SUR UN CERCUEIL
0 toi qui fus Torgueil et la volonté forte, Apôtre de l'exil, ascète du devoir, Qui marchais sur la fange ou rhomme, sans les voir^ Et que des clairons d'or suivaient comme une escorte l
Dire que ton esprit meurt avec ta chair morte,
Et que de ta magie intense, du pouvoir
Qui créait de la vie et la faisait mouvoir
Rien ne reste, et que c'est tout cela qu'on emporte î
Sous ton crâne germait un monde, et j'ai pleure Quand j'ai vu des valets toucher ton front sacré Et prendre dans leurs bras le temple de tes rêves.
Comme un fils, j'ai pleuré sur toi, sur ton orgueil, Sur ton néant, ô maître, et sur nos splendeurs brèves, J'ai pleuré sur moi-même en touchant ton cercueil.
ROISDEL DE L'ADIEU
Partir, c'est mourir un peu, C'est mourir à ce qu'on aime :
On laisse un peu de soi-même En toute heure et dans tout lieu.
C'est toujours le deuil d'un vœu, Le dernier vers d'un poème ; Partir, c'est mourir un peu, C'est mourir à ce qu'on aime.
Et l'on part, et c'est un jeu, Et jusqu'à l'adieu suprême C'est son âme que Ton sème, Que l'on sème en chaque adieu :
Partir, c'est mourir un peu...
l'attente. . IH