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LE PAGE

Le petit page de la cour Aimait trop sa clame la reine.

— « Je ne dirai pas mon amour ! »

Le petit page de la cour

Riait et pleurait tour à tour :

— « Je ne veux pas qu'elle comprenne! )> Le petit page de la cour

Aimait trop sa dame la reine.

— « Il pleure ; qui donc aime-t-il ? »

— vv Doil-on nommer celle qu'on aime, (( Lorsqu'on n'a perles ni tortil? »

— <if II pleure : qui donc aime-l-il ? »

Mainte dame d'esprit subtil Se travaillait de ce problème :

— ('■ Il pleure: qui donc aime-t-il ? »

— (' Doit-on nommer celle qu'on aim.e ? »

Il faisait de belles chansons :

C'est bien triste d'aimer les reines Dont l'œil s'endort quand nous passons!

Il faisait de belles chansons Et contait son mal aux pinsons Qui le sifflaient pour ses élrennes.

11 faisait de belles chansons :

C'est bien triste d'aimer les reines î

— (( Elle est si haut, elle est si loin .' Que je peux l'aimer plus encore « Sans qu'elle en daigne prendre soin ; « Elle est si haut, elle est si loin

L ADORATION

« Que mon amour n'a pas besoin

« De se cacher pour qu'on l'ignore ;

« Elle est si haut, elle est si loin,

« Que je peux l'aimer plus encore. »

Il l'aima tant qu'il en mourut,

Et voilà l'histoire finie.

Simple comme au temps où l'on crut.

Il l'aima tant qu'il en mourut.

Le soir de fêle où reparut

Un croisé de Mauritanie.

Il l'aima tant qu'il en mourut :

Et voilà l'histoire finie.

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