‹ SeulChapitre 127 sur 145 · PRINTEMPS · texte numérisé non relu

PRINTEMPS

L'heure blonde, apaisée et rêveuse, c'est l'heure Où (l'un rayon déjà plus doux, le soir effleure Les pétales lilas du nuage eff'euillé; Sur le flanc du ravin encore ensoleillé La brise endort le flux de ses ondes légères, Et par delà les plants d'ajoncs et de fougères La courbe des coteaux violets glisse et fuit Vers un monde inconnu d'où va monter la nuit; L'heure berceuse, l'heure insaisissable et frêle Que traversent, du vol oblique de leur aile, Des couples paresseux d'hirondelles en deuil ; C'est l'heure d'abandon, sans blâme et sans orgueil

Où, lasse de penser et de juger les choses, Notre âme s'assoupit parnii les frissons roses De la terre indulgente à nos labeurs finis; L'heure émue, où les bois sont comme de grands nids Qui jettent des chansons d'amour au bord des routes; C'est l'heure d'être aimé, l'heure exquise entre toutes, L'heure où tu paraissais au détour du sentier, Tenant du bout des doigts une fleur d'églantier...

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