ENVOI. XIX
chien, et sur tout ce qui souflVe ; puis, ces langueurs au son d'une musique, ces malaises, ces souffrances, ces maladies : qu'est-ce donc là, sinon les revanches obscures de Tamour entravé, la promesse ignorante d'elle-même, et le corps qui fait parler l'âme?
Enfant! Ta beauté qu'on a si souvent comparée à des fleurs est scientifiquement une véritable fleur, c'est-à-dire l'attente de l'amour. Ce rayonnement de jeunesse que dégage ton corps, tout chaste qu'il soit, épanche, par sa chasteté même, une sorte de trouble religieux, sacré, comme pour attester la présence d'un dieu, et ce dieu est l'amour. Une jeune fille est un temple : Dieu est là! 11 attend la prière. Et lorsque, au printemps, les joues se rosent d'une sève plus vivante, à l'heure où sourdent en toi des besoins plus précis quoique peut-être inconscients encore , c'est la loi divine qui resplendit dans ce corps qu'elle habite. Le ver luisant brille dans les nuits d'été : c'est une vierge aussi, et sa lumière dit : « Je suis là, j'attends l'amour. » Elle brille pour inviter. Ainsi de toi, vierge, et ta beauté n'est que la lumière de ton désir.