‹ SeulChapitre 39 sur 145 · L'IMPOSSIBLE · texte numérisé non relu

L'IMPOSSIBLE

Quand un brouillard d'automne écrase l'eau dormante Et traîne dans la nuit sur les ravins mouillés, Je crois revivre aux soirs des baisers oubliés Par moi qui fus l'amant et toi qui fus l'amante.

Le mur gris de lichen, le fossé vert de menthe. La brèche, le grand parc et le porche à piliers, Je les revois; j'entends les deux chiens réveillés, Et le cri du crapaud lointain qui se lamente.

Puis, tu parais, craintive et frileuse, et tu viens, Je t'apaise, et tu mets des baisers dans les miens, Et la lune descend vers l'aube, et l'heure est prompte.

Beaux temps! L'espoir ouvrait les temps qu'il va fermer, Et nous avons risqué, moi la mort, toi la honte, Pour l'amour de l'amour sans pouvoir nous aimer.

l'attente. 21

Page 1