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ENVOI. \XVI

vanité, nos ambitions d'indépendance, nos fiertés intellectnelles, et la noblesse de notre esprit. Mais en réalité nous ne sommes maîtres de rien.

Dire que nous n'avons point la liberté de ne pas aimer, cela n'amène-t-il pas à conclure que probablement nous n'avons pas davantage la liberté d'aimer à notre guise ? L'une nous eût donné l'autre, et il fallait que nous n'eussions pas la seconde afin d'être plus sûrement privés de la première.

Chaque fois que la nature se trouve intéressée à ce que telle de nos fonctions s'accomplisse avec un ordre régulier, elle juge prudent de ne rien abandonner à notre complaisance. Plus l'accomplissement de cette fonction lui est indispensable, moins nous restons libres devant elle: il est nécessaire que l'animal se nourrisse, et on lui créera un besoin impérieux de boire et de manger; mais, plus urgente est la nécessité qu'il respire, et c'est pourquoi il respirera sans l'intervention de sa volonté, conservant à peine le loisir de s'en empêcher un instant; plus urgente encore, plus fréquente et plus méthodique, la nécessité que le sang circule dans les

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