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TOUJOURS MOURIR

A quoi bon tant trefforts, de vœux et d'espérances? 0 mon àme, à quoi bon courir vers des souffrances

Qui nous échappent malgré nous?

Tout est vain. La douleur nous fuit comme la joie : L'universelle mort s'amuse avec sa proie

Et la berce sur ses genoux.

Toujours mourir! La vie est une mort sans trêves! Nous vibrons de désirs qui passent dans nos rêves

Comme le vent dans les drapeaux; Nos désespoirs sans fin durent une minute, Et nos plus fous essors trouvent après leur chute

La douce honte du repos.

Mon âme est un cadavre errant qui suit sa route, Et chaque heure est un peu de trépas qui s'ajoute

Au cortège des trépassés :

Rien ne reste des jours les meilleurs ou les pires, Et je regrette autant mes larmes que mes rires,

Les morsures que les baisers.

Rien, rien ! Et maintenant que ma force est tranquille, Je suis le naufragé qui s'assied dans quelque île

Avec la hâte de périr.

Je suis trop las. Ma foi s'est repliée en elle : Libre de la rancœur que je crus éternelle,

Je souffre de ne plus souffrir.

Pétrifié d'ennui sur ma douleur fragile, Je regarde la tombe où j'ai mis cette argile

Que je n'ose pas emmurer...

Quand donc viendra la mort de tout, soleil livide? Comme les cieux sont nus, comme la terre est vide,

Lorsqu'on a fini de pleurer!

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