L HIVER FINAL
Le voici venu, l'âpre et froid hiver!
Son char cahotant, qu'entoure une escorte
De corbeaux hagards, fait gémir Téther.
Il est, Vérité, ton ministre amer.
Il disperse, au vent sombre qu'il apporte.
Des illusions la frêle cohorte.
Avec elle ont fui, jumelle cohorte, Ces oiseaux chanteurs qu'effare l'hiver.
Ramiers, rossignols qu'avril nous apporte
EXTINE IX.
Et que l'espérance avait pour escorte.
Silence à leurs voix sous ce ciel amer ! Une plainte obscure envahit Féther.
Cherche, ô Poésie, un plus pur cther; Élève ton vol, laisse la cohorte De ces printaniers au regret amer, A l'effroi de voir triompher l'hiver.
Je ne t'avais pas gardé leur escorte Jusqu'à ces leçons que le temps m'apporte.
Même aux Jours riants, leur essaim n'apporte A qui veut atteindre au sublime éther Qu'un douteux secours, qu'une vaine escorte. Bien mieux qu'une si volage cohorte Le délaissement d'un précoce hiver Aide pour tenter ce voyage amer.
Ah ! certe, on a droit de le dire amer. Redoutable effort ! parfois il apporte.
Franchissant l'espace oiî se meut l'hiver. Un éclat superbe au sein de l'éther; Mais souvent quelle ombre et quelle cohorte De noirs grondements jusqu'au bout l'escorte!
Pire que l'outrage et que toute escorte Cruelle ou moqueuse est le doute amer.
Vox in deserto! cri que la cohorte De ses pensers même au lutteur apporte Et qui des hauteurs du céleste éther Le rejette en proie au terrestre hiver !
Plus d'hiver ! avec sa lugubre escorte L'éther qui Fexile au néant amer Apporte au triomphe une autre cohorte.
SEXTINE X.