‹ SévilleChapitre 2 sur 18 · LIBRAIRIE RENOUARD, H. LAURENS, EDITEUR · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE RENOUARD, H. LAURENS, EDITEUR

6, RUE DE TOUEMON, 6

Au milieu d'une vaste plaine, sur la rivc.ifauchi' du jaune Guadalquivîr s'élève Séville, la reine de TAndalousie. la seule cité de la « Ticrra de iMaria Santisima >■ qui au lieu d'être devenue comme Cordoue et Grenade le cimetière d'une civilisation depuis longtemps défunte, continue de vivre d'une vie vraiment active. Séville ne fournit pas seulement au voyageur l'occasion d'étudier les monuments de différentes époques d'art disparues. C'est encore l'endroit où l'on peut le mieux entendre battre le cœur du peuple andalou. Tant s'en faut néanmoins que la ville occupe aujourd'hui le rang qu'elle avait atteint d'abord sous le Califat maure et ensuite sous la domination christiano-arabe de Pierre le Cruel. La Séville actuelle est aussi éloignée de sa superbe apogée des XVI' et XVII" siècles, quand Luis de Vargas, Pedro Campana, Zurbaran, ValdesLealet Murillo décoraient de leurs œuvres les églises, les monastères et les palais, que l'est la Florence contemporaine de l'ancienne résidence des Médicis. Mais tandis que Cordoue et Grenade ont constamment décliné depuis la conquête chrétienne. Séviie au contraire, grâce ii sa situation naturelle au centre d'une contrée fertile et au bord d'un grand fleuve navigable qui la met en relation directe avec l'Océan et le pays d'outremer, a su garder une certaine importance et l'on peut dire que pour une ville méridionale elle est encore douée d'activité et de mouvement. Même

• S^D^ÏCSfE

au point de vue de l'art espagnol contemporain, Séville occupe une des premières places et les Sévillans (iarcia y Ramos, Bilbao, Jimenez Aranda, Sanchez Perrier, etc., comptent à Theure actuelle parmi les plus remarquables artistes de la péninsule.

C'est à leur aptitude naturelle pour tout établissement commercial, industriel et agricole que ces parages doivent leur colonisation ancienne et préhistorique. Mais quand on traverse aujourd'hui cette contrée en chemin de fer et qu'on descend le (iuadalquivir de Cordoue à Séville, l'impression que l'on en reçoit n'est pas excellente. Le fleuve jaune arrose une région plate d'où ne surgissent que rarement des collines peu élevées. De temps à autre un donjon solitaire regarde d'un de ces .sommets la plaine immense qu'il était autrefois chargé de défendre. Aujourd'hui la tour est abandonnée et la campagne se développe déserte, .sans hommes. IClle était auparavant dosée d'une vie intense, d'une foule de villages florissants et peuplés. Les roues élévatoires tournaient infatigablement pour monter l'eau l)ienfaisante du fleuve jusqu'aux canaux subdivisés en d'innombrables bras à travers le pays La plaine andalouse ressemblait alors un peu au delta du Xil (jui, grâce à un système d'irrigation excellemment réglé, est encore à 1 heure actuelle un jardin éternellement vert et dune fertilité sans égale en fruits et en récoltes. Maintenant cette vaste province au sol de laquelle il ne manque que de l'eau pour produire, comme à l'origine, une intense végétation et nourrir des millions de travailleurs, ne sert en grande partie que de pâturage aux taureaux des corridas. De rares villages y sont dispersés, (,'à et là une maison passée à la chaux tranche sur un verger: puis la plaine continue à se dérouler vide et chauve. Il n'existe d'arbres que dans le voisinage immédiat des habitations et l'on ne rencontre de champs cultivés (ju'en contact avec les cours de quelques hameaux clairsemés.

Aussi cette plaine du CiuadaUjuivir qui pourrait être encore de nos jours le j)aradis que nous décrivent les conteurs arabes du Moyen Age, nous cause-t-elle une sensation triste et déprimante. Beaucoup de voyageurs mettent la désolation de cette contrée au seul compte du fanatisme des conquérants chrétiens dont la main brutale aurait anéanti toute l'œuvre des Infidèles. Ces fanatiques se sont au contraire bien gardés de tuer la poule aux œufs d'or. ll> évitèrent soigneusement de dévaster les jardins et les champs des indigènes et de détruire les canalisations. Au cours de la guerre, les cultures lurent forcément ravagées et les établissements ruinés. Mais une fois le pays subjugué, l'intérêt même des vainqueurs exigeait qu'ils conservassent intactes les roues élévatoires et

les rijToles et qu'ils encourageassent la culture des terres et des vergers. Au lendemain de la conquête, la campagne fut tout simplement retirée aux Arabes et partagée entre les nouveaux venus, (tétait <i'ailleurs unicoutume courante au Moyen Age : les Xnrniands se tailliTont des parts dans le solde l'Angleterre et les Anglais en usèrent |)Ui-s Mnl de même avec l'Irlande vaincue.

On comprend qu'au lendemain du partage le iii''>^ir de-, elin'tiens fut de ramener les revenus du pays à leur pré<éd('nt niveau Ils durent à cet effet garder avec soin tous les ouvrages d'irrigation et tous los autres

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marque en Andalousie une baisse généralo ei niénir nu reiiil <iu bienêtre, c'est à la divi-ion des liiens ijuil t'aiu ^eii prendre. I,es Arabes auxquels on enlevait ainsi meulile-. ut inmieuliles uav.inl plu- aucune raison de demeurer dans une contrée gouvernée par ee> emiqnérants qui n'avaient pas leur croyance. ]>référèrent gagner les régiojis avoisinantes restées aux mains de leurs coreligionnaires, l'ne forte émigration commença alors, et le nombre des nouveau.^ arrivés en Andalousie n'était pas de bien loin assez considérable pour combler ce déficit. Kn outre los paysans arabes demeurés fidèles à leur foyer et devenus fermiers et serfs de petits propriétaires fonciers ne se sentaient nullement engagés à cultiver avec soin et avec amour les jardins et les champs qui ne leur appartenaient plus en propre. Hntîn un autre motif vint s'ajouter aux précédents, où les conquérants n'ont rien à voir et qui a peut-être plus contribué au dépeuplement de l'Andalousie que les spoliations chrétiennes : c'est la découverte de l'Amérique qui fut accomplie avec des vaisseaux et des équipages andalous et qui fit affluer de préférence en Andalousie

les richesses d'outre-mer. Les flottes d'or du Pérou et du Mexique accostaient les quais de Séville. Cortez et Pizarre étaient originaires des environs de la ville. Colomb y vivait avec sa famille. Presque tous les conquistadores étaient Andalous.

Le fabuleux métal Que Cipant^fo mûrit dans sos mines lointaines,

exerçait sur la population des villes et des villages d'Andalousie un irrésistible attrait, et si de grandes parties de cette province, couvertes auparavant d'une superbe végétation, sont aujourd'hui tombées au rang de déserts sans hommes, broutés par les seuls taureaux, la faute en est aux conquêtes espagnoles de l'Amérique méridionale et centrale. L'Andalousie et l'Espagne doivent leur ruine moins au fanatisme religieux qu'à la colonisation. Les branches ont tiré toute la sève du tronc et peu s'en faut qu'elles l'aient complètement desséché.

De toutes les cités andalouses qui, au temps de la domination arabe, portaient le flambeau de la science et de l'art, Séville est la seule qui depuis l'expulsion des Maures tienne encore un certain rang et où une civilisation fleurisse même aujourd'hui sur les ruines de son ancienne splendeur. A Cordoue il était aisé de s'en tenir aux ouvrages musulmans puisque après l'importation du Christianisme on s'est contenté d'y raccommoder ou d'y défigurer les monuments sans rien créer de neuf et qu'on y rencontre pas d'œuvres notables d'origine chrétienne. Mais il n'en est pas de même à Séville où la plupart des édifices que nous visiterons furent élevés sous la domination chrétienne, quoique l'esprit des Arabes influençât encore très vivementles architectes et les constructions, comme on s'en peut convaincre à l'Alcazar, à la Casa de Pilatos et dans bien d'autres bâtiments particuliers.

A Séville nous sommes en présence de monuments artistiques de différentes races et de différents âges : les Phéniciens, les Romains, les Wisigoths, les Arabes et enfin les Chrétiens de Castille y ont successivement régné. Chacune de ces périodes ont donné leurs œuvres mais, à vrai dire, il n'y a que celles des Arabes et des Chrétiens qui soient réellement remarquables. Les Romains avaient bien ici un établissement considérable, mais les nombreuses inscriptions lapidaires et funéraires que l'on conserve au Musée de Séville, l'aqueduc romain qui remplit encore aujourd'hui son office, les ruines de Tamphithéâtre d'Italica, enfin les belles statues antiques delà Casa de Pilatos ne sauraient nous retenir longtemps, car on trouve en Italie et en Provence des œuvres romaines

beaucoup plus grandioses et à ce point connues du ])ublii: K-Uré qu'une description des vestiges romains de Sévilli' serait fastidieuse. C'est en 45 avant J.-C. que les Romains s'emparèrent <le la ville. Sous leur empire le christianisme prit une grande extension et les saintes Justa et MIT:" Kufina, dont nous rt-m-ontrons '^l':

fréquemment les images en nous promenant par la citr, furent martyrist'cs à cette cpnque, Kn 401), les X'aniiales conquirent l'Kspagiii-- Tri'nlc ,ins après ce fut le tour .ics Wi-igoths, et pendant un siccl<' r{ demi Sévillc fut la capitale ilc leur royaume, lin ,si>7. leur mi I.eoviyild transiwrta --a ré>i deiiceà Tolède; mais les lier-

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■enl pa capitale. Cordoue qui eut c-ctufaveur domina liiciitot sa rivale et la réduisit au rang de ville de province. Ce ne fut qu'après la chute des I )mmiade,s que .Sèville eut une importance propre, 'l'oulefois le splendide renom qu'avait acquis t'ordoue dans le Califat rejaillissait sur

sa voisine. Le célèbre (.ierbêrt qui occupa le siège pontifical sous le nom de Sylvestre II étudia, dit-on, à l'école publique de Se ville que Hakem II avait du probablement fonder dans la seconde moitié du X' siècle. La civilisation arabe était alors adoptée avec empressement même par les

intinUL- lit Ciiro

11 Jt Pil.itc.

Chrétiens de l'Andalousie et l'un des plus grands savants andalous du X' siècle, l'évêque Juan de Séville, écrivit en langue arabe ses commentaires sur la Bible. A la mort mystérieuse d'Hichem, le calife légitime, .Mahomet Heni Alla surgit soudain à Séville, fit passer un individu i|iielconque pour llichem et gouverna la cité et la province au nom de ce pseudo-calife. Dés quil se sentit asse;^ solide il mit décote le soi-disant iliclicm et se ronféra immédialement le titre do roi de Séville.

Avcr lui débute l;i <iynastie des Abbassides dont la cour brilla d'un tel érlat i]ue Ips écrivain-i anibes, n'hésitent pasà l'égalera celle de leurs

hom<.invnH'> di' lîagdad. I.i- successeur df Mahomet. Al .Motaniid, sous lequel la \ille devint le centre des beuux-arls et le foyer des poètes et des savants, n'était pas seulement un prolecteur des arts de la paix mais aussi un puissant guerrier éffalemcnt redouté de tnus ses ennemis, soit chrétiens, soit arabes Son fils .Motamid II suivit ses traces et atteignit même une grande réputation comme poète, i.a fille de .Moiamid II, la belle Zaîda. qu'ont copieusement célébrée les chroniques espagnoles, épousa le roi chrétien Alfonse VI, le conquérant de Tolède. Mais cela n'empêcha pas les prinres ainsi alliés de se faire la guerre, el quand l'événement faillit tourner contre les Maures, le roi de .Séville appela les .Klmuravides à son aille. Ceux-ci accoururent d'Afrique en forces considérables et détirent en lu^'f- le roi chrétien dans l'armée duquel combattaient le- deux héros nationaux de 1 Kspagne. Alvar Fane/ et Rodrigo de

Vivar. l'illustre Cid. Après leur victoire les Almoravides retournèrent dans leur patrie, mais peu dannées après ils revinrent en Andalousie, cette fois non plus comme auxiliaires mais lomme ennemis de .Motamid.

Ils vaintiuirent l'armée sévillane, envoyèrent en Afrique le rot et tous les siens chargés de chaînes, et fondèrent en Andalousie une seconde dynastie (|ui comme la précédente eut une courte durée. Kn 1146 commence le rèffne des Almohades qui avaient battu les Almoravides d'abord en Afrique et ])lus tard en Espagne. A la bataille de las Xavasde Tolosa.

8 IXTRODUCTIOX

Alphonse VIII triompha du roi de Séville. La cilé demeura néanmoins encore trente-six ans au pouvoir des Arabes, jusqu'à ce qu'elle fut conquise par saint Ferdinand III.

Prescjue tous les édifices maures de Séville dont les restes nous aient été conservés furent élevés sous les Almohades. Séville était bien redevable au Califat d'une mosquée qui rivalisait en splendeur et en éUMidue avec^ sa ^ii;ant(*s(iue émule de Cordoue, mais ce monument fut incendié lors d'une incursion des Normands qui avaient remonté sur leurs vaisseaux le cours du (îuadalc[uivir. Une partie des murailles avaient dû probablement rester debout ; on les utilisa pour la nouvelle construction. Les Almohades apportèrent (juelques changements à l'art hispano-mauresque du Califat. Leur style est moins grandiose et moins puissant, leur ornementation présente moins de réminiscences byzantines, le décor d(»vient ])lus ])igarré, plus divers et ])lus somptueux et l'on y rencontre çà et là des fautes de goût. Il reste encore de la mosciuét; principale des Almohades quelques arcs et quelques murailles dans la Cour des Orangers et surtout un gigantesque minaret, devenu la(iirjilda. D'ailleurs on trouve des traces d'architecture arabe sur la plupart des vieilles églises de la ville qui étaient originairement des mosquées et nous décrirons plus loin, avec d'autres encore, ces vestiges maurescjues de Séville.

A Séville, comme en général dans toute l'Andalousie l'art arabe ne fut pas écrasé ])ar le style chrétien immédiatement après la conquête. Tout au contraire, le célèbre Alcazar de Séville, dont les cours et les salles peuvent lutter en splendeur orientale avec les plus belles de l'Alhambra, fut édifié sous la domination chrétienne et ce n'est que le plus petit nombre de ses pièces (jui date de la période musulmane. Les premiers rois chrétiens de Séville étaient fort éloignés du fanatisme religieux qui devait animer deux siè<^les et demi plus tard les conquérants de Grenade. Ils étaient même par leur genn» de vie plutôt des sultans orientaux que des princes d'Occident. Ils avaient un harem, rendaient publiquement la justice ainsi que leurs prédécesseurs, visitaient déguisés comme Ilaroun Al Raschid, les habitants de la ville, construisaient des palais dans le style mauresque, entretenaient les meilleures relations avec leurs voisins mahométans et parlaient aussi couramment l'arabe que le castillan. D'ailleurs, un phénomène identique se produisit à la même époque en Sicile où les Normands d'al)ord et ensuite les Hohenstaufen s'orientalisèrent presque complètement. De même que dans la grande île italienne, un style original se dégagea de l'amalgame du gothique normand avec

l'art arabe, slylc dont les plus beaux exemplaires sont la calhédralc de .Monreale et la chapelle du palais de Palerme, de même à Séville ce style particulier qu'on nomme « mudejar » sortit de l'alliage de l'arabe avec le gothique et le Renaissance, style que nous rencontrons à l'AIcazar, à la Casa de l'ilatos et dans beaucoup d'autres édifices. J.e plus bizarre de ces princes à moitié orientaux est le roi Pierre qui se nommait lui-même « le Justicier », et que ses ennemis appelaient " le Cruel ".

C'est ce souverain, dont le fantôme rode dans mille iégeniles ^è^ illanes, qui tit construire la plus grande partie de l'AIcazar arabe.

Les Cil retiens commencèrent dès le lendemain de la conquèti' à transformer l'intérieur et l'cxiérieur des mosquées pour en faire des églises catholiques, mais, dans les deux jiremicrs siècles di- la domination chrétienne à Séville.

on n'éleva pas un seul édifice de caractère purement chr(''tien. L'influence arabe prévaut jiartout; la robuste cathéilrale yothiquo ^ardc

elle-même la marcjue de s(m ori- |.^; .n,; 1^. |

gine musulmane : h' phm carré de

l'ancienne mosquée auiiuel on s'effonr de linniu-r iiU<'-rieu d'une croix en faisant des ni'fs plus hir i,rcs qui s'entrcco truction de ce temple grandiose fut pour l'art sévillan nouvel épanouissement, car de près et même de loin, d'Allemagne, de P'iandre et de Hollande, îles architectes, des sculpteurs et des verriers accoururent offrir leurs services au chapitre de la cathédrale, I,a sculpture espagnole si peu connue à l'étranger comptedansla cathédrale de Séville quelques-uns de ses plus notables chefs-d'œuvre. D'une part tous les artistes de la grande école sévillane des XVI° et XVII' siècles y sont représentés, et d'autre part la Virgen de la Antigua nous ramène aux commencements de la peinture chrétienne en Andalousie. La découverte de l'Amérique et l'exploitation des mines d'or, dont les trésors arrivaient dans toute l'Espagne mais surtout à Séville qui était à cette époque un port

■emenl la forme i])eiit, La consl'uccasion d'un

lo INTRODUCTION

très important, fournirent à beaucoup de familles Toccasion de s*enrichir. (Quelques-unes à l'exemple des princes italiens de la Renaissance favorisèrent et encouragèrent les arts et les sciences. Séville devint alors un foyer de Tart pictural où se rencontrèrent au XVT siècle, Pieter de Kempeneer (Pedro Campana; , Pedro Fernandez de Guadelupe, AlejoFernandez, Luis de Vargas, Pedro de Villegas Marmolejo, Pablo de Cespedes ; et au XVI r siècle Francisco Pacheco, Juan de las Roëlas, Agustin et Juan de Castillo, les différonls Ilerreras, Francisco de Zurbaran, Alonso Cano» Diego de Silva Vclasquez qui ne passa sans doute que sa jeunesse à Séville et y i)n)duisit peu, Valdes l.eal, Pedro de Moya, Bartolomé Esteban Murillo Cette même période voyait fleurir le sculpteur Miguel Florentino, l'auteur des remarquables sculptures de la cathédrale de Séville, Torrigiani, l'irascible rival tU* -^\iclu'l-Ange, duquel le cloître de Buenavista posséda une exr(»ll(»nt(' statut» de saint Jérôme, et nombre d'autres artistes moins marquants dont nous rencontrerons les oeuvres dans les églises de la ville.

L'architecture n'est pas moins brillante à cette époque. Après l'achèvement de la cathédrale elle trouve son (*mploi en de nombreuses églises, dans l'Hôtel de Vill(\ la Bourse, l'i lôpiial de la Caridad, la Bibliothèque Colombine, le Palais Archiépiscopal (*t bcaucou]) d'autres édifices publics qui nous offn^nt soit h*s formes agréables du style platcresqut* de la Renaissance, soit l(\s lignes tortillées de ce siyh» bizarn» ([u'on appelle u churrigueresfjue »du nom de son inventeur Churriguera. Au Wlil* siècle, quand l'art andalou avait depuis longtemps disparu, on construisit la Fabrique de tabac qui ressemble à un palais, t»t le château de San Telmo. Le XIX'' siècle, en dépit des prétentions de 1 âge moderne n*a pas notablement enrichi les trésors artistiques de Séville. D'une façon générale il faut jilutôt déplorer cpie louer hvs n*staurations contemporaines exécutées à la cathédrale et à TAlcazar. Les nouvelles arènes, la gare et le pont du (îuadalquivir n'ont pas la moindre ])rétention artistique, et les meilleures créations des j>eintres et des sculpteurs modernes de Séville ne sortent guère de la moyenne. Xous avons tracé notre itinéraire à travers les richesses artistitjues de la ville, non point d'après la situation toi)ographique des édifices et des œuvres d'art, mais d'après leur date et le caractère de leur style. Nous commencerons donc par les monuments des Romains et des Wisigoths. nous passerons ensuite à ceux des Arabes et nous finirons par les œuvres chrétiennes postérieures au Xlll siècle.

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