‹ Sévices envers les Enfants: Prophylaxie et ExpertiseChapitre 20 sur 26 · ENQUÊTE · texte numérisé non relu

ENQUÊTE

Les éléments de l’enquête princeps nous sont fournis le plus souvint dans le dossier par le juge d'instruction. Il faudra. l’étudier scrupuleusement, examiner toutes les pièces, analyser les témoignages de chacun. On doit toujours penser aux fausses accusations, soit de tierces personn®s, plus ou

moins intéressées, soit des enfants eux-mêmes. Les mobiles

sont variés’: c’est toute la question des lettres anonymes et lsurs auteurs, de la jalousie, de la haine, de la vengeance.

La critique des témoignages n’est pas la moindre tâche de l'expert. Là, il ne se conduira pas seulement en psychologue, mais souvent aussi en psychiâtre. Les aveux et les avis n'ont de valeur qu’en fonction de leur origine; malheureusement, le plus souvent, les policiers, les gens chargés d’enquêétes, n’en tiennent que peu de compte et nous apportent des racontars des gens les plus disposés à parler, c'est-à-dire de ceux qui se mêlent de tout et donnent des affirmations sur des faits qu’ils ignorent parfois totalement. Sachons donc t=nir compte de certains rapports tendancieux. De même pour les aveux des enfants, qui sont souvent des mythomanes”: ils jugent peu ou mal et ch:z eux l’imagination prédomine. On a vu des fillettes accuser odieusement leur père de sévices et même d’aitentats à la pudeur, sur les seules instigations ds la mère désirant son divorce.

Mais le rôle du médecin-expert n'a pas encore l’importance qu'il mérite. Il serait aussi intéressant de se transporter sur les lisux où habitent les inculpés et d'arriver à l’improviste chaqu: fois qu’il est possible (les convocations officielles comportent trop de mise en scène). On pourrait ainsi se rendre compte du milieu, du voisinage et des conditions de vie des inculpés, de la victime et des témoins. Il peut arriver aussi qu’on assiste à des scènes probantes ou qu’on retrouve des lésions toutes récentes. |

[1 faut interroger l'enfant, d’abord seul, ensuite en présence des inculpés. la plus grande perspicacité est alors de rigueur. [1 faut douc:ment gagner sa confiance. Souvent on a affaire à un timide, timoré qui préfère souffrir en silence plutôt que d’avouer. L'enfant a peut-être même été menacé antérieurement de terribles réprimandes, s’il avouait à quiconque iant soit peu de ses peines. Il faudra triompher de sa réserve. mais ne. pas lui suggérer ce qu'il avoucra. 11 serait maladroit de souffler, sans le vouloir, à un enfant, un témoignage He de toutes pièces, car ensuite, sous la pression de l'interrogation, il mentira avec une parfaite bonne foi et donnera créance à des méfails imaginaires. Il faut donc laisser venir et surtout ne rien suggérer. Ici la méthode vaut l'opérateur. Des experts spécialisés pourraient arriver à une 2xtrême habileté, une sorte de divination, d’intuition qui ne s'acquiert que par l'habitude et l'expérience.

Les renseignements ainsi recueillis sont très précieux, l'enfant pourra indiquer où se trouvent les instruments qui servent à le torturer. Il arrivera aussi qu'il racontera avec force détails les mille tortures qu’il supporte. Cependant, il

ne faudra jamais perdre de vue cette notion très importante

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