ACTE V, SCÈNE III
Oui, pourquoi donc, malgré le long passé de larmes
De ma mère et l'appel de ma chère cité,
Hésité-je, à présent, presque avec lâcheté,
A lever sur le vil tyran ma main robuste,
Quand je sens que ce meurtre est permis, qu'il est juste ?
C'est ainsi. J'imagine un moyen — ô pitié ! —
De ne faire aujourd'hui ma tâche qu'à moitié
Et, risquant mon honneur, oui, j'invente une chance
D'affranchir mon pays sans lui donner vengeance.
Ah ! c'est un médiocre et bien douteux moyen!
Mais qu'il n'hésite pas à l'accepter, ou bien
Tu finiras d'un coup nos malheurs et ses crimes,
O fidèle poignard, en faisant deux victimes!...
— Des pas?... C'est lui!
Severo se cache derrière un pilier de la chapelle.