‹ Severo Torelli: drame en cinq actes, en versChapitre 5 sur 75 · RENZO RICCARDI · texte numérisé non relu

RENZO RICCARDI

Vingt ans. Au point du jour, l'échafaud fut dressé,

Et Spinola — Florence, alors, venait de mettre

Sur Pise ce féroce et redoutable maître, —

Spinola — qu'à jamais le reprenne l'enfer ! —

Monté sur son cheval et tout bardé de fer,

Était présent, gardé par ses porteurs de lance.

Il se fit un profond et lugubre silence

Lorsque les trois Pisans, col nu, les poings liés,

Apparurent en haut des affreux escaliers,

Prés de l'exécuteur appuyé sur sa hache.

L'un des trois, — j'étais là, bambino qui se cache

Dans la foule, — l'un d'eux, jeune homme de vingt ans,

Avait mis, par bravade, une fleur dans ses dents.

11 la jeta, lorsque le bourreau lui fit signe,

S'inclina du côté du peuple d'un air digne,

Tomba sur les genoux et, cruelle douleur !

Sa jeune tête alla rouler prés de la fleur.

Le deuxième, un hercule, à la face rougeaude,

Mit son front dans le sang, à la place encor chaude...

Oh ! le long hurlement qu'il fit, quand le bourreau

Ébrécha son outil sur ce cou de taureau !

Il s'y prit à trois fois pour tuer cet athlète,

Et Ton vit, quand au peuple il présenta la tête,

Que l'homme rouge avait affreusement pâli...

C'était le tour de Gian-Battista Torelli,

Du meilleur, du plus pur des citoyens de Pise.

Un murmure, pareil au souffle de la bise,

Sur le peuple assemblé longuement circula ;

Mais, soudain, l'odieux Barnabo Spinola,

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