Omâmèh, 18.— Oumm Kolsoüm, la £.— Khadtdjèh, jeune
Ali avait encore une fille qui n’avait que trois ans lorsqu'il MOUuTUt, nommée Häriséh, fille de Makhabbât, fille de
nil] 1, PA — Imrou ‘’l-Qaïs. [TABarI, Chronique, traduct.
Zotenberg, vol. 3, p. 711].
199} — Mohammed, le Prophète, mourut le 12 ou le 13 rébt oléwèl de l'an 11 [— le lundi, 8 juin 632 de J.-C.] (voir CaUSsIN DE PERCEVAL, Histoire des Arabes, vol. 3, p. 322).
Fort heureusement, Fâthimèh suivit de près (100) son
père dans la tombe, et Ali ne marchanda pas son appui
au nouveau khalife. En effet, la révolte surgissait de toutes parts; les Arabes que le sabre avait conquis, rejetaient l'islam, des tribus entières retournaient au paganisme.
Devant une situation aussi grave, les chefs de l'islam, dont la plupart étaient des premiers compargnons et des mohâdjér, ne songeant par-dessus tout qu'à la conservation de la nouvelle religion, se gardèrent, — de peur que leurs dissentiments devinssent
une cause de faiblesse pour leur cause, — de révéler
les passions qui s agitaient dans leurs cœurs, ni de se plaindre de leurs espoirs déçus.
Leur union fut si parfaite et si solide, qu en deux ans et trois mois, l'islam avait conquis toute l'Arabie et une partie de la Syrie.
À la mort d'Aboû Bëkr (101), les choses étaient rétablies, et de nouvelles conquêtes étaient venues s ajouter à celles de Mohammed.
‘Omar, qui lui succéda, montra la plus grande détférence pour Ali, mais celui-ci commençait à trouver que ses droits étaient trop souvent et trop longtemps méconnus.
L'élection d'‘Oémân, successeur d'‘Omar, fut Îla soutte d'eau qui fit déborder le vase; le cœur d'Al s'enflamma de colère, et il cria partout qu'il était trompé, bafoué, dépouillé de ses droits.
Fort heureusement pour ‘Ali, ‘Omar avait bien jugé ‘O$mân. Les tribus des Abî Mo‘éith et des Abi Omèéyyéh devenues très puissantes, grâce au gouver-
(100) — Fathimèh survécut six mois à son père Mohammet (CAUSSIN DE PERCEVAL, Histoire des Arabes, vol. 8, p. 329, el Abulfedae Annates, vol. 4, p. 206).
(101) — Aboû Bèkr meurt entre Le 16 et Le 22 djèemâdi II de l'an 13 [17-23 août 634].
nement qu 'exerçait à Damas depuis une quinzaine d'années Mo‘âviya (ébn Abi Sofyän) Emèvi, sentirent lors de l’accession au trône (10?) de ce parent, croître leurs prétentions et leur avidité. Leur orgueil insupportable froissa à plus d'une reprise les légitimes susceptibilités des compagnons du Prophète, et la famille des Béni Hächèm se vit peu à peu supplantée par ces envahisseurs trop avides et trop riches.
Les mécontents entourèrent Alf, qui à ce moment avait quarante-huit ans (103) et qui, chef de la famille des Béni Hâchèm, jouissait de la plénitude de ses forces physiques et intellectuelles.
Les choses en vinrent à un tel point que l’ordre fut troublé à plusieurs reprises et l'agitation prit un caractère inquiétant. Ali intervint chaque fois en faveur
(I0Z) — S #4) ol et CY as 3 Les Mo‘àviva {(èbn Abt Sofyän), émèvi, premier khalîfe omèyyade, monte sur le trône en rabt‘ II de l’an 41 [— août 661}, voir :
SuyurTi, History of the caliphs, traduct. Jarrett, p. 197. | MicHAUD, Biographie uruiver selle. vol. 28, p. 129, au mot MoOAWYAH [er
ALFACHRI, édit. Ahiwardi, p. 125.
IBN ÈL-ATHIR, Chronicon, édit. l'ornberg, tome 3, p. 339,
(103) — Si ‘Alt a 48 ans en l’an 41 de A. H., il aurait donc eu sept ans, au moment de l'émigration de 622,ce qui mettrait sa naissance vers 615 de notre ère.
Suivant ie Chadharät eddhahab, Fâthimèh avait 15 ans et ‘Alt 21 lorsqu'ils se marièrent. Elle était par conséquent de six ans plus jeune que ‘Al, et celui-ci était né vers l'an 600 de J.-C. {Voir CAUSSIN DE PERCEVAL, Histoire des Arabes, tome 4, p. 330, note.)
JARRETT, Histor y of the Calphs, p. 171, ligne 16, dit que l'âge d'‘Alt, au moment de sa conversion à l' islamisme, était de dix ans, quelques-uns disent neuf ans, d’autres disent huit, d'autres disent plus jeune encore.
MicHauD, Biographie universelle, tome 4, p. 667, col. 2, donne, dans l’article de Fouannin, qu'il mourut le 17 ramazân le A. H. 40 [— 24 janv. 661], à l’âge de 63 ans, au bout de & ans et 9 mois de khalifat.
- CRT Em LE Te LC DE Lu = D 4 sm "+ ee ——" r .
d“OËmäân, son ennemi, jouant ainsi le beau rôle et
s’attirant la sympathie des gens tranquilles et soucieux du bon ordre. Mais les événements se précipitèrent, grâce à l'impopularité et à la violence de Mérvân (èbn èl-Hâkèm) (104), maudit du Prophète, chassé par les deux chéikh et devenu le ministre tout-puissant d'‘O$män.
Médine était pleine de plaignants accourus de toutes les provinces de l'Empire. Les gens de s «x Basra,
ceux de TS Koûfa, ceux d'Égypte venaient réclamer
à grands cris la destitution de leurs gouverneurs, tous proches parents du khalife, enivrés de l'éclat de leur parenté et ne conservant plus, dans leur orgueil et leur avidité, ni tact, ni mesure.
Le tumulte fut s1 persistant, les plaintes sl légitimés qu”‘Ali consentit enfin à se faire le porte- parole des mécontents. Son discours à ‘O$mân nous a été conservé dans le livre intitulé è/ Xamèl fi ‘t-tàrikh par Ébn ël-Aëir que nous appelons Ibn ël-Athîr (‘olèmâ sonnite) et dans le livre chiite intitulé Nahadÿ oul Bèlâghè. (Les routes de l'éloquence.) | Voici comment ‘Ali parla à O$émân: « Ceux qui sont » derrière moi m'ont prié d'être leur ambassadeur et
(104) Méèrvâên (b èl-Hakèm) était né en A. H. £6. I1 étai le cousin de Mo'äviya, le même qui devint le premier khalife
omèyyade. Mèrvân avait été surnommé 4 ÿ £yl Zbn Tarid
(le fils du banni) parce que son père Hakèm avait été exilé par le Prophète pour avoir divulgué un secret. Par la suite, Mèrvâän devint secrétaire, puis vizir du khalife ‘Osmäân et, par sa perfidie, il fut cause de la mort de ce prince.
Ce Mèrvâän devint le 4° khalîfe ‘Omèyyade en A. H. 6: d’après Micxaup. Biographie, vol. 88, p.79; en djèmadt o!lèvvèl 73 [= octob. 69%] d'après Sucuri, History of the Caliphs., p. 219. \
Voir aussi : TABARî, Chronique, traduct. Yotenberg, vol. 4. p. 60-62.
» m'ont chargé de faire parvenir jusqu à toi ce qu ils » avaient à ie dire. Et, j'en prends Dieu à témoin, je ) ne sais que dire, car je ne sais pas une chose que tu » ne saches, je ne puis t indiquer rien que tu ne con- » naisses. Tu sais tout ce que je sais, et je n'ai rien » appris de plus que toi pour que)j aie à t instruire.Tu ) as vu Ce que j ai vu, ce que j'ai entendu tu l'as en- » tendu ; tu as eu avecle Prophète les conversations que » j'ai tenues avec lui. Ni le fils d’Abou Qohâfé (105) ni » le fils de èl-Khatthâäb{106}) n'étaient plus dignes que » toi de l'œuvre de Dieu, car ta parenté par les femmes » avec l’apôtre est plus proche que la leur: tu étais » son gendre, eux ne l'étaient pas. Donc, ô Dieu, à » Dieu, garde: toi toi-même. J’en jure par Alläh, il n'y ) a pas à te guérir d'une cécité qui n existe pas, 1l n y » à pas à te sortir d'une ignorance qui n a Jamais été > ton partage. La route est claire, les drapeaux de » l'islam sont levés. |
» Sache donc que l'esclave chéri de Dieu, c'est ») l’imäm juste, qui n’a jamais quitté la voie droite et ») qui dirige les hommes ; c est celui qui maintient les » lois reconnues et repousse les innovations. Or, les » lois, les mœurs agréées par Dieu sont claires et dé- ) finies par des signes certains; il en est de même pour » les nouveautés dangereuses.
) Sache aussi que l'homme détesté de Dieu est » limâm qui n'est plus qu'un tyran, qui s'égare dans » sa route et.égare ceux qui le suivent, qui laisse dans
(105) — onde — C'est le khalife Aboû Bèkr dont le nom.
complet est HP à! © 34e) F2 — Abou Bèkr, ès- Siddiq {bn Abi Qohâfé).
__ IBN ÉL-ATHiR, vol. 13, p. 183, lig. 7.
(106) — Khatthäb— C'est le khalife ‘Omar, dont le nom complet est ALL y € ‘Omar (èbn 8l:Khattäb).
Ibn el-Athîr, vol. 13, p. 450, lig. 13 du bas.
» l'oubli les lois traditionnelles et laisse s'implanter « des nouveautés qu'il devrait étoufier.
» J'ai entendu moi-même le Prophète qui disait: » Au jour du jugement: Un imâm viendra qui sera un » tyran ; personne ne l'aidera. personne ne l'excusera » auprès de Dieu ; il sera jeté dans le feu de l'enfer et » il y tournera longtemps comme une meule de mou- » lin pour être enfin enchaïné au plus profond du lieu » maudit.
» Je t'en conjure par Dieu, ne sois pas au milieu de- » nous celui qui doit être tué car il a été dit:
» Dans cette nation un imâm sera tué, par l’inter-- » médiaire de qui seront ouvertes les portes de la » querre et du meurtre. Et le sang coulera jusqu'au » jour du jugement, ct la vérité sera cachée, l'erreur » se propagera, la discorde s’établira à demeure dans » cette nation. Alors, ils ne distingueront plus le vrai » du faux et seront submergés par les ténèbres et » l'aveuglèement accumulés comme les vagues de » l'océan. »
Ayant rappelé ce hadis, ‘Ali ajouta : Ne te soumets » pas à tout ce que dit Mèrvän èbn ël-Hakëèm (107) et
(107) — Mèrvän Ie (èbn ëèl-Häkèm) SLI y ls e —
Mèrvân devient plus tard le 4° khalife ‘Omèyyade: il monte sur le trône du khalifat à Damas en rabf'° IE À. H. 64[— 11 décemb. 683] et meurt étouffé à Damas a l'âge de 81 ans, en ramazan 65 [— aout 684].
D'HERBELOT, Bibliothèque Orientale, vol. 3, p. 167.
IBN ËL-ATHIR, Chrontcon, édit. Tornberg, vol. &, p. 119-
LANE Pooe, Mohammadan dynasties, p. 9.
Maricny, Histoire des Arabes sous le gouvernement des califes, vol. 4, p. 204-401.
MIicHAUD, Biographie Unicerselle, vol. 28, p. 79, col. 1, à l'article Mércän FT.
SUYUTI, History of the caliphs, traduct. Jarret ne cite pas le règne de Mèrvôn I°7.
TABARI, Chronique, traduct. Zotenberg, vol. &, p. 58-76.
» n'assume pas la responsabilité de ce quil fait ; ) prends garde, il se pourrait que, devenu vieux, tu ) n'ales plus la force de te soustraire à sa domination ; » alors il pourra te tromper et te conduire dans telle: » route que lui indiquera sa fantaisie. »
Rien n’y fit, ni prières, ni remontrances, ni menaces ; ‘Oémân (èbn Affân), le 3° Khalïfe, fit bien semblant d'accorder aux Egyptiens ce qu ils demandaient, mais nous allons voir comment il s'y prit.
Ce fut, en effet à ce moment que, sur les pressantesinstances des envoyés d'Égypteet sur le conseil d‘Ali, ‘Osmân se décida à destituüer ‘Abd Oulläh, gouverneur des provinces du Nil, pour nommer à sa place Mohammed (ëbn Aboû Bèkr),homme renommé par sa loyauté et sa justice. Le nouveau gouverneur se mit en route avec les députés d'Égypte, accompagné d'un cavalier d'‘OS$mân, porteur d'une lettre notifiant les nouvelles décisions. En cours de route, ce cavalier fut fouillé et l’on trouva cachée, au milieu des objets lui appartenant, une lettre de l'écriture de Mèrvân et revêtue du sceau du khaliîfe ordonnant à ‘Abd Oulläh de ne tenir aucun compte de sa destitution et de mettre à mort Mohammed {8bn Aboû Bëkr) dès son arrivée.
Indignés d'une pareille perfidie, les Égyptiens revinrent sur leurs pas, dénonçant lhorreur d'un pareil Attentat et voyant chaque jour un grand nombre de . . mécontents venir grossir leur troupe. Arrivés à Médine, ils allérent immédiatement assiéger la maison d“O$män. Le siège dura un mois, au bout duquel la maison fut forcée, ses défenseurs passés au fil de l'épée et ‘Osmân massacré (108).
(108) — (le {x Qlte — ‘Osmän (èbn ‘Affän), 3 khaltie, meurt assassiné à Médine, le vendredi 18 zi ’Ihèddjah A. Hi. 35 [= 17 juin 6561
D'HERBELOT, Bibliothèque Orientale, vol. 3, p. 88.
Qu'un événement pareil ait pu s accomplir dans la capitale de l'islam, pleine encore des compagnons du Prophète,de musulmans de la première heure,sans que personne, petit ou grand, songeât à s y opposer, cela
démontre d'une façon éloquente que tous étaient fati-
gués du règne trop long (109) d’un personnage trop partial qu'ils considéraient comme un tyran indigne de vivre. Car il se rencontra des gens pour déclarer licite le meurtre du 3° successeur du Prophète, et parmi eux Talhé, (èbn ‘Abd Oulläh} et ‘Amr (èbn ‘Ass). ‘Aïchèh elle-même, qui détestait ‘O$män, préchaït publiquement la nécessité de tuer le Kkhalife.
Les haïines furent déchaînées du jour où ‘Abd èr- Rahman (èbn èl-Aouf) fut la cause directe de la nomination d'‘O$mân. Les Bêni Hâchèm entrèrent en lutte avecles Bèni Omévyèh, dont tous les actes tendaient à ridiculiser ou tout au moins à abaisser les compagnons du Prophète, et particuliérement Ali et ses partisans.
Quoique ‘Ali eût plusieurs fois rétabli la paix entre les partis, quoiqu il se fût montré à tous égards digne d’éloges, ses adversaires ne manquèrent pas de l'accuser, d'exciter en sous-main les troubles qu'il fei-
IBN ÉL-ATHÎIR, Chronicon, édit. Tornberg, vol. 3, p. 133: vol. 43, p. 419, dern. lig.
MaARIGNY, Histoire des Arabes sous le goucernement des califes, vol. À, p. 426.
MicHAUD, Biographie Universelle, vol. 314, p. 470, col. ?, au mot Othman ibn Affan.
SUYUTI, History of the caliphs, traduct. Jarret, pp. 167 et 091. |
TABARI, Chronique, vol. 3, p. 613.
(109) — ‘Osman était khalife depuis le 29 zt ’l-hèddjéh A. H. 23 {— 6 novem. 644]. Cela faisait donc douze années musSulmanes. Aboù Bèkr,premier khalife, n'avait été khalife que près de vingt-huit mois, exacternent 1108 jours; ‘Omar était resté khalife un peu plus de dix ans et demi, exactement 3726 jours, exactement 10 ans, six mois et quatre jours.
gnait d'apaiser. Si ardent qu'il eût été à protéger ‘O$män, à le conseiller durant le siège, à chercher à le sauver, puisqu'il envoya même({l10) ses deux fils Hasan et Hosïn garder en armes la maison du khalife, 1l va bientôt passer pour le véritable meurtrier de son gendre {111} dont les assassins vont exiger de lui le prix du sang.
On conçoit le trouble et la confusion qui durent régner en ville après un pareil événement. L'islarn se divise dès ce moment d'une facon définitive en deux partis qui vont se rejeter tour à tour les pires accusations; les divisions ultérieures souvent graves n'ont rien de définitif, celle-là seuie est essentielle et le sang d“O$mân pèsera éternellement dans la balance.
Les événements qui se succédèrent ne firent qu'envenimer la plaie toujours saignante, et la Perse prenant violemment parti pour ‘Ali tombé à Koüfa sous le poignard d'un assassin (143), creusera de plus en plus le fossé désormais iniranchissable qui la sépare des sonnites.
‘Ali (èbn Aboû Thâlèb) était enfin khalife, mais ce n avait pas été sans de grandes difficultés qu'il put parvenir jusqu’au trône de Mohammed. Sa réputation d'inflexible justice troublait les cœurs de tous les grands fonctionnaires peu soucieux de voir examiner de près les actes de leurs gouvernements. Les grands personnages de l'Empire se croyaient lésés dans les droits qu'ils pouvaient avoir au trône du khalifat, et les Omèyyades ne voulurent point reconnaître le nouveau souverain. Malgré leur proche parenté avec les Hâchèmites, ils avaient voué à ceux-ci une haine
(110) — TaBart, Chronique, traduct. Zotenberg, vol. 8, Pp. (604-616).
(11) — Osmäân avait épousé, tant avant qu'après la fondaüon de l'islamisme, huit femmes :
L — Rogèyyéh, fille du Prophète.
& — Oumm Kolsoûm, fille du Prophète.
formidable; l'ambition. l'envie, le, désir de l'autorité
Tavageaient leurs âmes ainsi que l'amour de la vengeance. En effet, Mo‘âviya, possesseur de nombreux fiefs militaires, émir d'une puissante tribu, homme remarquable par sa grande expérience, Îla promptitude de son intelligence, sa pénétrante connaissance des ressorts secrets du gouvernement, clief in- “dépendant depuis de longues années des provinces de Syrie et de Damas, maitre d'une grande armée, d'une grande fortune et dune grande influence ne pouvait pardonner à Ali ses hauts faits dans les batailles de Beder, d'Ohod, d'Alizab, où celui-ci avait, de sa propre main, tuéles plus grands d’entre les Ommeyades. Mais d'autre part, Ali était célèbre à tous les points de vue, aimé de beaucoup, et jouissait, lui aussi, d'une influence énorme. Il fallait un prétexte sérieux pour se révolter contre lui.
Aussi, tout d'abord Tal'hé et Zobéir quittèrent:ils Médine pour aller à la Meqge où ils rejoignirent Aichah. D accord avec elle et quelques grands personnages Ommeyades,i ils convinrent d'accuser Ali du meurtre d'Osman — dont il avait profité. Dès lors ils lui déclarèrent la guerre pour une cause sainte et juste, puisqu ils la faisaient pour réclamer au meurtrier le prix du sang de sa victime.
C'est ainsi quon arriva à la fameuse bataille du { Chameau », qui se termina par la mort de Tal'hé et
ce Zobeïr et la victoire d'Al.
Cela n'empêcha pas Mohaviah de reprendre le même prétexte avec plus de rage encore que ses complices. Il convainquit les grands de Damas de l'obli- &ation où ilsétaient de se joindre à lui pour combattre l'assassin et sortit de Damas avec — dit-on — 96.000 soldats. |
Les deux armées se rencontrèrent sur les frontières de la Syrie et de l'Iraq, où elles restèrent durant cinq mois à s'observer mutuellement. Cette guerre déplai-
sait en effet à bien des chefs peu soucieux de voir s'élever des guerres intestines alors que la guerre extérieure menaçait de tous côtés. Mais des accidents malheureux vinrent jeter la fureur dans les deux camps. Au cours d’escarmouches sans importance, des personnages considérables furent tués : du côté d Ali, Armmar fils de Yacer et un Arabe orné du titre de Zou- Chéhadéteïn ; du côté de Mohaviah, Obeid Oullah fils d'Omar et Cherh habil ibn Zélqéla.
Alors eut lieu la bataille de « Leilet el-Harir » où 94.000 personnes auraient trouvé la mort. Le nombre de ces cadavres remplit d’amertune l'âme des Musulmans. Une trêve de quatre mois fut conclue pendant laquelle Mohaviah sut si bien manœuvrer qu'il tourna presque tous les esprits contre Ali.
Comme on le sait, Hassan, fils d’Ali, remit le khalifat à Mohaviah. Devenu maitre du souverain pouvoir, celui-ci comprit fort bien qu'il ne pourrait se maintenir, lui et ses descendants, qu’à la condition de ruiner le prestige des Alides. Aussi combla-t-il de faveurs tous les ennemis de cette famille et exclut-il de toutes les fonctions ses partisans. Non content de cela, il paya des gens pour faire circuler des «hadis » mensongers attribuant à Ali et à ses descendants des actes Inconvenants, ce qui devait détourner des Alides les cœurs des Musulmans. Dès lors ce fut une pluie de & traditions » : les partisans d’Ali en fabriquèrent à leur tour en faveur de leur chef et, dit l'historien musulman, « la porte de la discussion des hadis fut ouverte, qui ne devait jamais plus se refermer ».
On sait que Mohaviah mourut en l’an 60 de l'Héire, que Yézid, son fils, lui succéda, et que ses généraux vainquirent et. tuèrent — dans d'horribles Conditions suivant les chiites —le malheureux imam Housseïn. Ce meurtre qui fit couler le sang même du prophète excita d'autant plus l'horreur que les Ommeéyades firent à Damas une fête de l’arrivée de
la famille prisonnière, qu'on promena à travers la: ville la tête du martyr, quon interdit enfin d ensevelir les infortunés Alides.
Yézid mort, son fils Mohaviah fut obligé d abdiquer, et l'agitation recommença pour Le Choix d un nouveau kbalife.
Les habitants de la Meqgqe et de Médine élirent Abdoullah fils de Zobeïr, et s'emparèrent de l'Arabie et de l’Iraq. Les habitants de Damas discutalent encore la question quand Moukhtar ibn Abi Obeïd’'h Çaqañ vint de la Meqde en Iraq où il réunit autour de lui les partisans d’Ali. Ils nominêrent khalife Mohammed ibn Ali, connu sous le nom d'Ibn Hanéfivèh. Ceci fait, ils engagèrent les hostilités, réclamant le prix du sang des martyrs. Ils s'emparèrent de Kouffa et des villes entre les deux fleuves, poussant leurs conquêtes jusqu ‘aux. frontières de l' Azerbaïdjan. Moukhtar fut tué six ans plus tard.
Les habitants de Damas avaient élu Mervan, fils d'Hakem, puis après sa mort, Abd oul Melek, son fils. Celui-ci défit successivement Méc'èb, fils de Zobéir, puis Abdoullah également fils de Zobéir. C'est lui qui üixa définitivement le khalifat dans la famille des Ommeyades.
Nous ne continuerons pas plus loin notre étude e serait certes du plus attachant intérêt de rechercher à travers les siècles le développement sans cesse crois sant du parti d'Al, le fanatisme par lequel il se Signala, les œuvres qu'il produisit, mais ce n’est pas ici le lieu de le faire, et nous ne pouvons que signaler les causes de ce grave dissentiment. Le peu que nous en avons dit suffira sans doute à donner une idée de la violence des passions que la lutte développa, et si ces assassinats successifs prouvent d’une façon éloquente et sans qu'il soit besoin d'y insister combien profonde fut la scission, les constatations auxquelles nous nous livrerons par la suite démontreront d’une façon tout
aussi formelle combien elle s'est accentuée et combien les haines et les rancunes sont vivaces aujourd'hui.
La Perse prit fait et cause pour Ali pour des raisons multiples : les unes historiques, les autres religieuses, d'autres encore politiques. Il faudrait se reporter au temps de la conquête par les Arabes pour se rendre compte de l'antinomie qui existait entre le peuple vaincu et les vainqueurs.
En effet, les symptômes de décadence se manifestaient déjà dans l'Empire perse dès la mort de Khosroës le Grand. Trois siècles de guerres presque ininterrompues avaient brisé le ressort de l'énergie nationale pendant que le magisme perdait de sa rigueur au point qu'on pût voir s asseoir sur le trône des Perses des princesses chrétiennes. Si les vieilles traditions subsistaient toujours, l'ancien enthousiasme avait fait place au calme, auquel succéda bientôt l'indifférence. Le pays était mûr pour la conquête, il allait appartenir à qui voudrait le prendre : ce furent les Arabes, peuples grossiers, sans art, sans Civilisation, qui parurent.
Yezdèdzerd fIT régnait alors sur ce pays livré aux horreurs de l’anarchie. Faible, indécis, il lui manquait tout ce qu il fallait pour lutter contre le formidable adversaire qui se présentait. Aussi, désireux de mourir paisiblement sur son trône ébranlé, entra-t-1l en pourparlers avec les généraux musulmans. Ses demandes, ses concessions, ses prières furent dédaigneusement repoussées, et il lui fallut bientôt se convaincre qu "1l devrait se défendre les armes à la main. il était vaincu d'avance, et sa répugnance à engager lés hostilités contre un agresseur du sol de l’Empire était un sûr garant de sa défaite future. Son armée fut battue dans les plaines de Qaddéciyèh, et le prince abandonnant toutes les provinces du Sud au vainqueur vint se réfugier à Reï où fut autrefois Raghës et où
Lg PO RE 7 - LR |
S élève aujourd’hui Téhéran. Îl y resta cinq ans, con-
sidérant d'un œil morne les progrès quotidiens de l'ennemi. Mais enfin la Perse fut prise d'un frémisse. ment suprême : dans un élan sublime elle se leva tout
entière pour chasser l'étranger, ces Arabes pour lesquels elle avait le plus profond mépris et quelle appelait déjà des (« mangeurs de lézards ».
Le prince se montra à la hauteur de sa tâche, et ce fut une lutte de géants que cette bataille de Néhavend: mais le fanatisme des nouveaux Musulmans l'em porta
sur l'ardeur des défenseurs de la Perse, et Yezdèdijerd
fuyant, abandonné ou trahi par les siens, fut enfin
assassiné dans le moulin d’un meunier. Sa fille, faite
prisonnière, devint la femme d Housseïn, fils d'Al.
Cette union fut l'anneau qui relia la Perse au culte des imams.
Vaincue, la Perse ne fut pas conquise : toute l’éner-
gie nationale réagit contre la religion, contre les mœurs et même contre la langue des envahisseurs : elle réagit avec tant de force et aussi avec tant de persistance qu'elle finit par triompher et par vaincre ses vain-
queurs.
Ceux-ci, en effet, soldats vigoureux et enthousiastes, guerriers sobres et infatigables, étaient incapables de
gouverner, 1ls ignoraient tout de l'administration, et
les règles prescrites par Mohammed pour le gouver-
nement de quelques tribus, jusque-là ignorantes et sauvages, ne pouvaient plus être de mise pour régir
un grand pays arrivé à un degré relatif de civilisation.
Outre qu'ils se laissèrent griser par les délices du
repos après la conquête et qu ils commencèrent à modifier leurs mœurs rudes et incultes, ils furent bien
obligés de s'adresser, pour l'administration, à ceux qu'ils y trouvèrent employés. Or, si les habitants des villes avaient accepté assez facilement — en apparence — l'islamisme, ils n'avaient du moins pu faire table-
rase de leurs anciennes acquisitions dans le domaine
moral et philosophique: aussi dès le début leur conversion fut-elle toute de surface : ils forcèrent les nouveaux dogmes et les nouvelles habitudes à cadrer plus ou moins harmonieusementavec ce qu ils conservaient de leur éducation première. La classe agricole fut moins soumise: elle était plus attachée au culte de ses aïeux, vivait d’ailleurs demi-indépendante dans les districts montagneux : elle formait une opposition tacite, mais tenace. Le Mazandéran, par exemple, ne fut conquis à l'islam qu'au bout de trois siècles.
Or, ceux qui détenaient l'administration du pays étaient les Mobeds, c'est à-dire le clergé mage. Înstruits et policés, ils devaient garder au cœur une implacable rancune contre les barbares sanguinaires qui étaient venus les jeter hors de leurs temples et de leurs privilèges. Mais patients et rusés, ils comprirent tout le parti qu ils pouvaient tirer de la situation pour redevenir une caste riche et puissante. Ils entrèrent lentement, mais avec une ténacité inouïe. en lutte avec la religion dont ils durentse reconnaître les sectateurs. Si d'un côté le terrain était favorable, puisqu "ils s adressaient à leurs compatriotes, de l’autre la tâche était difficile, car l'islam ne comporte pas de clergé : aussi fut-ce pour eux un triomphe définitif que den constituer un.
Le Qoran écrit dans une langue inconnue à l'immense majorité des Perses, était cependant la pierre angulaire de l'édifice musulman. I fallait bien le faire connaître, si l'on voulait convertir réellement 1a nation ; mais d'autre part, il fallait se défier de ceux qui ne connaissant qu'imparfaitement l'arabe pouvaient errer dans leurs lectures. [ls posèrent donc en principe que lire le Livre de Dieu sans la participaüon d'un homme quien devait faire son métier était une faute grave, un péché mortel. Îl fallut dès lors des gens spéciaux, nourris dans cette étude, qui fussent
chargés de cette lecture. C'est là la première hérésie, l'une des plus graves, aux yeux des sunnis.
Cette première victoire en comportait une seconde : l'interprétation du texte sacré. Celle-ci, dès lors, mettait pour toujours la conscience persane entre: leurs mains : ils la pouvaient désormais diriger au gré de leurs désirs, au mieux de leurs intérêts. Il fut interdit de traduire le Qoran en persan : il resta ignoré de la masse du peuple qui devint ainsi « la chose » du clergé.
Cependant les événements marchaïent à pas de géant : Ali, devenu enfin khalife, mouraït assassiné, Housseïn tombait dans les plaines de Kerbélah, la dissension était partout, les partis se heurtaient avec fracas. Nous avons essayé de faire comprendre la violente répulsion qu inspiraient les Arabes aux Persans: ceux-c1 fatalement devaient entrer avec enthousiasme dans l'opposition, et l'opposition à ce moment était le parti des Alides. De plus ,les enfants de Housseïn., fils d'Ali, étaient les descendants de la vieille dynastie persane : les adopter, c était réagir encore, c'était protester contre l'invasion et la conquête. Enfin Ali de son vivant même commenca à être considéré comme autre chose qu’un simple successeur du prophète. Déjà on le vénérait à l'égal de Mohammed, déjà certains le mettaient au-dessus de son cousin. Nous examinerons cette question dans le chapitre suivant : et nous verrons que cest sur elle que se base tout le chiisme. Mais ce sentiment de réaction ne fit que s’accroître par la suite, soigneusement entretenu par les gouverneurs, par les princes, par les rois de la Perse désireux de maintenir leur indépendance fatalement compromise si leurs sujets eussent cru devoir obéissance aux khalifes qui se succédèrent par la suite.
Ce ne fut cependant que ‘pendant les Ile, III: et IV® siècles de l’Hégire qu'apparurent les diverses sectes par lesquelles l'islam fut divisé en une infinité
de petites branches. Au premier siècle, les règles de la dialectique et de la philosophie n étaient pas encore en usage, on ne prononçait pas encore les mots de Chiîites, non plus que celui de Sunnites. Ceux qui considéraient Ali et ses descendants comme les seuls légitimes successeurs du prophète, se nommaient les « amis des gens de la maison), (112) ceux qui admettaient le vote pour désigner le khalife étaient les amis des deux chéikhs », ceux qui n'admettaient pas de successeurs à Mohammed étaient les « kharedjites ».
Aux [Teet IIIe siècles, les livres se multiplièrent: on se lança dans les études dogmatiques, la philosophie fit sentir son influence et l'argumentation commença violente dès le début. Les écrivains, pour faciliter l'expression de leurs pensées, pour désigner d'un seul mot les différences qui les séparaiïent de leurs adversaires, fixèrent des noms souslesquels ils se classérent. Ils s'appelèrent, en tant qu'ils étaient amis des deux chéikhs et partisans du vote, «les gens de la sounna, (tradition), les gens de la Djema'at; et, par mépris désignèrent le « amis des gens de la maison » sous le titre de Revafez.
Par opposition aux sunnis, leurs adversaires les appelèrent Navaceb, pendant qu'ils se donnaient à eux-mêmes le titre de Chiè Khl Béit. Ceux-ci se divisérent en plusieurs branches : la plus répandue en Perse se nomme elle-mème Chiîiè ésna ‘acheri, c'està-dire « les partisans des 12 ».
Voyons quels sont ces douze, et nous examinerons ensuite quelles sont les diverses sectes qui se sont élevées parmi les chîites, de façon à donner au lecteur lous les éléments d'appréciation dont il a besoin. J'emprunte ce récit au Zinet-el-Medijalis, et je ne reviens pas pour le moment sur la personnalité d'Ali, qui est le premier de ces douze.
(112). Sous-entendu « du Prophète ».
Quand celui-ci mourut, les Mohadiers, les Ansars élirent Haçan, son fils, au trône du khalifat., Cette élection eut lieu le 18 Ramazan de l'an 40.
Haçan, de caractère doux et paisible, désireux d'apaiser les querelles et d'effacer la désunion qui réenait parmi les Musulmans, se retira bientôt et remit Xe pouvoir à Mohaviah. 11 mourut à Médine, en l'année 44, empoisonné par sa femme Djooudé, fille d Ibn Keïs, excitée à ce crime par Mohaviah et Mervan.
On raconte que lorsqu'il se retira à Médine, après son abdication, plusieurs de ses adhérents vinrent le trouver. ( Salut à toi, dit l’un d'eux, salut à toi qui as noirci le visage des croyants. Pourquoi as-tu abandonné le khalifat à cet infâme Mohaviah ? »
«Mohammed, dit Haçan,savait que les Ommeyades -monteraient l’un après l’autre sur son minber. C'est pourquoi il s attrista et que Dieu lui fit descendre les sourates du Qooucer et d'El-Kadr.afin de le consoler».
Ïl laissa, dit-on, une quinzaine d'enfants.
Le 3° imam est Housseïn ibn Ali Mourteza. I] naquit le 4 ou 5 chahaban de l'an 4 de l'Hégire. Il avait 6 ans et quelques mois quand Mohammed mourut : au moment du meurtre de son père, il en avait 36. Il fut tué le vendredi ou le samedi, 109 jour de moharrem de l'an 91, à Kerbélah, on sait dans quelles circonstances.
Il avait 6 enfants, et parmi eux Ali Asker, dont la mère était Bibi Cheherabanou : il était donc par son père héritier du trône du khalifat, par sa mère héritier de l'Empire de Perse.
Ali Asker fut le 45 imam. [1 naquit en chaaban 38 à Médine, et avait2 ans à la mort d’Ali, Il mourut enl'an 90 et fut enterré à côté d Hassan. Amdoullah Moustoï dit que d après les oulémas chiites, il fut empoisonné par Validibn Abdoul-Melek. Dans le Kechf-oul-Qoumméh, il est dit que Taous Yéméni, un ermite du Yémen, raconte : Une année, j'allais en pèlerinage. Quand j'arrivai entre Sefa et Merva, je montai en
allant sur un seul pied jusqu au haut du mont Séfa. J'y vis un jeune homme d'une beauté magnifique, mais faible et maigre et couvert d'un vieux vêtement. Il regarda la Kaaba, alors il éleva les mains vers le ciel et dit : « Je suis nu, tu le vois, mon Dieu, je suis à jeun, comme tu le sais! Que vois-tu en moi, 6 toi qui vois tout sans être vu! »
Je me mis à trembler en entendant ces paroles et surtout quand je vis descendre du ciel deux plateaux, dont l’un contenait de magnifiques étoiles du Yémen et l’autre des bonbons délicieux, comme ceux du Kho- Tassan. |
Le jeune homme se tourna vers moi et me dit, quoiqu'il ne me connût pas : (&« O T'aous » — « Oui, répondis-je » — « Veux-tu quelque-chose de ces plateaux? » Je répondis que je ne voulais pas des étoffes, mais que j accepterais quelque chose de l'autre plateau. Alors il me donna deux poignées de bonbons, et je les enfermai dans un coin de mon «( ihram ». Des deux pièces d’étoffes il se fit un « réda » et un « aba », puis il s’en alla. En route, il rencontra un homme, à qui il donna le vieux vêtement quil avait quitté. Je courus après ce dernier et lui demandaiï quel était le personnage que je venais de voir : (« Lu ne le connais pas ? me dit-il, c'est le descendant du prophète, Ali, fils d'Housseïn. »
Son fils fut le cinquième imam : il se nommait Mohammed ibn Ali ibn Housseïn. II mourut en l’année 124, empoisonné par Echam, fils d'Abdoul Malek.
Son fils, le sixième imam, fut Djaafer ibn Mohammed, qui naquit le lundi 17 rebi el-ewel de l’année 80, d'autres disent 83. Il est célébre sous le titre de Sadeq. I mourut le lundi 15 redjeb de l’an 148, empoisonné par Abou Djaafer Mensouri Dévanèghi.
Ce fut son fils qui lui succéda en qualité de 7° imam. Il se nommait Mouça, naquit en 128 ou 129, entre la Meqqe et Médine, et reçut le titre de Kazem. Suivant
= LT eg mr nn = —-
a nm
F4 Te —— -
Er