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L'ABIME

L'astre d'or qui descend vers l'horizon vermeil Regarde, à l'autre bout de l'immensité ronde. La lune, l'impossible amante, la sœur blonde Qui monte en reflétant la splendeur du soleil.

Et toujours, au divin salut de chaque éveil La volonté des lois fait qu'un adieu réponde, Et toujours ils verront cet abîme d'un monde Se dérouler entre eux, calme et toujours pareil.

— Ah, quand même, après tant de jours glacés, ma flamir Saurait communiquer sa chaleur à ton âme, Jamais nos doubles vœux ne nous réuniront!

Et sans fin, sur la route obstinément suivie, L'effort de mon baiser qui se tend vers ton front Retrouvera le gouffre immanent de la vie!

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