‹ Seyyèd Ali Mohammed, dit le BâbChapitre 19 sur 56 · TT · texte numérisé non relu

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On a trop souvent dit que le Qorân est un livre universel, dans lequel les musulmans trouvent réunies toutes les lois nécessaires à la bonne marche et à Ïa juste administration d’une société humaine. Cette formule, séduisante surtout par le succès qu'elle avait obtenu, ne résiste pas à un examen un peu attentif, à une connaissance un peu pratique, tant de l'histoire que des mœurs de l'islam.

S'il est vrai que la religion sortie des lèvres du Christ et recueillie par ses apôtres ait eu cependant besoin pour s’affermir, — pour devenir catholique, pour éclaircir bien des points de détail d'une importance capitale, pour marcher d'accord avec les progrès de l'esprit humain, pour poser les bases de ces dogmes qui sont devenus la condition sine qua non de l'existence de la foi, — de réunir une infinité de conciles chargés de trancher les questions embarrassantes d’où souvent dépendait la vie même de la chrétienté, — il est beaucoup plus vrai encore que la religion musulmane, enfermée dans les bornes du Qorân, est loin d'être parfaite ou même suffisante et de présenter dans son

texte l'ampleur et le développement nécessaires pour

répondre à tous les besoins et prévenir toutes les demandes.

Comme toute œuvre humaine, le Livre par excellence a oublié bien des détails, a laissé dans l'ombre bien des questions, s’est trouvé obscur en bien des points. Mohammed ne laissa pas après lui un clergé hiérarchisé; il n y eut donc pas comme chez nous des évêques, des cardinaux, des papes, une échelle ascendante de savoirs et de dévouements. On ne put avoir recours à ces Intelligences d'élite, on ne put les rassembler en un même lieu pour leur soumettre les difficultés du moment, on ne put demander aide à ces assises solennelles qui ont si souvent assuré la paix du monde chrétien.

Le Qorân a, en principe, deux sens: un ‘apparent,

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D mp — A er SL LE 4 ; J : oi r = is .u nu 7 — a 1” Fres = ° = .

celui que le vulgaire ou le croyant strictement orthodoxe peut comprendre à la lecture des mots assemblés qui forment une phrase, et un sens intime que peuvent seules pénétrer les intelligences supérieures.

Ke peuvent comprendre les versets que Dieu seul et celui qui est doué d’une science solide (57). Et encore.,ce sens intime peut-il présenter une infinité de significations : 70.000, dit-on, pour exprimer qu'elles sont en grand nombre. D'ailleurs, le Prophète lui-même a dit :

Quand je prononce un mot, je songe auæ soixante-dix significations qu'il possède(58).

Or, si l'on veut bien se pénétrer dela conception musulmane d’après laquelle le Qorân est la parole de Dieu lui-même, on saisira aussitôt toutes les conséquences qui découlent d’une façon immédiate de cette affirmation.

Parole de Dieu, le Qorân est une émanation directe de Sa Sagesse et de Sa Science ; il se confond avec elles, il est elles. Or, Dieu n'est ni plus savant, ni moins sage à un moment de son existence plutôt qu à un autre et le Temps n'existe pas pour lui. Il en découle que Sa Sagesse et Sa Science sont coëternelles avec Lui, et par suite que le Qorân a existé de toute éternité; seule, sa manifestation, ou plutôt sa publication, a été localisée dans le l'em ps. Étant la science de Dieu, il contient toutes les sciences, il les embrasse dans leur ensemble, il en est la synthèse. Aussi, faut-il les posséder toutes pour le comprendre.

Logiquement, une pareille conception eût dû conduire les adeptes de l'islam dans la grande voie des découvertes scientifiques ; ils eussent dû chercher, les uns dans les sciences mathématiques, les autres dans les sciences naturelles, physiques et médicales, d'autres

(57) — Qorän : 3, 5.

(58) — Hadis.

encore dans la chimie ou l'astronomie, les secrets qui nous sont encore cachés, quittes à s apercevoir après, soit que le Qorân s'est trompé, soit, ce qui eût été plus facile, qu'ils s'étaient trompés dans | interprétation qu ils en donnaient.

Mais, les cerveaux asiatiques ne sont pas faits comme les nôtres : avant tout, ils ont voulu percerles mystères divins, ils ont torturé les textes, martyrisé les mots, et manquant même des éléments de ce que nous appelons les sciences, ils sont arrivés aux résultats les plus étranges et les plus imprévus.

Il est vrai que les termes mêmes employés dans le Qorân indiquent bien que Mohammed partageait les idées de son siècle dans les diverses branches des connaissances humaines : telle découverte nouvelle d'une loi astronomique, jusque-là insoupçonnée, eût pu Jeter à bas l'édifice de la cosmogonie goranique, maïs c était précisément à ce moment qu il s agissait de faire concorder la science humaineavec la science divine.,etune interprétation habile fût vite venue à bout de ce problème. N'a-t-on pas expliqué, — avec beaucoup de raison, — les sept jours de la création du monde, par les diverses périodes qu'a dû traverser le système solaire avant l'apparition de l’homme sur la surface de notre globe ? La chose eût-elle été impossible pour le Qorân ? La preuve que cela eût été au contraire très aisé est que la Perse, obligée enfin de reconnaitre l'immense progrès scientifique de l'Europe, tente des explications plus ou moins heureuses, et se convaine petit à petit que les chemins de fer, par exemple, ou les bateaux à vapeur ont été prédits par Mohammed.

Les Persans sont donc allés à l'encontre de ce qu'ils devaient faire, arrêtés qu'ils étaient par un respect superstitieux de la lettre. Ils se sont d'ailleurs rapidement convaincus qu Hippocrate, Avicenne, etc. etc., avaient dit le dernier mot de la science : ils admirent leurs principes et leurs idées comme inéluctables et

c'est ainsi qu'ils ont élevé l'édifice qui nous stupéfie aujourd hui. J'ignore s1 les œuvres des savants dont je viens d'écrire les noms ont été bien traduites en persan; jen puis douter cependant, puisqu un molld, orné du titre ronflant de Zoù ‘r-Riâsètèin, me parlant des prodiges de la nature, me disait: Aippocrate écrit que le lièvre est une année mâle, une année femelle.

Et comme je lui conseillais de prendre un lièvre vivant, de il enfermer dans une cage, de le nourrir, et de constater par lui-même la vérité ou l'erreur de cette allégation, il parut fort surpris qu on püt douter d'une chose qu il avait lue dans un livre.

Jene pense pas qu'Hippocrate ait jamais hasardé une pareille affirmation, mais il se peut que mon mollä l'ait lue en marge d'un de ses ouvrages ou dans un commentaire.

Un autre, partisan sans s'en douter dela doctrine de la génération spontanée, m'affirmait qu une brique cuite abandonnée dans une cave humide se transiormalt en souris. Comme j eus l'air d’en douter, il m'assura que (( je ne sais plus qui » avait pu le constater par lui-même, ayant trouvé dans sa cave une brique dont la moitié déjà s'était transformée en cet animal. Sans plus répondre, je pris devant lui une brique, la portai dans un coin de ma cave, et le priai désormais, Chaque fois qu'il me rendrait visite, d'aller voir si la transformation s'opérait. De ce qu'il retrouva la brique toujours brique, je ne jurerai pas qu'il fut convaincu de l'impossibilité d'une pareille transformation, c'eût été une solution trop simple pour un Persan; elle n'eut pas lieu, simplement parce que j étais .un chien de chrétien et que les mauvaises influences émanant de mon impiété pouvaient intervenir fâcheusement dans l'œuvre de Dieu.

Je ne voudrais pas qu'on crût ici à une plaisanterie ; ce que je rapporte est, si j'ose m'exprimer ainsi, la photographie exacte de l'état mental d’une infinité de

Persans. Je pourrais, si je ne craignais de fatiguer le lecteur, citer des milliers d'exemples de ce genre (59).

Qu il nous suffise de dire que le premier de mes interlocuteurs est un philosophe, un théologien fort versé dans la jurisprudence; le second est un médecin.

Voilà donc les sciences qu'on applique à l'interprétation ésotérique du texte sacré ; je laisse à penser comme on les applique, et encore n ai-je parlé ici que de ce que l’on nomme ‘“‘ les sciences exactes ”. Si peu le soient-elles, en Perse, elles n'en sont pas moins l'embryon de la science; mais que dire de la cryptographie, de l'astrologie, de la talismanique et autres inventions de ce genre? En vertu des calculs de l'abdjèd, on change les lettres d’un mot, on remplace dans une phrase des mots entiers par d'autres, quand on ne modifie pas la phrase elle-même ; des volumes ont été écrits sur l'explication des lettres isolées de certaines sourates du Qorân qui devient dès lors une immense énigme dont on s'acharne de tous les côtés à Ia fois à chercher la solution.

Et quel guide a-t-on pour se conduire dans ce la byrinthe dont les voies se heurtentetse contournent éternellement sur elles-mêmes? L'imagination seule, accompagnée de la subtilité la plus raffinée, a son libre cours, modifiée par les tempéraments de ceux qui se livrent à ces études. Qui dira les discussions passionnées, les luttes, les guerres intestines, les flots de sang répandus pour démontrer que cette phrase de Mohammed : Sus-je autre chose qu’un homme comme vous (60) ? prouve de la façon la plus nette et la plus

(59) — Au surplus, les Persans ne vont pas si loin que les Européens; ils croient tous à la génération spontanée, et, si par hasard un Européen assiste à une de leurs conversations à ce sujet et leur soumet une objection, ils lèvent dédaigneusement les épaules en disant : Croyes-cous que Dieu ne soit pas asses puissant pour créer ce qu'il ceut f

(60) — Qorân, 48, 110; 44,5. — Lee pe Gt ke JS —

formelle que Mohammed n'est précisément pas un homme comme nous! Le byzantinisme le plus outré na jamais rien produit qui approchât de cette subtilité maladive.

Dès lors, des divergences d'opinion se produisirent qui ne furent pointarrêtées par une autorité supérieure ; il se forma un nombre de plus en plus considérable d'interprétations du texte sacré qui valurent surtout par les individus qui les présentaient. Un moll&, dont la vie austère, les mœurs pures, la pensée désintéressée étaient un exemple de toutes les vertus, réunissait autour de lui un certain nombre de disciples qui acceptaient avec d'autant plus d'ardeur ses explications que son caractère lui avait attiré un plus grand renom. Lui mort, un de ses disciples prenait la direction de l'Ecole. Les choses ne se passent pas autrement aujourd'hui; de là, le nombre inouï de sectes diverses et les conclusions si différentes et quelquefois si inattendues auxquelles elles sont arrivées en travaillant sur la même base.

Maïs, le Qorân n'est pas la seule matière à controverses et le seul objet des discussions de l'Islam. Aussi haut placé que lui dans la vénération des fidèles, aussi divin et aussi sacré se trouve le recueil des « hadis ». Et nous touchons' ici au second aspect de la question, à la grande Gt véritable cause de la désunion qui sépare les chiites des sonnites et qui empêchera, jusqu'à la consommation des Slècles, la réconciliation des deux grandes sectes rivales.

C'est au chapitre suivant que nous examinerons ce que sont ces kadi$ ; nous ne nous occupons en ce moment que des droits d“Ali à la succession temporelle du Prophète. D'après les chi‘ites, ces droits dérivent d'abord du Qorân et ensuite du choix que Mohammed aurait fait lui-même de son cousin pour lui succéder. Cherchant à rendre compte de la pensée persane, il est bien évident que j'écris cette histoire suivant les

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idées des chi‘ites, sans me préoccuper le moins du monde de la critique historique (61).

Voici donc quelques-uns des versets que Dieu fit descendre du Ciel dans le Qorân au sujet d''AIf, ce qui veut dire : voici comment Dieu a affermi la prééminence d'‘Ali sur les autres musulmans.

Nos amis sont : Dieu et son apôtre, et ceux qui croient, qui s'acquittent avec exactitude de la prière, qui font l'aumône et s'inclinent devant Dieu (Qorân, S. 5, v. 60).

Voici dans quelle circonstance ce verset fut révélé : Un jour, Mohammed priait dans la mosquée et ses compagnons l’imitaient. Un mendiant parcourait les rangs des fidèles en demandant l’aumône. Personne ne lui avait donné jusqu'au moment où il arriva prés d'Al, ce dernier priait et était arrivé à l'instant où l’on s'incline devant Dieu; il détacha la bague quil portait à sa main bénie et la jeta au mendiant.

Dans la sourate 5, au verset 71, 1l est dit :

O Prophète! fais connaître tout ce qui est descendu sur toi de la part de ton Seigneur, car si tu ne le fais pas, tu ne les pas acquitté de ton message. Dieu te mettra à l'abri des

violences des homines; il n’est pas le guide des infidèles.

Ce verset est descendu dans les conditions sui-

vautes : Mohammed, revenant du pélerinage d'adieu,

s'arrêta à la station de y Ghadir ; 1l y fit la prière

de midi, et se tournant vers ses compagnons, leur dit : On m'appelle là-haut et je vais mourir. Sachez que

(61) — Je traduis d’ailleurs purement et simplement le 4:,)

ni\&l Zinèt èl-Mèdjälés, qui est ce que j'ai trouvé de plus bre sur ce sujet. |

je vous laisse deux grandes choses, dont l’une est plus importante que l’autre : ce sont les versets du Qorân et les gens de ma famulle. Voyez et réfléchissez comment, après mOt,vOouS agirez avec eux et Comment vous les conserverez. Ces deux choses seront jointes ensemble indissolublement jusqu’au jour où elles vien-

dront me rejoindre au bassin du ; S Koou$èr (62). Tant

qu'elles seront parmi vous, vous ne pourres bOUS égarer.

(62) — Les fleuves du paradis prennent leur source dans le Firdous, au centre de ce séjour, parmi des montagnes de muse, au pied du Lotus de la imite. Ils coulent sur un sable d’or ou d'argent.

Les sunnites disent que l'eau du ss KoouSèr (— excellent)

est plus blanche que le lait, plus douce que le miel. Le cours feeuve est de 3,000 années de marche sur une largeur de cent années. Îl est peuplé de jeunes vierges. Il longe le château de Mahomet, devantlequel on voit quatre poteaux indicateurs surmontés d'écriteaux portant les inscriptions suivantes :

1° — Aboû Békr, échanson des gens obétssants et véridiques ; & — ‘Ormnar, échanson des martyrs et des gens vertueux ;

3° — ‘OSmdn, échanson des pauvres et des personnes rési-

gnées ;

4— "Alt, échanson des guerriers auœiliaires de Dieu, qui

ont combattu les infidèles.

Des aiguières, aussi nombreuses que les étoiles du ciel, sont rangées le long du Æoousèr, Des dômes et des coupoles de rubis et de corail s'élèvent sur ses rives, peuplées d'oiseaux au Cou de chameau. ‘‘ Ami de Dieu, dit l’un de ces êtres ailés. iu tes promené dans les prairies situées au-dessous du trône

de Dieu; tu as bu à la source du Tasnim (ce nom de

Tasnim est mentionné dans le Qorân : S. 83, v.27}. goûte maintenant de ma chair ”.

Le croyant finit par céder à la tentation, l'oiseau tombe aussitôt à ses pieds, sous la forme d’une multitude de mets exquis. Le repas terminé, les os se rejoignent et l'oiseau reprend son vol à travers l’espace (ALRIC : Le paradis de Mahomel, in-18, Paris, Flammarion, p. 52).

nn

Le Prophète ajouta :

Dieu est mon ami, et mot je suis l'ami de tous les croyants.

Alors, il prit la main d"“Ali et l'éleva si haut que É les pieds de ce dernier touchèrent les genoux du Pro- | phète qui s'écria :

Quiconque me considère comme son ami est l'ami | d'Al. O mon Dieu ! aime quiconque l'aime et déteste quiconque est son ennemi; biens en aide à quiconque l'aidera et abaisse quiconque voudra l'abaisser.

Les auteurs des deux livres intitulés Rébi° oul-F'bràr et A‘alam oul- Vèrä racontent ce même fait de la ma: nière suivante :

« Quand le Sèyyéd du monde arriva à el xx Gha-

dir Khomm(63),il descendit de sa monture et ordonna | de déblayer un endroit sous les arbres. Puis, il y fit | apporter tous les bâts des chameaux qu'on amoncela |}

en un tas, I] fit signe à un 5 ;+ mo'èszin qui annonça la prière à haute voix. La foule se réunit et le Prophète monta sur les bâts. Sur son ordre, ‘Al y monta aussi et se tint à sa droite. Le Prophète remercia alors Dieu de ses bienfaits et donna aux hommes les conseils suivants :

Voilà que je vais mourir, parce que le Très-Haut m'appelle, mais rl est encore trop tôt pour que je vous quitte. Je vous laisse deux choses qui, st vous vous y attachez constamment, vous maintiendront dans la vote droite: le-Laivre de Dieu et ma famulle. L'une et l'autre sont liées indissolublement jusqu'au jour où elles viendront me rejoindre au lac du Koouëèr.

Puis il ajouta :

Le Prophète n'est-il pas plus proche des croyants que ne le sont leurs âmes? (Qorän, S. 33, v. 6.)

(63) — Ghadir Khomm est le nom d'un étang situé entre la Mèkke et Médine (JACUT's geogrophisches wôrterbuch, voi. 4, p. 776).

— Out, à Prophète, répondit la foule.

Il reprit : St je suis plus proche de vous que votre âme même, “Al est aussi plus proche de vous que votre âme même; celu dont je suis l'ami, “AU est aussi son ami. O mon Dieu, aime qui l'aime, et déteste qui le déteste; viens en aide à quiconque l'aidera, affaibus quiconque voudra l'affaiblir !

Il descendit alors et se rendit dans sa tente en disant à ‘Ali d'aller s'asseoir dans là sienne. — Il ordonna aux fidèles d aller féliciter ‘Ali dans sa tente, et quand ceux-ci eurent fini, les mères des croyants, sur l’ordre du Prophète, allèrent aussi lui porter leurs félicitations.

Parmi les croyants présents se trouvait Omar {èbn Khatthâb) qui lui dit : Bravo, à fils d'Aboü Thälèb, car {u es devenu mon Seigneur et le Sergneur des croyants des deux sexes.

Un autre historien rapporte qu'un jour Mohammed ordonna aux Arabes de se choisir chacun un frère. Il unit par les liens de la fraternité ‘Omar et Aboû Bëkr,

‘Abd our-Rahman {ëbn £ ‘Aouf) avec ‘OSmân et

continua ainsi pour tous les mohädjèr (64). Alors ‘Ali baissa la tête et se leva pour partir. Mohammed lui demanda où il allait. ‘Ali lui répondit:

Pour chaque mohädjèr, tu as choisi un frère et voilà que tu n'as même pas prononcé mon nom.

: — Je t'ai laissé en dernier, répliqua le Prophète, pour te nommer mon frère. Et c'est Gabriel qui l'a ainsi ordonné. Viens, ‘Ali, faisons pacte de fraternité, afin que désormais, en fait et en vérité, nous soyons deux frères.

[ dit aussi à ‘Ali : Tot, tu es pour mot comme

(64) — Mohädièr les — émigré, compagnon de fuite de Mohammèd de la Mèkke à Médine.

Aaron pour Moise, mais, (après mot) il n'y aura pas de prophète (65).

Parmi les autres versets du Qorân relatifs à “Ali, on peut citer les suivants : |

(Les justes) ont accompli leurs vœux et ont craint le jour dont les calamitès s'étendront au loin (Qorân, ‘76, 7). |

1ls ont distribué à cause de lut (Dieu) de la nourriture au pauvre, à l’orphelin et au captif (Qorân, 76, 8).

Quelle que soit l'aumône que vous ferez, quel que soit le vœu que vous formerez, Dieu les connaiira. Les méchants n'auront aucune assistance. Faitesvous l’aumôêône au grand jour? c’est louable; læ faites-vqus secrétement et secoures-vous les pauvres? cela vous sera encore plus méritotre. Une telle conduite fera effacer vos péchés. Dieu est instruit de ce que LOUS faites (Qorân, 2, 273).

O croyants! obétissez à Dieu, obéisses à l'apôtre et à ceux d'entre vous qui exercent l'autorité. Portez vos difjérends devant Dieu et devant l’apôtre, si vous croyez en Dieu et au jour dernier. C'est Le meilleur moyen. de terminer vos contestations (Qorân, 4%, 62). |

À ce sujet, Dyäbèr (èbn Yèzid) èl-Djou‘fi, èl- Kofi (66) rapporte qu'il a entendu ceci de Dydbèr (èbn ‘Abd Oullâh, èbn ‘Amr) (67) ansärt, quand descendit le verset :

(65) — Les Bâbt traduisent ainsi ce passage : « O “AÏ, toi tu es pour moi comme Aaron pour Moïse, mais, après moi, tu ne seras pas prophète.»

IBN ÉL-ATHIR, Chronicon, édit. Tornberg : vol 43, p, 201. lig. 9 du bas; vol. 3, p. 330; vol. 5, p. 268.

(67) — 5 5 Cyr all de Cr y \æ IBN ÈL-ATHIR, Chronicon, édit. Tornberg, vol. 43, p. «01, lg. 13; voi. 2, pp. 35, 41, 403 : vol. 3, p. 322, 395. |

O croyants ! obéissez à Dieu, obéissez à l'apôtre de Dieu et à ceux d'entre vous qui exercent l'autorité (68).

Je demandai au Prophète : («Quels sont ceux d'entrenous qui exercent l'autorité et au sujet desquels Dieu dit : Obéissez à moi et à eux? )»

Mohammed lui dit :

Ce sont mes khalifes après mot, Ô Djäbèr (èbn ‘Abd Oulläh)1 Ce seront eux les quides qui montreront la route. Le premier d'entre eux est ‘Al (èbn Abou Thälèb); après lui, Hasan, puis Hoséïin, puis ‘Al (èbn Hoséin); après lu, Mohammed (èbn°A&), et celu-crest

connu dans la Tourat sous le nom de :\ Bâgher.lIlest

trop tôt pour que tu lui rendes tes services (69). Quand tu le verras, salue-le de ma part. Son successeur sera Sâdeg Djafèr (èbn Mohammed). Après lui viendra Mousa (èbn Djafèr), puis ‘Al (èbn Mousa), pus Mohammed (èbn Al). Après lui : ‘Al (èbn Mohammed ),et ensuite Hasan(èbn Ali), Askèri. Puis viendra

mon homonyme , je »Ÿ] 4 all > Hoddjèt Oulläh fi

d-arz (la preuve de Dieu sur la terre), le très pur parmi les purs, Mohammed (èbn Hasan) ‘Askèri(70).

douzième imâm est celui à qui Dieu donnera la victoire du levant au couchant, et c'est lui qui sera caché parnu

(68) — Qorân....

(69) — C'est-à-dire: Tu seras encore vivant quand il régnera.…

mort en (70} — Les douze imâm sont donc : A. H.

1. — SAÏi (êbn Abt Thâlèb), le gendre du Prophète us. 40 à. — Hasan {èbn ‘AÏf)........ eee secs 50:

3. — Hoséïin (èëbn ‘Ali).................,,4..,.,....... 61. 4, — ‘Aït {b. Hoséin}), surnommé Zéin èl-<Abedin....... 94 9. — Mohammed {b. Alt}, connu sous le nom âe Bégher 113 6. — Dja‘fèr és-Sädeg (b. Mohammed}).........,,....... 148 7. — Mousa (b. Dja‘fèr) Käsèm..... ss seesessousss 133. 8. — CAJi [b. Mousa) Rés... esse ere 202 9, — Mohammed (b. ‘Ali}, surnommé Djèvéd et èt-Téqt. 220: 10. — ‘Aït {b. Mohammed}, surnommé Hädi et èn-Nègt.. 254

ses sectateurs et ses saints. Pendant quil sera caché, personne ne crorra à son règne, st ce n'est les prioilégtés à qui Dieu aura mis sa for dans le cœur.

Je demandai alors, continua Djäbér, au Prophète si pendant que ce douzième imâm serait ainsi caché, il serait utile à ses sectateurs :

Certes, me répondit l'apôtre, j'en jure par Celui qui ma fait son prophète. Ses fidèles seront resplendissants de sa lumière, et son règne caché leur sera aussi profitable que le soleil aux autres hommes.

Trois autres versets également descendus du ciel pour ‘Alf, sont les suivanis :

Ceux qui feront l'aumône le jour ou la nuit, en secret ou en public, en recevront la récompense de Dieu. La crainte ne descendra point sur eux, et us ne seront point affaigès (Qoràn. 2. 275).

Et les premiers seront les premiers (Qorän, 56, 10).

Ceux-ci [les premiers] seront les plus rapprochés

de Dieu (Qorän, 56, 11).

Au sujet de ces derniers versets, l’auteur du Æèchf oul-Qoumméh dit qu 'Ébn ‘Abbâs demanda : « Quels sont ceux-là ? » et Mohammed répéta à trois reprises : ‘Ali, Fâthimèh et leurs deux jils. |

Oumm Selméh raconte ce qui suit : Le Prophète était un jour assis au milieu de nous quand Fâthimèh entra. L'apôtre lui demanda :

— (( Où sont “Al et ses deux fils? »

— ( À la maison », répondit-elle.

— ( Eh bien, va leur dire de venir auprès de mot. )»

Fâthimèh alla les chercher et revint avec eux.

11. — Hasan (b. ‘Alt) ‘Askèri............,..,............ 260 12. — Hoddjët Oulläh Mohammed (b. Hasan) “Askèri . (Montésèr), disparu vers 860 et surnommé aussi : Imdm él-Mahdi..:..........,....,........,, ... 260 [(HUGHES, Dictionary of islam, p. 573, col. 2.]

Quand Mohammed les vit arriver, il se leva et les couvrit tous les quatre de son vêtement de nuit, puis il pria en ces termes :

« © mon Dieu! celle-ex est ma fille, et ce sont là Les créatures que je préfère entre les créatures; éloigne d'elles les impuretés, garde-les pures, à mon Dieu!»

Alors, du haut des cieux, Dieu fit descendre ce verset :

Restez tranquilles dans vos maisons, n'affectes pas le luxe des temps passés de l'ignorance; observes les heures de la prière ; faites l’aumône; obéissez à Dieu et à son apôtre. Dieu ne veut qu'éloigner l’abomination de vous tous, de sa famille, et vous assurer'une puretè parfaite (Qorän, 33, 31).

Le verset suivant est aussi descendu pour ‘Ali:

Tel autre s’est vendu lui-même pour faire une action agréable à Dieu (Qorân, 2, 2038).

Et voici en quelles circonstances : Les infidèles voulaient tuer Mohammed. L'apôtre s'enfuit de la Mêkke après avoir fait coucher ‘Ali à sa place, dans son propre lit, afin que les infidèles crussent quil était resté chez lui. Ce fut au milieu de la nuit que Mohammed sortit de la ville et alla se réfugier dans la grotte de Sor(71) (ghär bè-Sor), où il se cacha. Aboû Djéhèl,

(1) — ; r — 907, grotte ou caverne du mont Sor (Thour),

situé à trois milles au midi de la Mèkke du côté opposé à, Yathrèb (Médine). C'est là que Mohammed, fuyant la Mèkke, vint tout d’abord se réfugier avec Aboû Bèkr. Ce fut là la pre- Mière étape de sa fuite.

Consulter :

, TAUSSIN DE PERCEVAL, Histoire des Arabes, vol. 8, p. 1 et 13.

TaBARI, Chronique, traduct. Zotenberg vol. 2, p. 450. : En ÈL-ATHIR, Chronicon, édit. To:nberg, vol. 2, p. &l, ig. 2.

ABOU “LFÈDA, Vie de Mohammed, traduit par Noël des Vergers, p. 34.

Aboû Lahab, Aboû Sofyän (72) et d'autres mécréants vinrent à sa maison, en brisèrent la porte et pênétrèrent dans les chambres. “Ali se leva du lit et s’avança vers eux. Ils lui demandèrent :

— Où est Mohammed ?

DELAPORTE, Vie de Mahomet.

GRANDE ENCYCLOPÉDIE, à l'article : Mohammed, vol. 23, p. 1174.

GRANDE ENCYCLOPÉDIE, aux articles: Coran, vol. 42, p. 923. — — — Alt, vol. 2, p. 205.

Hucçxes, Dictionary of islam, article : Muhammad, p. 367. IRviING, (Washington), Vie de Mahomet, pp.155, 134. Koran (le —), traduction de Kasimirski, édition Charpentier, préface, notice biographique de ä4 p.

- LAMAIRESSE ET DUJARRIC, Vie de Mahomet, tirée du ‘ Roouzèt os-Sèfa ” de Mirkhond.

MicHauD, Biographie universelle, à l'article : Mahomet, vol. 26, p. 85. | Micxaup, Biographie universelle, à l'article : Al, vol. 4, p. 466.

MIRKHOND, The Rausat-us-Safa, part 2, vol. 1 et &. REINAUD, Notice sur Mahomet.

SÉDILLOT, Histotre des Arabes, p. 49, de l'édition in-12.

(72) — Brel CY pes v Àes- #| — Aboù Djèhèl {(èbn

Hèëchâm, ébn èl-Moghirè). Consulter :

IBN EL-ATHIR, Cr'onicon, vol. 43, p. 215, lig. 16. TaBari, Chronique, vol. &, p. 583, col. &. CAUSSIN DE PERCEVAL, Hist. des Arabes, vol.3,p.537,col. 2. AROU ‘LFÈDA, Vie de Mohammed, pp. 1, 18, 39, 109.

— JU de CY Gal Ac LA #l — Aboû

Lahab ‘Abd oul-‘Ozza (ëbn ‘Abd èl- Motthälèb) était l'oncle du Prophète et un de ses plus implacables ennemis. Djèlàl eddin rapporte qu'un jour où Mahomet, appelant son oncle à l'Islamisme, menaçait ses auditeurs de la vengeance céleste, Aboû Lahab se leva et lui dit : « Malheur à toi! est-ce ainsi que tu nous appelles à ta doctrine ? » Ce fut à cette occasion, ajoute Djèlàl eddiîn, que descendit la 111° sourate entièrement dirigée contre Aboû Lahab et sa femme Omm Djèmil [tiré de ABOÛ ‘LFÉDA, Vie ce Mohammed, trad. Noël des Vergers, p. 110, note 37].

— Vous devez le savoir mieux que moi, puisque: vous avez couru après lui toute la nuit (73).

Les commentateurs expliquent de la façon suivante: pourquoi ce verset :

Celui qui à cru sera-t-il comme celui qui s'est horé au péché ? seront-ils éqaux l'un et l'autre? (Qorân, 32, 18).

est descendu pour “Ali.

Un jour, pour une raison quelconque, une querelle séleva entre ce dernier et Vèlid (èbn ‘Agabè, èbn Abî Moghirè}, le non-musulman. Vélid lui dit :

— ‘Tais-toi, car tu n'es qu'un enfant; ma langue est plus acérée que la tienne et ma lance plus aiguë que celle que tu portes.

— C'est à toi de te taire, répliqua ‘Ali, car tunes qu'un méchant.

C'est pour approuver ‘AIî que Dieu révéla ce verset 32, 18.

Le verset suivant concerne aussi ‘Ali:

St vous revenez à Dieu (si vous vous repentez),

car vos cœurs (à vous, Hafséh es Aïchèh),ont gauclhi,

Dieu vous pardonnera; mais, si vous vous joignes

toutes deux contre le Prophète, sachez que Dieu

est son patron, que Gabriel, que tout homme juste

14) parmi les croyants et les anges, lui prêteront

assistance (Qorân, 66, 4).

Il est prouvé de plusieurs façons que Mohammed,

Quand il prononça ce verset, indiqua “Ali et lui dit :

C'est par toi que trouvent leur route ceux qui se dirigent vers Dieu après moi. |

Mohammed rappelait ainsi le verset sacré suivant ::

IBN ÈL-ATHIR. Chronicon, vol. 48, p. 525, Lig. 5 du bas. TaBani, Chronique, vol. 4, p. 584, col. 1; vol. 2, pp. 402, 405, 419, 437, 488, 515.

CAUSSIN DE PERCEVAL, Hist. des Arabes, vol. 3, p. 538, col. 1.

(73) — ‘Ali aurait ainsi risqué sa vie pour le Prophète.

(74) — L'homme juste est ‘Ali.

Chaque peuple a eu un envoyé chargé de le diriger. (Qorân, 13, 8.)

Voilà donc quels sont les titres incontestables d'‘Ali, titres si incontestables que je ne puis m empêcher de rapporter ici une anecdote personnelle qui montre, sous un jour amusant, la crédulité persane :

Un vieux médecin vint me voir un jour, la figure rayonnante de joie : &« Bonne nouvelle! s’écria-t-il en » entrant. Je sais de bonne source que le sultan de » Constantinople, ayant appris que chaque année de » nombreux pèlerins persans se rendaient aux Lieux » Saints (75), voulut en connaître la raison. On la lui

(75) — Kèrbèlâ, Kâzèmèïn, etc., célèbres pèlerinages chi‘ites aux tombes des descendants d'‘Ali.

M Kérbèld, nom de lieu dans l’‘Iräq ‘arab, célèbre par la

bataille où fut tué Hoséïn, fils d’‘Ali, le 10 moharrèm de A. H, 61 {= 10 oct. 650). C'est surtout pour les Persans et pour les chi‘ites un lieu saint et le but de leurs pèlerinages.

Cette ville est située à 90 kilomètres $S. S. ©. de Bagdäd, à quelque distance de la rive droite de l’Euphrate.

Kèrbèlà, qui contient le tombeau de Hoséïn et la mosquée de Hasan.,est après la Mèkke un des sanctuaires les plus vénérés des musulmans chi‘ites. Ainsi que dans sa voisine Nèdjèf ou Méèchhèd “Ali, les fidèles qui y vivent sont préservés de l'enfer et beaucoup de Persans chiites demandent en mourant que leurs restes y soient déposés; aussi, les cadavres y sont-ils constamment amenés de Perse et de tous les lieux du monde chiite, même de Bombay, par les bateaux à vapeur anglais; Kèrbèlä est transformée ainsi en une grande nécropole, des plus dangereuses pour la salubrité publique; la peste, lorsqu'elle est importée du Kurdistân, y a toujours un de ses foyers d'expansion. Au centre, se trouve le cimetière, les maisons mêmes servent de tombeaux et la terre qu’on en retire se débite en gâteaux talismaniques pour les pèlerins. L'industrie principale des habitants, parmi lesquels on compte quelques milliers d'Hindous, consiste à inhurner les cadavres: les vivants se trouvent ainsi en contact continuel avec les morts, surtout au mois de février, quand les pèlerins viennent gémir sur le meurtre de Hoséïn, pour se rendre ensuite dans l’autre ville sainte de Nèdjèf, où se trouve la mosquée de ‘Alt.

» dit, et 1l réclama alors une explication détaillée des y événements des premiers temps de l'islam. Quand » on la lui eut impartialement fournie, il s écria :

— Mais alors, ‘Ali est le véritable successeur du » Prophète.

— Sans doute, répondirent les ‘olèmä sonnites, en » faisant la grimace, mais 1l est inutile de le dire.

— Taisez-vous, chiens! intervint le sultan, je me ) fais chiite, et j entends que vous le deveniez.

— Enfin, s'écriait mon médecin, nous sommes les maîtres du monde! »

Malheureusement pour les chi‘ites, une évidence pourtant si impérieuse ne frappa pas tous les yeux, même au moment de la mort de Mohammed, où pourtant tous devaient se souvenir des paroles de l'apôtre.

Ensuite, Aboû Bèkr fut élu khalife, puis ‘Omar. ‘Omar mourut des suites de la blessure que lui fit Aboû Loulou, cavalier de Moghîrè (èbn Chou’bè) (76).

(VIVIEN DE SAINT-MARTIN : Déction., au mot Kèrbèla, vol. 3, p. 89). |

LS Käsémein. Petite ville à l’ouest de Bagdäd, ainsi

nommée parce qu'elle renferme le tombeau de Zmädm Mousa (ébn Dja‘fèr) 8l-Kâzèm, le 7° imâm, ainsi que celui de son petit-fils Zmäém Mohammed (ëèbn ‘Alt) èt-Tèqi, le 9° imâm. Lieu Célèbre de pèlerinage pour les Persans.

Au lieu de dire Käézèm vè Tèqt, on dit Käsèmèin (= les deux Käzèmi.[ Voir: Moshèt èl-Qoloûb et Zinèt èl-Mèdjälés à l’article Bagdäd : Mèchhèd Käsèméin]. |

Lorsqu'il s'agit de deux objets ou de deux personnes qui ont beaucoup de rapport ensemble et qui sont bien connues, on prend le nom de l’un d'eux que l’on met au duel pour les représenter tous deux. |

* d (6) — AS Cent Ne SJ) sl ELracnrr: Geschichte der islamischen Reiche, édit. Ahlwardt, Gotha, 1860, p. 113: lig. 14; édit. Derenbourg, Paris, 1895, p. 134, lig. 3. — IBXN ÊL-ATHÎIR, Chronicon, édit. Tornberg, vol. 43, p. 582. lig. 17, Vol. 3, p. 38, lig. 3. — Tapart, Chronique, traduct. Zotenberg, vol. 3, p. 528. |

Pendant qu'il agonisait sur son lit de mort, ses compagnons discutèrent autour de lui sur le choix de son successeur. Omar déclara que six personnages étaient seuls dignes de ces fonctions : &« mais chacune de ces « six personnes, dit-il, a un défaut qui m'empêche de « fixer mon choix.

« Le 1er est ‘Ali, mais il a une envie trop avide d'être khalife, et c’est pour cela que je ne le choisis {C pas.

« Le 2e est O$mân (èbn‘Affân}, mais il aime trop ses « parents et il les préférerait aux autres musulmans.

« Le 3% est ‘Abd our-Rahman (èbn ‘Aouf}), mais il « est le Qâroûn (77), de notre nation. .

+ ne |

ne

(77) — sl Qroûn, c'est le Coré de la Bible. Les musuk

mans le font cousin germain de Moïse. Ce dernier, voyani son parent pauvre, lui enseigna la chimie, par le moyen de laquelle il acquit de si grandes richesses, qu'il lui fallait quarante chameaux pour porter son or et son argent. 1l y en à même qui prétendent qu’il avait plusieurs chameaux chargés seulement des clefs de ses coffres-forts. Moïse ayant ordonné aux Israélites de payer la dîime de tous leurs biens, Qâroun refusa d’obéir, se souleva même contre son bienfaiteur, et répandit contre lui plusieurs calomnies (d’après Bèïdaouï), qui allaient lui faire perdre toute son autorité parmi le peuple. Moïse s’en plaignit à Dieu, et Dieu lui permit de punir Qâroun de la manière qu'il jugerait à propos. 11 lui donna donc sa malédiction, et ordonna à la terre de s’entr'ouvrir et de l’engloutir, ce qui fut exécuté sur-le-champ.

Une autre tradition des musulmans est que Qâroûn, voyant abîmer sous terre ses trésors, puis sa tente, ensuite Sa famille, et enfin se voyant déjà lui-même jusqu'aux genoux dans la terre, demanda quatre fois pardon à Moïse, qui ne se laissa pas fléchir. Dieu apparut quelque temps après à ce propliële et lui dit: « Vous n'avez pas voulu accorder à Qâroun Ce » pardon qu'il vous à demandé quatre fois; s’il se fût adressé » à moi une seule fois, je ne le lui aurais pas refusé ». (NOEL. Dictionnaire de la Fable, p.296, au mot CARUN); — voir auss!: Hucxes Dictionary of islam, p. 281 au mot KoRaH; — il est cité dans le Qorân aux passages suivants: 29, 38, 39; 40, 2; 78, 76-82; — et par D'HERBELOT, Bibliothèque orientale, édit. en 4 vol., vol. 4, p. 512 au mot CARUN.

« Le 4 est Thalhè, mais il est trop orgueilleux.

« Le 56 est Zobéïr (èbn ‘Avvâäm}), mais il est d’un mauvais naturel :

« Et le 6° est Sa’ad (èbn Abî Vaqqäs) (78).

« Il faut donc que ces six personnages se réunissent « après ma mort et décident du choix de celui qui doit « me succéder. Si cinq d'entre eux tombent d'accord « sur un nom et que le sixième refuse de s’incliner, il « devra être mis à mort. 51 quatre d'entre eux sont « d'accord et que les deux autres refusent d'agréer le « choix ainsi fait, qu'ils soient exécutés. Mais si les « avis sont partagés par moitié, il faudra accepter le « candidat du groupe dont fera partie Abd our- « Rahman.)»

Puis il chargea A boû Thalhè, anséri, avec 50 de ses hommes, de tenir la main à ce que ces six personnages procédassent dans le plus bref délai possible à l'élection du nouveau khalife.

Dès qu'‘Omar eut été enterré (79), Abo Thalhé

(:8) — Voici, écrits en arabe, les noms de ces six personnages :

de Ce ll el — À ie QC} CLÉ — T } LL Tr 5 à .

goal © a — * D Cy Æ LE — 0 pbs à CH ms — (Voir ELFACHRI, édit. Ahlwardt, p. 118, lig. 6; édit. Der'enbourg, p. 134, lig. 44).

(19) — ‘Omar meurt le 86 zi 'l-héddièh de A. H. 23 [— 3 nov.

644], — Voir JARRETT, History of the caliphs, p. 551 — Ip EL-ATHIR, CAronicon, édit. Tornberg, tome 3, p. 38, lig. 18.

réunit les six électeurs (5342 Lil (ashab èch.

-choura) dans sa maison (80). Chacun y fit son propre éloge. Alors, ‘Abd our-Rahman leur proposa de confier l'élection à trois d’entre eux. Zobéïr déclara qu'il chargeait Ali de son vote, Thalhé choisit ‘O$mân et ‘Abd our-Rahman fut délégué par Sa‘ad (èëbn Abî Vaqaäs). Aussitôt ‘Abd our-Rahman fit connaître qu’il retirait sa Candidature ainsi que celle de Sa‘ad, et s'adressant à “Ali et à ‘OSmân, il leur dit :

— S1 vous y consentez, moi seul je donnerai la déci- SION.

— Soit, dit ‘Alf, mais à la condition que tu ne suivras pas ton propre penchant et que tu te laisseras guider uniquement par la justice.

— C'est ainsi que j'agirai, répliqua ‘Abd our- Rahman; mais promettez-moi tous deux de vous soumettre à ma décision. »

Les deux candidats le promirent.

Le quatrième jour après la mort d"“Omar (81), le matin, tous se rendirent à la mosquée. ‘Abd our- Rahman s'adressant au peuple cria : « O hommes, qui de nous est digne d’être notre khalife ? »

‘Ammäâr (èbn Yâcçèr) (82) l’interpella et lui dit : « Si ») tu veux que dans l'islam il n'y ait pas de schisme, si » tu veux que l'esprit de notre Prophète soit content. » nomme ‘Ali, qui est l’imâm élevé et noble d’entre ) les hommes. »

(80} — Voir au sujet du conseil d'élection d'Osmân : TABARI, traduction Zotenberg, vol. 3, p. 550 et suiv.

(81) — C'est-à-dire le 1°** moharrèm de A. H. 24 [— 7 nov.

ee) — 5 OLA à, mb Cr le —

[BN ÈL-ATHÎR, Chrontcon, édit. lornberg, vol. 2,.p. 50.

TaBarî, Chronique, traduct. Zotenberg, vol. #, p. 590, col. 1. CAUSSIN DE PERCEVAL, Histoire des Arabes, vol. 4, p. 388. SUYUTT, History of the caliphs, traduct. Jarrett, p.162 et suiv.

Aboû Zèrr èl-Ghifäri(83), Migdäd (ëbn Asvèd, èbn ‘Amr) èl-Kèndi (84) et d’autres grands personnages: approuvèrent ces paroles; mais ‘Abd Oullâh (èbn Sa‘ad, èbn Abî Sarh}(85}), qui était le frère de lait d’'OSfmän, — celui-là même qui avait autrefois renié l'islamisme et dont le Prophète avait autorisé le meurtre à la Mékke après cette apostasie, — s écria : (« Si tu veux que les Qoréichites ne se séparent pas de l'islam, nomme ‘O$mân au trône du khalifat.»

Mais ‘Ammär prit vivement à partie Abd Oullâh : « Depuis quand donc as-tu le droit de donner un avis ) et depuis quand comptes-tu parmi les grands de l'islam ? »

Il y eut une vive discussion entre les Bèni Omèyyèh.

83) — Ko] »5 si —

ÎIBn ÈL-ATHIR, Chronicon, édit. Tornberg, vol. 43, p. 273, lg. 5.

Tapart, Chronique, traduct. Zotenberg, voi. 3, p.567 ; vol, &, p. 083, col. 2.

SuyuTi, History of the caliphs, traduct. Jarrett, pp. 162, 163.

(84) — GUN 5,6 Ce 5 Cox salt LS NT I] —

IBN ÈL-ATHIR, Chronicon, édit. Tornberg, vol. 43, p. 596, dern. ligne.

Tapari, Chronique, traduct. Zotenberg, vol. &, p. 632, col. 2.

CAUSSIN DE PERCEVAL, Histoire des Arabes, vol. 3, pp. 29, 36, 45, 97, 155.

ABOG ’LFÉDA, Vie de Mohammed, traduct. Noël Des Vergers, D. 96.

gs — Ge je çà ce pe Qi de de Gr dll ae —

IBN EL-ATHÎIR, Chronicon, édit. Tornberg, vol. 43, p. 880, | Eg. 5; vol. 8, p. 67. dern. ligne.

TABART., Chronique, traduct. Zotenberg, vol. 4, p. 580. col, 1 en bas.

et les Bèni Hâchèm. Enfin, ‘Ammär s'écria : « O » musulmans, c'est par l'intermédiaire de son Pro- » phète que Dieu nous a grandis et nous a élevés parmi » les nations. C'est par sa famille qu'il nous a chéris, » c’est par elle qu'il nous a couverts de gloire ! Pour- » quoi cette opposition et pourquoi voulez-vous éloi- » gner la famille du Prophète du pontificat ? »

Alors, ‘Abd our-Rahman prit la main d”Ali (86) et lui dit : « O “Ali! tu es le plus digne du khalifat. mais promets-moi que tu agiras suivant le Qorân et la tradition laissée par les deux chéïkh (87) et non suivant ton inspiration. )

‘AI répondit : (J'espère agir ainsi, quoique ma » science personnelle puisse avoir quelque utilité en » certaines circonstances. Mais, quoi qu'il en soit, je » n'agiral pas suivant ma propre inspiration, » |

‘Ali parla ainsi parce qu’en réalité il était #nou/tèhéd, c'est-à-dire parfaitement capable de promulguer Jui-même des lois.

‘Abd our-Rahman, qui désirait élire ‘O$mäân, eut la fatale idée de lächer la main d'‘Ali pour prendre celle d"Oémäân qu'il interrogea de la même façon.

‘Oémäân se borna à répondre :

« J'accepte ce que tu dis. »

Alors “Abd our-Rahman leva la tête vers le ciel et dit : « O Dieu! tu es témoin que j’ai orné ‘Oémän du » désir de mettre à son cou le collier du khalifat. »

« O fils de ‘Aouf [c. a. d., ‘Abd our-Rahman|, » Sécria Ali, ton but dans toute cette scène était » d'attirer sur toi l'attention publique, et ce n'est pas » la première fois que tu te montres mon ennemi. » Mais il est encore trop tôt pour qu'on reconnaisse » quel est le bon et quel est le méchant! »

(85) — Tapart, Chronique, vol. 3, p. 555.

(87) — On entend par les deux-chékth ( chéthhéin) Aboù Bèkr et Omar.

Cette élection eut lieu le lundi 20 moharrem de: l'an 24(88).

‘OSmäân avait alors 69 ans. Il régna 11 ans, 11 mois et 19 jours. Ce fut le vendredi 22 zi ‘I-héddjèh 35 (89) qu'il fut assassiné par une oups de mohädjèr (émigrés), d'ansär (auxiliaires) (90) et de gens. d' Égypte, de Koûfa et de Bara, Son corps resta trois jours étendu sur les ordures et exhala bientôt une odeur insupportable. Hakim (èbn Hézäm) (91) et Djobéir (èbn Mouth‘èm) (92) allérent au milieu de la nuit relever le cadavre qu'ils ensevelirent dans un vieux vêtement, puis sur le refus des ansûr de le laisser enterrer dans un cimetière musulman, ils l'enfouirent au cimetière juif de Baqî (93), au

(88) — D'après les tables de Wüstenfeld, le 20 moharrem de: l'an 24 correspond au vendredi 26 nov. 644.

(89) — Le 22 zt ‘I-hèddjèh de l'an 35 correspond au mardi: él juin 656; voir Suyuri, History of the caliphs, traduct. Jarrett, p. 167.

(90) — lol ansdär, les auxiliaires. On donne ce nom aux

partisans de Mohammed qui l’ont accueilli à Médine, lors de. sa fuite de la Mèkke, et l'ont aidé à combattre les infidèles.

(91) — ÉANIAE à de à EE —

IBN ÈL-ATHIR, Chronicon, édit. Tornberg, vol. 43, p. 247, 1g. 16, et vol. 3, pp. 133, 144.

TABAR1, Chronique, traduct. Zotenberg, vol. &, p. 611, col. 8; vol. 3, p. 615.

“1 . t ? ; 02 — £a JS Cr aulee me [ae ol] — TBN ÉL-ATHIR, Chronicon. édit. Tornberg, vol. 43, p. 203.. lig, 12, et vol. 3, pp. 133, 144.

TABARI, Chronique, traduct. Zotenberg, vol. &, p. 605, col. 1, et vol. 8, p. 615.

(93) — .1 pal s — Bagi‘ ‘l-Gharqgad, nom du cimetière: de Médine.

EBN ÈL-ATHIR, Chronicon, édit. Tornberg, vol. 43, p. 698,

ligne 5° du bas.

TABARt, Chronique, vol. &, p. 598, col. 1; et vol. 3, p. 615.

<oin d’un mur(94). (Ici se termine l'extrait que je donne du Zinèt èl-mèdjälès). | |

Donc, ainsi qu'on a pu le voir, trois points ressortent de ces faits :

1° C’est qu"“Ali a été choisi par Dieu lui-même pour être le successeur de Mohammed, et qu'il doit être le guide de la nation musulmane après lui;

20 C’est qu''Alise croit le droit de modifier au besoin Jes préceptes du Qoràn;

39 Enfin, c'est que déjà un parti hostile se lève contre Al.

Cette hostilité remonte d’ailleurs au temps du Prophète lui-même.

On sait qu“Ali, ‘Omar, Aboû Bèkr, ‘OS$mân et les principaux des compagnons étaient de la tribu de Qoréich et par suite parents du Prophète. Dès leur enfance, ils étaient liés par la camaraderie, tenus par leur parenté, habitués à avoir confiance les uns dans les autres. C'est précisément cette intimité qui les incita à venir se ranger autour de Mohammed quand celui-ci se déclara le Prophète de Dieu.

‘AJi, dés son enfance, avait subi l'’ascendant de l'apôtre et lui avait voué une amitié profonde qui ne se démentit jamais; il fut le premier à lui donner sa foi et était, au surplus, son plus proche parent. Mais Aboû Bëkr, lui aussi, se convertit rapidement ; C'était un homme d'un âge déjà mür et qui n hésita pas à risquer dans l'aventure sa vie, sa fortune, celles de sa femme et de ses enfants. Il était le père d'‘Aïchèh

ak et compagnon de la Caverne; le Prophète lui décerna le titre de x | DAS Séddiq Ékbèr.

(94) — ÉLFACHRI, édition Ahlwardt, p. 121, 1. 2, dit: TE L

él ce L 3.

“O$mäân {bn ‘Affân) était, lui aussi, proche parent de Mohammed, dont il fut par la suite deux fois le gendre, ce qui lui valut le titre de Zouù’ n-Nouréïn (95).

Il était de plus apparenté avec les Le àt Ab: Mo'éïthetles &4l & Béni Omèyyèh ; lui aussi compte

parmi les premiers convertis.

‘Omar {èbn èl-Khatthâb) donna sa foi un peu plus tard que les autres : mais 1l fut iout pénétré d'isla-

(95) —‘Osmäân (b.'"Affân)avait d'abord épousé 1.5 ; Rogéyyèh,

fille du Prophète, antérieurement à la mission prophétique de <et apôtre, et avait eu d’elle un fils nommé ‘Abd OIläh [SUYuTI, History of the caliphs, traduct. Jdrrett, p. 153, 154].

Mohammed, lorsqu'il partit de Médine pour attaquer à Bèdr la Caravane qu’Aboùû Sofyân (b. Harb) ramenait de Syrie à la Mèkke, avait laissé malade à Médine sa fille Rogéyyèh, mariée à ‘Osmân {b. ‘Affân) et avait permis à ‘Osmân ainsi qu’à Ouçâma, (bèn Zéïd), son affranchi [à lui le Prophète], de rester auprès d'elle pour la soigner. Rogéyyèh mourut pendant labsence de son père. ‘Osmân et Ouçâma venaient de lui rendre les derniers devoirs lorsque, passant sur la grande place {mossalla) consacrée aux prières solennelles, ils virent le peuple assemblé autour d’un homme qui criait : « Les » ennemis sont défaits ; ‘Otba est mort; Chèïba est mort; Aboù » Djèhèl est mort.» Cet homme était Zéïd {fils de Häâritha). Ouçâäma reconnaissant son père, accourt près de lui. « Ce que » tu dis, est-il bien vrai? demanda-t-il? — Oui, répond Zéïd, » J'en prends Dieu à témoin »|CAUSSIN DE PERCEVAL, Histoire des Arabes, vol. 3, p. 691.

La bataille de Bèdr eut lieu le 16 ramazän de l’an2{—13 janv. 64]; c'est donc vers ce jour-là qu'il faut placer la mort de Rogèyyèh.

Mohammed donna ensuite en mariage à ‘Osmân une autre

de ses filles nommée : ES el Oumm Kolsoûm qui mourut Chez ‘Osmân dans la 9° année de l’hégire. Comme il fut le seul qui épousa deux filles du Prophète, il reçut le surnom de (y,3,4) 35 Zoû 'n-Noûrëin (le possesseur des deux lumières).

misme, et peu de personnes peuvent se vanter d'avoir rendu d'aussi éminents services à la religion et de l'avoir répandue sur autant de territoires.

Sa fille ici> Hafsèh (96) devint la femme du Pro-

(96) — Haîsèh, fille d'‘'Omar, est citée dans ÎIBN ÉL-ATHIR, édit. Tornberg, vol. 48, p. 246, lig. 3 et vol. 3, p. 41.

‘Omar avait épousé dans le courant de sa vie sept femmes: ont trois du temps qu'il était païen,

1 — Zeinéb (fille de [el Maz'oun)

2 — Moteikèh Oumm Kolsoûm (fille de Djèrvèl] 3 — Qorëéibèh (fille de Aboù Omèyya) et quatre à Médine,

4 — Oumm Hèkim (fille de èl-Hârès)

5 — Djèmiléh (fille de ‘Asèm)

6 — Oumm Kolsoüm èl-Koubra {fille de ‘Alt èbn Aboù Thâlèb et de Fâthimèh, la fille du Prophète); elle est donc la petite-fille du

Prophète 7 — ‘Atèhéh (fille de Zéïd) il avait eu en plus deux esclaves noires : /

& — Bahiyèh 8 — Fouhéihél

‘Omar eut huit fils et quatre filles :

[Nous inscrirons les quatre filles en italique] 1 — ‘Abd Oullàäh & — ‘Abd er-Rahman, l'aîné TJ — Hafsèh, qui devient la femme du

Prophète de Molèïkèh Oumm u Kolsoùum 3 — Obéid Oullah:

de Oumm Hékim 2 — Füthimèh de Djèmilèh 4 — Zéïid, le jeune

de Zéïinéh

D — ‘Asèm | 6 — Zéiïd, l'aîné de Ounim Kolsoûm ; 3? — Rogéyuyt /t

de Bahiyèh 7 — ‘Abd &r Iiahman, le moyen

phète (97) et lui-même épousa 1.5) Rogéyyèk, fille d‘Ali (èbn Aboù Thâléb) (98).

6 — Abn èr-Rahinan, le jeune

[IBN EL-ATHIR, vol. 8, p. 41,dern.

de Foukéïiheh lig., hésite entre le jeune et le. moyen.)

4 — Zèinèb, le plus jeune des enfants.

d''Omar,

[TaBaR:I, Chronique, traduct. Zotenberg, vol. 8, p. 554].

(97) — Le Prophète a épousé quinze femmes ; il eut commerce: avec treize d'entre elles; deux furent répudiées par lui sans qu'il les eut touchées. Il avait parfois en même temps onze femmes, parfois dix et parfois neuf. Quand il mourut, il laissa neuf femmes (Khadidjèh était morte avant lui) :

— Khadidjèh, 6.— Oumm ÆHabibèh, fille.

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