LAMOUR PHENIX
De myrrhe et d'alocs il s'est fait un trésor. Il dresse son bûcher sous le regard austère D'un soleil que jamais le nuage n'altère.
Le prodige n'a pas de témoin qui l'altère.
La flamme vient du ciel ; la brise en vient encor ;
La victime y retourne. En cette épreuve austère
Elle va dépouiller l'empreinte de la terre.
Désormais elle sait où chercher son trésor
Et quel souffle puissant soutiendra son essor.
Ainsi doit s'accomplir l'orbe de votre essor,
O vous qui, pour combler l'ardeur qui vous altère
D'un éternel amour réclamez le trésor.
Dans le gouffre pourquoi vous replonger encor r
Aux futiles moissons que vous promet la terre
Pourriez-vous asservir votre espérance austère?
De vos fiers devanciers suivez l'exemple austère. Si plus d'un a laissé, pour guider votre essor, Un lumineux sillon au-dessus de la terre, Craignez que de l'esprit le regard ne s'altère. Que votre âme n'abdique, ou ne se trouve encor Indigne d'aspirer au sublime trésor.
SEXTINE V]
S'il le faut, pour gagner un semblable trésor, Laissez tremper vos fronts dans cette neige austère Dont les abords du mont se cuirassent encor. Aux pointes des rochers suspendant votre essor, Que l'onde des torrents seule vous désaltère. Ce qu'il faut, avant tout, c'est l'oubli de la terre.
Car la terre est stérile, et le plus beau trésor
Qu'elle ait encor promis à la pensée austère
N'est qu'un bruit dont bientôt doit s'altérer l'essor.
SEXTINE VII.