LA VEUVE
Dans an rêve diffus j'ai rêvé de vos mains, Et ce fut, fleurs de chair, des lys mêlés de roses, Des bouquets de frissons, des calices humains, Et des promesses demi-closes.
J'ai rêvé de vos mains dénouant vos cheveux, Et ce fut des fils d'ombre à des fuseaux d'ivoire, Que lissaient et tissaient vos doigts fins et nerveux Pour vous faire un manteau de gloire.
Dénouant vos cheveux et vos robes de deuil, Vos doigts se dispersaient en furtives caresses, Et ce fut lentement que tomba votre orgueil Avec les voiles et lés tresses.
Et vos robes de deuil glissaient sur les divans, Et ce fut par degrés, que la chambre inconnue S'emplit de parfums clairs et de frissons vivants, Et ce fut que vous étiez nue...