L'AUTRE
L'autre ! Toujours cet autre ! Oh, les bonheurs souilléaj Tes seins frais ne sont point à moi, tu me les prêtes; , Celui qu'on vole attend, là, que tu les dévêtes, l
Pour glisser son fantôme entre nos bras liés! |
Quand ton col se renverse au creux des oreillers, |
Ne sens-tu pas sa tête errer entre nos têtes ? j
Le spectre invulnérable est de toutes les fêtes, î
Et quand nous l'oublions, il dit : « Vous m'oubliez. » '
Toujours l'autre ! Et naguère, hélas, je t'ai connue, Vierge, avant qu'une lèvre eût sali ta chair nue. Cette chair qui n'est plus la même qu'autrefois!
Naguère! Et l'autre est là, qui se tord sur ta couche: Tous les baisers qu'il a répandus, je les vois, Et j'en baise l'odeur sur les coins de ta bouche!