LOIN
Oh, que vous êtes loin, ma seule aimée! Il neige, Et vous êtes au loin de pays si lointains Que l'été vous bénit quand Tliiver nous assiège, Et que nos soirs mourants font naître vos matins.
Entre nous, entre ma tristesse et vos sourires, Gisent des monts, des bois, des fleuves innommés, Trente peuples, des mers couvertes de navires. Et je m'éveille à l'heure où vous vous endormez.
Vraiment, il vient des jours où laterreesttropgrande! Que suis-je, vous absente ? Où marché-je, et pourquoi ? Mon corps, veuf de mon âme, attend qu'on la lui rende, Et l'on a mis un monde entre ma vie et moi !