ACTE I, SC&*i£ vin
S E V E R O , avec exaltation.
N'est-ce pas que c'est juste? Oh! n'est-ce pas, patrie, Que mon bras peut s'armer pour cette boucherie? N'est-ce pas qu'à présent, dans cette faible main, Tu mettras la vertu stoïque d'un Romain ?
N'est-ce pas qu'avec toi je suis d'intelligence? Tu le sais, j'ai vécu pour ta seule vengeance ; En moi, j'ai respecté ton justicier futur.
Et ma jeunesse est chaste et mon cœur est très pur. — N'est-ce pas que ce meurtre est bon et légitime ?
LIPPO
Mais l'honneur de frapper le premier la victime, Auquel de nous, ami, sera-t-il destiné ?
Moi, je suis le plus noble 1
ERCOLE
Et moi, je suis l'aîné t
SEVERO
Non pas, ce sera moi!... Vous l'avez dit vous-mêmes! Seul, je puis entraîner le peuple; seul, il m'aime; Et si je dois mourir en frappant l'étranger, Le peuple vous suivra bien mieux pour me venger... A moi le premier coup !
ERCOLE
C'est juste.
SEVERO
Et si je tombe, Sans tuer Spinola, je voudrais, dans ma tombe Emporter avec moi, frères, votre serment De frapper tour à tour inexorablement...
La forme ne sera jamais trop solennelle De ce serment. Je veux que mon âme éternelle, Fût-elle au paradis ou fût-elle en enfer, Sache que Barnabo mourra sous votre ferl Je veux une terrible et sainte garantie...
Jurons donc...
Un bruit de clochette se fait entendre.
Attendez!...
Fra Paolo, portant un ciboire et précédé par un enfant, pa:a*i sur le pont. -
Sur la très sainte hostie !
RENZO
Soit.