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l'imagination illogique et de la suggestibilité très grande d2s enfants. Le meilleur moyen de contrôle est la vérification des conditions matérielles des faits, surtout ceux qu’on fait entrer dans le cadre Le perversions sexuelles. car, dans ce
domaine, !’imagination des fillettes brode des récits très dé-
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veloppés qui n’ont contre éux que leur illogisme dans les détails. ÿ
Pendant l’interrogatoire, il est important d'éviter la présence de toute personne ayant autorité, car l'enfant n’osera plus parler ou même fera des aveux contraires à la réalité, terrorisé par la ‘crainte du châtiment qui pourrait lui échoir. La mère ou la marâtre disant : « Raconte tout, mon petit » a souvent un ton de pseudo-franchise auquel l’on ne saurait se méprendre. Quand on lui demande son avis sur les faits dont elle est accusée, le premier témoin qu’elle appelle est la victime, qu’elle accable sur le moment d’une sollicitude et d’une affection sans borne, dont l’enfant même semble ahuri.
Il arrive souvent qu’on ne trouve pas de preuves matérielles confirmant l’accusation, on est alors en droit de soupçonner l'enquête princeps et même devra-t-on, dans certains cas, réznquêter ultérieurement ou faire mettre en observation dans un hôpital ou un hospice les enfants, pour voir s’il se produit un changement de leur état. On notera particulièrement des variations de poids. -
Notre maître, Monsieur le Professeur agrégé Piedelièvre, a attiré particulièrement l’attention sur la relativité des sévices et surtout des manques de soins à de très jeunes enfants, selon le milieu où ils se trouvent (1). L'affaire suivante en est un exemple.
(1) Congrès de Médecine légale de 1920.
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OBSERVATION IX (due à Monsieur PIÉDELIÈVRE). — Deux jeunes enfants ont été confiés à l’Assistance Publique en raison des manques de soins dont ils auraient été les victimes.
Roger F..., âgé de vingt-trois mois, a uné taille de o m. 73 et pesait 7 kil. 300 le 10 octobre 1928, peu de jours avant son entrée à l'hôpital. Le 18 octobre, il pèse 8 kil. 100. L'examen extérieur du corps ne montrait à cette date aucune trace de violences. On remarquait seulement à la face interne de la cuisse une croûtelle superficielle correspondant peut-être à une lésion traumatique ancienne légère, sans qu'on puisse en indiquer l’origine. L'enfant n'avait pas de diarrhée, ne toussait pas. Il n'avait pas d'élévation de la température, pas de modifications de la respiration à l’auscultation. Enfin, la marche était difficile, la parole très peu développée. Il s’agissait en somme d’un enfant hypotrophique. Il est possible qu'il ait eu des soins et une nourriture insuffisants ou mal appropriés, mais rien ne permettait médicalement de l’affirmer.
Son frère Pierre F..., quatre mois, pesait à l'entrée à l'hôpital : 3 kil. 870. Au moment de notre examen, quelques jours plus tard, le 18 octobre 1929, son poids était de 3 kil. 950. Il n’avait pas de fièvre.
L'examen de ce nourrisson permettrait de se rendre compte qu’il y avait des signes de rachitisme, un chapelet costal, qu’il s'agissait en somme d'un enfant hypothrepsique. Il n’y avait pas d'augmentation de volume de la rate.
La réaction de Wassermann et la réaction de Hecht, faites depuis l'entrée à l'hôpital, avaient été légèrement positives. Selon toute vraisemblance, il s'agissait d’un petit hérédo-syphilitique, difficile à élever. Il est possible que très bien soigné, il se fut trouvé dans de meilleures conditions, mais son état actuel ne permettait pas d'indiquer médicale-
ment qu'il avait manqué de soins usuels.
D’après ces observations, on pourrait dire que ces deux
enfants étaient, par leur nature même, peu résistants, débiles. Cette débilité avait sans doute été accentuée par l'absence d’une alimentation particulière convenant à leur état, à en juger par l'amélioration depuis qu'ils étaient soignés avec les règles strictes du milieu hospitalier. Mais il est égalemeni possible que les soins reçus chez eux auraient suffi à des enfants normaux, mais restaient totalement insuffisants vu leur fragilité constitutionnelle, qui nécessitait des soins tout à fait précis et constants. Il y avait donc là une absence de soins éclairés qui n'auraient pu être donnés que dans un milieu averti.
Ainsi en présence d'enfants fragiles par leur constitution même, du fait de leur hérédité, les parents peuvent, jusqu’à un certain point, être tenus pour responsables s'ils n’ont pas, vis-à-vis de ces petits chétifs, des soins particuliers et spéciaux. Mais dans l'affaire présente, les parents vivant misérablement dans un petit logement, gens sans instruction, sans : hygiène, ne pouvaient traiter comme il convient, par leurs propres moyens, un cachectique de 23 mois ni un syphilitique de 4 mois.
En interrogeant l'enfant, il faudra s’enquérir de son genre de vie, de ses jeux (il peut s’y être fait mal), de la fréquence des sévices, leur date, leur ancienneté, les prétextes d'intervention. |
Il faut aussi connaître l’êtat d'esprit des témoins, presque
toujours des femmes. Si l’une d’elles commence à s ’apitoyer,
les autres renchérissent. On doit aussi connaître les conditions psychiques de la famille, savoir s’il y a entente dans le ménage, s’il est régulier, si c’est un remariage.. La question de privation ou d'insuffisance de nourriture est difficile à résoudre quand il s’agit de très jeunes enfants. Les causes de dénutrition étant multiples, il faudra interroger très incidieusement la mère ou la nourrice pour être fixé sur la sincérité de leurs aveux disculpateurs. On adoptera la même méthode
d'investigation pour tous les sévices.