MINUTES
Oh, dis ! Toi que j'aimais plus que moi, se peut-il Que rien ne reste encor de ce parfum subtil Dont ta seule présence embaumait ma détresse? Toi, l'âme de mon rêve et l'unique maîtresse, Toi que je vénérais par-dessus tous les dieux. Comment ton souvenir est-il déjà si vieux Qu'il faille tant d'effort pour voir en ma pensée L'image ineffaçable et si vite effacée De celle qui me fut le monde, et qui n'est plus?
Les parfums sont fanés, les jours sont révolus!
0 mort perpétuelle, âme humaine, ô vertige, Gouffre où le papillon des minutes voltige Et secoue en passant une poudre d'azur, Rien ne survit à rien, minutes, rien n'est sûr, Sinon le vent d'oubli qui souffle et vous emmène, 0 minutes d'espoir qu'on nomme l'àme humaine!