‹ SextinesChapitre 10 sur 21 · L ILE DE · texte numérisé non relu

L ILE DE

Piliers, balcons à jour, capricieux travail, Qu'ils cachent au regard des peuplades bannies. Heureux encor qui peut ouïr leurs harmonies !

Mais, malheur à celui qui, de ces harmonies Ayant senti l'attrait, aux festons du corail Amuse trop ses yeux, car ses rames bannies. Que d'un soufHe jaloux repoussent les Génies, S'arrêteront soudain, et l'impuissant travail De ces ondes à peine aura rayé l'émail.

Parfois , quand le soleil frappe en plein sur l'émail Des feuillages touffus et peuplés d'harmonies Qui bordent cet asile, aux nageurs en travail Une embrasure d'or fait voir que ce corail, Si riche et si fleuri, du trjsor des Génies N'est rien que le rebut, les parcelles bannies.

Pauvres nefs qui du port êtes aussi bannies. Regagnez le rivage. Un moins splendide émail Y revêt les jardins ; mais de moins fiers Génies Les gardent. Sur la terre il est des harmonies. Il est des fruits de miel et des fleurs de corail Dont la conquête encor vaut des jours de travail.

48 SEXTINEIV.

Un soir, sur les flots verts qu'a vaincus son travail, Un chevalier, vêtu d'armes d'oîi sont bannies Toutes vaines couleurs, arrive; du corail Il franchit les brisants ; le soleil, sur l'émail De son blason, flamboie et l'île d'harmonies Redouble : il touche enfin au palais des Génies.

Leur Reine, lui tendant sa bouche de corail, Dans ce séjour d'où sont toutes peines bannies, A de ses jeunes ans couronné le travail.

SEXTINE V.

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