L ADOR\T[OX
BALLADE POL'fl LA DAME HEUREUSE
Vous passez, belle d'allégresse :
Frissons mauves et frissons roux, L'air n'est qu'une immense caresse Et l'eau jase sur les cailloux; Le vent est blond, l'amour est doux Mais la vie a bien des mystères Et sa voix prie autour de vous :
a Ayez pitié des solitaires! »
Il est des amants sans maîtresse, Et des épouses sans époux; Il est des mains que nul ne presse Et des cœurs dont nul n'est jaloux;
1i8 SEUL.
Loin d'eux-mêmes et loin de tous.
Exilés des cieux et des terres, Ils vivent seuls comme les loups :
Ayez pitié des solitaires !
Las ! Ils ignorent la tendresse
Des bras liés autour des cous;
Pour bercer leurs fronts en détresse,
Nulle sœur ne tend ses genoux.
Paix aux défunts! Bien que le pouls
Palpite encor dans leurs artères,
Ils sont morts sous leurs propres coups :
Ayez pitié des solitaires!
ENVOI
Dame heureuse, pensez aux fous!
Du haut de vos bonheurs austères Si vous baissez les yeux vers nous.
Ayez pitié des solitaires!
l'adoration. U9