‹ Severo Torelli: drame en cinq actes, en versChapitre 25 sur 75 · GIAN-BATTISTA, DONNA PIA · texte numérisé non relu

GIAN-BATTISTA, DONNA PIA

Gian-Battista est assis dans un grand fauteuil; Donna Pia se tient

debout près de lui,

GIAN-BATTISTA

Non, j'ai fait une faute et dois m'en repentir ; Même au bras de mon fils je ne veux plus sortir, Plus revoir notre état de décadence infâme... Vois-tu, je ne suis bien qu'avec toi, chère femme, Qui partageas toujours mon deuil et ma prison... J'étais malade, eh bien...

Il lui baise la main.

Voilà ma guérison.

Dis-moi... n'est-il venu personne en mon absence ?

DONNA PIA

Si... de pauvres proscrits, qui demandaient licence De vous voir un moment.

GIAN-BATTISTA

Encor... Les malheureux!

Mais, hélas ! je n'aurais rien pu faire pour eux. Notre épargne n'était pas forte, cette année; On nous implore tant... je l'ai toute donnée. Notre trésor est vide, et c'est souvent ainsi. Pauvres gensl

DONNA PIA

Monseigneur, n'ayez aucun souci.

J'ai compris leur misère à leurs regards timides, Et pas un n'est sorti de chez vous les mains vides.

GIAN-BATTISTA

Cependant nous n'avions plus rien?

DONNA PIA

Hier, en effet, Mais non pas aujourd'hui.

GIAN-BATTISTA

Comment donc as-tu fait ?

DONNA PIA

Ne vous occupez pas de mes pauvres largesses. J'avais quelques bijoux, inutiles richesses; Car un deuil éternel par nous deux est porté. Ma parure, ai- je dit, sera la charité.

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