‹ Sganarelle, ou, Le cocu imaginaireChapitre 34 sur 41 · SCENE XVIII · texte numérisé non relu

SCENE XVIII

GORGIBVS, CELIE, LA SVIVANTE.

CElie n'ayant point trouué de moyen plus propre pour punir son amant que d'espouser Valere , dit à son père qu'elle est preste de suiure en tout ses volontez, de quoy le bon vieillard tesmoigne estre beaucoup satisfait, comme vous pouuez voir par ces Vers.

CELIE

OVy, ie veux bien subir vne si iuste Loy Mon père, disposez de mes vœux et de tnoy, Faites quand vous voudrez signet cette himenée, A suiure mon deuoir ie suis déterminée, le prétends gourmander mes propres sentiments Et me soumettre en tout à vos commandements.

GORGIBVS.

Ah! voila qui me plaist de parier de la sorte, Parbleu, si grande ioye à l'heure me transporte, Que mes ïambes sur l'heure en cabrioleroient Si nous n'estions point veus de gens qui s'en riroient.

54 LE COCV

Approche toy de moy, viens-ça que ie tembrasse :

Vne belle action n'a pas mauuaise grâce,

Vn père quand il veut peut sa fille baiser

Sans que l'on ait sujet de s'en scandaliser.

Va ie contentement de te voir si bien née,

Me fera rajeunir de dix fois vne année.

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