ACTE IV, SCÈNE IV
SEVERO
Que dis-tu ?
RENZO
Je savais déjà que le despote Si vicieux qu'il soit, a l'âme très dévote, Qu'après avoir été cruel et débauché.
Il s'en va confesser humblement son péché Et qu'il croit réparer ses actes diaboliques En étant très pieux pour les saintes reliques. Mais ce que j'ignorais, c'est que le Barnabo Descendit tous les soirs dans le fameux caveau Du Dôme, où l'on peut voir, dans l'or, sous la vitrine, Le voile merveilleux de sainte Catherine.
SEVERO
Personne ne Ta vu jamais dans ce saint lieu*
RENZO
Certe, car il craint l'homme autant qu'il croit en Dieu.
Tu semblés oublier, et je te le rappelle,
Qu'un crime fut jadis commis dans la chapelle,
Et que, depuis ce temps, nul ne peut être admis
A voir le reliquaire, avant d'avoir remis
Au moine porte-clefs son épée et sa dague.
Spinola, qui s'émeut du danger le plus vague,
A l'usage pourtant s'est toujours conformé;
Mais c'est pendant la nuit, quand le Dôme est fermé,
Qu'il vient, en grand secret, dans ces lieux taciturnes.
Or, tout à l'heure, après les prières nocturnes
Qu'on chante en ce moment, il viendra. . . Sais-moi bien . . . Il remettra d'abord ses armes au gardien Et demeurera seul. Tu seras là, car, grâce A la clef que voici, dans la chapelle basse Tu pourras pénétrer. Alors, aux environs, Pendant que tu tueras l'homme, nous veillerons... Il a toujours par là quelque espion qui rôde... Lui mort, tu lui prendras au doigt son émeraude; Car tous ses ordres sont timbrés de cet anneau... Plus tard nous jetterons le cadavre à l'Ârno.
SEVERO
Le tuer... dans l'église.. • un homme sans défense !
RENZO
Ami, Fra Paolo nous absout tous d'avance.
C'est lui qui m'a donné cette clef.
SEVERO
Quoi?
RENZO
C'est lui Qui doit encor garder la chapelle aujourd'hui, Désarmer Spinola...
Le moine!