‹ Severo Torelli: drame en cinq actes, en versChapitre 22 sur 75 · CTE 1, SCENE VIII · texte numérisé non relu

CTE 1, SCENE VIII

SEVERO, à Ercolt.

Le temps presse-t-il?

ERCOLE

Le roi de France accourt; Il faut que les Pisans, dans un délai fort court, Soient libres dans leurs murs, f œil à la barbacane, Pour aider les Français descendus en Toscane.

SEVERO

Ils le seront ! Le ciel s'écroule sur mon front, Si je n'insurge pas la foule. Ils le seront!

LIPPO

Mais ce peuple endormi sous un joug centenaire,

Il faut le réveiller par un coup de tonnerre;

Faisons, pour enhardir jusqu'au plus timoré,

Un acte sans retour, affreux, désespéré,

Qui le force au combat, qui lui mette aux entrailles

La rage du succès, l'effroi des représailles,

Et qui donne au bourgeois le cœur d'un vétéran...

SEVERO

Cet acte, quel est-il ?

ERCOLE

Le meurtre du tyran.

SEVERO

Je vois que vous m'avez bien compris tout à l'heure. Il faut que nous frappions cet homme, il faut qu'il meure.

Nous ne soulèverons Pise qu'en brandissant Au soleil un couteau tout rouge de son sang.

Notre devoir est là; cette tâche est la nôtre. Êtes-vous tous prêts ?

LES TROIS JEUNES GENS

Tous!

SEVERO

Frappons l'un après l'autre.

Si bien gardé qu'il soit par ses hall ebardi ers, Que ce soit moi qui tue ou vous qui poignardiez, Nous jurons de frapper d'une main ferme et sûre ?

LES TROIS JEUNES GENS

Oui... Tous!

SEVERO

De retourner l'arme dans la blessure?

LES TROIS JEUNES GENS

Oui!

SEVERO

D'égorger cet homme en quelque lieu qu'il soit, Même dans son sommeil, même sous notre toit, Même à l'autel ! — Tant pis si le prêtre en murmure ! - Nous jurons de frapper au défaut de l'armure, Dans le visage, au cou, partout où nous pourrons Enfoncer le poignard, enfin.

LES TROIS JEUNES GENS

Nous Je jurons I

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