‹ Severo Torelli: drame en cinq actes, en versChapitre 44 sur 75 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

BARNABO.

Non, Torelli, je rends justice à ton courage. Tu risques bravement la mort sur l'échafaud.

Mais, à moi, c'est le vrai coupable qu'il me faut. Tes générosités sont par trop ingénues; Enfant, tes actions me sont toutes connues, Et tu n'es pas sorti de chez toi cette nuit.

SEVERO

Le coupable, c'est moi, te dis-je !

BARNABO, venant près de Severo et lui parlant bas.

Pas de bruit 1 Tu me hais, je le sais, comme une bête fauve. Cependant laisse-toi sauver, quand je te sauve. Je sais ce que je fais, et surtout garde-toi, Imprudent compagnon, de demander pourquoi; Garde-toi d'adresser cette question folle, Entends-tu ; car je n'ai qu'à dire une parole, Et tous les tiens et toi, — tu comprends, tous les tiens, Ton père, ce modèle entre les citoyens, Ta mère, que tu dois adorer plus encore... Je n'ai qu'un mot à dire... et je vous déshonore!

SEVERO, terrifié, à part.

Il le peut! J'oubliais l'horrible vérité!

BARNABO, à voix haute.

Severo Torelli convient qu'il s'est vanté ;

Il me suffit d'avoir confondu ce jeune homme...

Maintenant, finissons... Que l'insulteur se nomme, — Pour la dernière fois je le répète ici — Ou bien avec le sang des hommes que voici Je saurai bien laver — ayez-en l'assurance — Le grand outrage fait aux armes de Florence.

A sa suite.

En route !

Il sort avec son cortège. La foule les suit.

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