lorsqu'on aime ? Je vis que j'étais mort et je souffrais quand même.

Et toujours, emporté dans mon tourment divin, Je renaissais de moi pour en mourir sans fin.

Et toujours, et malgré la mort, malgré la vie, Toujours cette douleur toujours inassouvie.

Mort, je fuyais: du haut du lancinant beffroi L'écho de ma douleur râlait derrière moi.

Et toujours cet écho qui sonnait comme un blâme Sonnait le deuil, le deuil éternel de mon âme.

l'adoration. 187

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