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truction et l'apprentissage, l'exploitation précoce de l’enfant à des travaux ne nécessitant aucune formation professionnelle; la promiscuité ‘des mauvais exemples, misère matérielle, a'coolisme, la carence des mères de famille (elles travaillent).
M. Cellier, dans un très intéressant rapport au Congrès de Médscine légale de 1930, a exposé des cas de délits de nécessités èt d’imprévoyance commis par des enfants. La plupari de ces jeunes mineurs se trouvent dans une situation familiale défavorable : parents décédés, divorcés, séparés, àlcooliques. Certains d’entre eux de.bon équilibre psychique, de bonne moralité, ayant seulement été victimes de leur inexpérience, résultante de leur abandon matériel et moral, encourent plusieurs condamnations dont les dernières ne sont que la conséquence de la première. Leur casier judiciaire les fait considérer comme des récidivistes dangereux alors que leur premi?r délit est souvent véniel. 7
Le vagabondage par nécessité se rencontre dans dix pour cent des cas. Maltraités par leurs parents et surtout par un beau-père et une b:Ile-mère indignes, abandonnés ou chassés, ils sont contraints à se débrouiller seuls dans l'existence. Souvent, ils sont arrivés à vivre par leurs propres moyens, puis un jour contraints au chômage ils sont arrêtés pour vagabondage.
Le même délit mène des filles à la Roquette, il se compli-
que presque toujours de prostitution ou simplement incon-
duite sexuelle. Dans un assez grand nombre de cas, on trouve le type absolument net de Ia future prostituée avec toutes ses variantes. Mais souvent, c’est un enchaînement de circonstances défavorables qui oblige des malheureuses à cette lamentable solution. Chassées par des parents indignes où d’inhumains patrons, il leur faut gagner le nécessaire de leur misérable existsnce. Sans abri, sans ressources, elles deviennent la proie facile de la prostitution qui leur tend ses pièges en tes personnes de souteneurs ou de falacieux protecteurs, voire protectrices du « demi-monde ». D’autres fois, elles sont obligées de quiiter 12 foyer ou l’atelier à cause des propositions répugnanies d'un beau-père ou d’un patron.
Certains enfants sont vraiment de petits martyrs jusqu’à la mort, ils souffrent en silznce, ils s’éteignent et personne n’en parle plus. D’autres ont un caractère très irritable, qui n'est fait pour leur rendre service. Parfois on prend plaisir à les taquiner, pour s'amuser de leurs réactions. Cellss-là sont souvent violentes et entraînent des réprimandes qui paraissent méritées. Il en résulte un cercle vicisux où le tort est réciproque, mais les parents, ou les personnes ayant autorité sont responsables d’avoir incité l’enfant à de regrettablés méfaits. Un: éducation bien comprise, comporte nécessairement une adaptation au caractère de celui à qui elle s’applique. Beaucoup d’éducateurs, en effet, manquent de ces notions élémentaires qui sont pourtant très importantes, car sur
ces jzunes créatures, tout événement pénible laisse sa mar-
que. Chacun sait les répercussions profondes et les proportions énormes que prennent certains « refoulements » dans l'âme de ces petits êtres. La psychanalyse nous a ouvert un monde insoupçonné de petites psychopathies qui ont pour orioine des chocs affectifs anciens d’une enfance tourmentée. Chaque jour se multiplient les preuves de cette influence de la vie affective de l'enfance sur l'humeur et l’état mental des individus. ART
Depuis qu’il existe à Paris, annexé au tribunal d'enfants un service de prophylaxiz mental où sont presque systématiquement examinés tous les jeunes délinquants de moins de quinze ans, les médecins reconnaissent de plus en plus combien ils ont affaire en majorité à de véritables malades menfaux, et combien aussi parmi eux ont été dans leur jeune âge victimes de sévices ou d’une éducation mal appropriée, ce qui revient au même. Des examens psychatriques ménés dans ce sens sont d’indéniables révélations et souvent de réconfortantes guérisons, quand on a pu à bon escient profiter de ces . données analytiques. |
Des généralités précédentes, nous pouvons conclure que la plupart des sévices peuvent passer inaperçus ou échapper à toutes répressions et que seule une bonne prophylaxie pourra en diminuer le nombre. Le médecin légiste est toujours consulté à propos des sévices et son rapport a une très
grande importance dans toutes affaires de ce genre. La so-
ciété a le plus grand intérêt à protéger les enfants qui sont l’avenir du pays. C’est pourquoi tous ceux qui s'occupent d'hygiène, d’eugénie, de puériculture, de pédagogique et de l’enseignement, en général, doivent et peuvent apporter un précieux concours.